We’ll definitely be back next year. Par cette phrase, Abed tente de nous faire croire que la série a encore de l’avenir. Cette saison 5 de Community a été un long hommage à la série elle-même et dans un contexte de mise en abîme où les personnages devaient sauver Greendale, Dan Harmon et son équipe ont tenté de sauver la série.

Dans Basic Sandwich, dernier épisode de la saison 5, et donc possible series finale, Abed multiplie les références au show lui-même poussant même la réflexion en cassant le quatrième mur et en nous adressant quelques regards. Depuis 5 saisons, Abed est le pont entre la fiction et la réalité. Depuis qu’il a osé lâcher un « Six Seasons And A Movie » dans un épisode, ce cri est devenu le ralliement de tous les fans pour que la série arrive à ce cap. Nous n’avons jamais été aussi prêts de la révélation. Si NBC renouvelle la série, les fans peuvent croire que Dan Harmon fera tout son possible pour produire un film de conclusion.

Mais quid de cette saison 5 ? Etait-elle réussie ? Le constat reste mitigé. Dans sa première partie, la série arrive à faire oublier la décevante saison 4 en réinventant les dynamiques des personnages et en imposant son schéma à ses intrigues et non le contraire. L’épisode de l’application pour smartphone est suffisamment intelligente si ce n’est drôle pour démontrer que la série retrouvait une forme bienheureuse. L’épisode sur le chat perché a définitivement fait taire les sceptiques avec une maîtrise des personnages et de son sujet remarquable. Community a également osé faire une suite à l’excellent épisode de la saison  2, Advanced Dungeons & Dragons dans un genre identique mais avec de nouvelles dynamiques entre les personnages.
Basic Sandwich reste une conclusion mal exécutée avec un montage affligeant. J’ai rarement vu aussi mal monté dans la série qui avait habitué à une grande maitrise de sa production. Les cinq premières minutes font peine à voir et nous étions presque devant l’un des pires épisodes de la série. Heureusement, l’épisode se reprend et offre une conclusion douce-amère pour la saison / série. Dire adieu de cette façon n’est pas plus mal. On dénoue le climax et ne joue sur aucune faille et aucune corde sensible.

Community

©NBC

Venons-en aux personnages, l’ajout de Hickey n’a pas redonné de la fraîcheur au tout, mais a réussi à redistribuer quelques intrigues et à faire respirer les liens entre chaque pilier du groupe. Ne parlons pas de Shirley, totalement transparente cette saison et qui ne semble plus apporter grand chose. Le départ de Troy a quand même laissé un grand vide d’où la division en deux de cette saison avec, clairement, une baisse d’envie et de générosité dans la seconde partie de saison. Les personnages semblaient moins motivés et motivants. On se retrouvait avec une atmosphère de saison 3 où on oubliait un peu de faire rire en essayant d’être intelligent. Alors oui, la série était toujours très bien scénarisée mais le spectateur se demandait, comme il ya deux ans, s’il était encore dans la partie. A l’isntar d’un G.I.Jeff finalement assez vain, les épisodes se sont succédé sans marquer les esprits.  A l’image du personnage d’Abed qui se cherche une intrigue dans l’épisode Basic Story, le spectateur cherche une finalité à l’entreprise. Auparavant, nous étions émerveillé, pris par les idées, désormais, l’effet de surprise semble un peu moins présent comme si tout ne semblait plus impossible pour la série. Ce sentiment, je l’ai eu devant Buffy, où, pendant les dernières saisons, je me disais que plus rien ne pouvait me surprendre, et Community commence doucement à me faire ressentir ce douloureux constat.

Il y a plusieurs raisons à cela, Abed a perdu beaucoup en perdant Troy, son couple avec Brie Larson est formidable mais n’a pas été si développé que ça. La scène où il recrée un pas de porte avec la pluie qui tombe sur lui est d’une poésie rare en télévision. Jeff a perdu son humour qui a déteint sur le Dean et son attachement obsessionnel envers lui. Britta et Annie ont perdu de la folie joyeuse et Shirley n’a plus rien à dire. En supprimant, Pierce et Troy, sans injecter des personnages vraiment définis, Community ne réussit plus à retrouver l’entrain de ses débuts. Ne vous faites pas d’idée, je ne déteste pas Community, elle reste encore aujourd’hui une comédie bien écrite et au-dessus du lot mais je ne fais que demander un peu plus. Magnitude a disparu, Leonard était peu présent, Starburns est devenu un fantôme, le background général de Community s’efface et cette saison a finalement choisi un fil rouge trop restrictif.

La saison 5 a été agréable mais son exposition réduite et sa vie dissolue (13 épisodes, mi-saison, départ de cast, réduction des coûts de production) transforme Community en mission sauvetage depuis trois ans. Le dernier épisode aligne les références à l’avenir du show et Abed est notre messager. Si la série doit partir, comme les personnages, il le faudra. Save Greendale !