A la vue du pitch de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, on pouvait croire à une comédie enlevée qui allait enfin utiliser les conflits raciaux dans un film intelligent. 1h35 plus tard, le constat est alarmant.

La bande-annonce envoyait du lourd avec des blagues, certes rassis, mais qui donnaient le ton. Clavier et Lauby semblaient dans des rôles écrits pour eux et le casting des gendres semblaient incontournable. Le film ne réussit pas à tenir la longueur la faute à un script paresseux multipliant les facilités.

Le film oscille sans cesse entre la dénonciation, le second degré et l’attaque frontale. Aborder les clichés est une chose mais jouer d’eux en est une autre. Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? n’arrive pas à passer outre ces clichés et souligne le fait qu’ils viennent d’origine factuelle vérifiée. Allongeant blagues faciles, honteuses et donc racistes à longueur de scénar’, Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? ne se sort pas de cette sensation d ‘être devant un sketch raté. Au lieu de vouloir parler de ces différences, de ce phénomène de société, le film préfère rire d’elles avec elles alors que ce n’est pas la solution appropriée. A l’image d’une scène où Clavier fait une blague au beau-père africain qui était dans le bon ton, on reste dans ce schéma indigent de blague raciste très premier degré. Le résultat est sans appel, Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? est une comédie trop facile rendue insupportable par une fainéantise dans l’humour.

Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?

Où se trouve le problème ? partout. Le personnage juif s’appelle David, l’arabe s’appelle Rachid, le chinois, Chao, et adepte d’arts martiaux, la blonde est avec un noir, les parents sont aristo gaullistes très vieille France, le père africain est autoritaire et la mère fait de la zumba. On part de stéréotype pour aller vers.. des stéréotypes. Le film a fait rire une bonne partie de la salle quand l’autre est restée coi. Le film fera assurément rire ceux pour qui les blagues racistes de base sont hilarantes, car inappropriées et étouffées. Pour l’autre moitié, les blagues les plus drôles sont les plus osées et les plus ironiques. En gros, les coincés riront.
Le plus grave est que le film accuse et montre du doigt les différences entre tous ces peuples sans proposer de vraies solutions. Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? semble démontrer que la France perd des valeurs et qu’il n’y a pas vraiment de solution à l’entente des peuples. Les différences sont et resteront là. Le « mariage » des peuples est impossible mais la cohabitation peut l’être. Nous voilà dans une proposition intéressante mais jamais approfondie. Une scène fera sûrement jaser dans laquelle Clavier, jouant Claude Verneuil (pas plus français), écoute ces trois gendres, arabe, juif et chinois chanter la Marseillaise. On nage en plein surréalisme.

Clavier est plutôt cabotin et semble très à son aise dans ce rôle de gaulliste avéré, en se rappelant de son appartenance à une partie de la Droite politique, on rit sournoisement. Lauby est celle qui s’en sort le mieux, le rôle de mère sensible qui voit ses enfants partir est assez juste. Le reste, Ary Abittan, Medi Sadoun en tête, récitent leur texte sans s’approprier leurs personnages.
Hors du temps, se voulant faussement moderne, Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? aurait pu être la comédie rassembleuse de référence, elle n’est qu’une succession de lieux communs indigestes et insupportables. On rira par intermittence à deux ou trois gags rarement liées à l’intrigue. Mission ratée.