Accueillons le nouveau venu Voxhunt avec sa critique de la mauvaise saison 3 de Girls !

Adulée par la critique et par le public, Girls s’est tout de suite démarquée des autres comédies par sa touche réaliste et originale, oubliant les clichés traditionnels pour apporter un peu de fraîcheur dans le paysage télévisuel américain. Beaucoup la voit comme une descendante de Sex in the City mais avec de jeunes bobos plutôt que des bourgeoises et à Brooklyn plutôt qu’à Manhattan. La première saison a réussi le pari de faire quelque chose de différent et d’intéressant (HBO, en somme) avec de bonnes audiences. Cependant, la deuxième a déçu; principalement par l’égocentrisme de Lena Dunham, la créatrice, qui a orienté dix épisodes sur son propre personnage. Aujourd’hui, la question est de savoir si cette troisième saison rattrape la précédente. Je vais vous répondre tout de suite : non.

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©HBO

Au lieu de prendre un peu de distance, dès le début, face au narcissisme croissant de Hannah Horvath, les premiers épisodes sombrent un peu plus dans la description de la personnalité individualiste du personnage principal. Après la deuxième saison, cela donne vraiment l’impression que Lena Dunham s’auto-analyse et se contemple dans ce miroir qu’est Girls. Elle nous raconte ses problèmes personnels et existentiels, d’amour et d’amies, … Certes, tel est le sujet principal de la série mais la façon de le traiter a changé. Ce n’est plus une astucieuse et réaliste peinture de la vie new-yorkaise de quatre jeunes femmes mais un développement trop personnel d’un seul individu. Au final, Hannah devient ennuyante, son propos ne nous captive plus, il a perdu de son intérêt. Et ses amies ne sont pas en reste : Shoshanna et Marnie sont deux autres filles de famille aisée qui se lamentent quotidiennement. Encore une fois, la détresse existentielle de Shoshanna et les problèmes relationnels de Marnie sont des points parfaitement en accord avec l’esprit de Girls mais traités de façon trop légère pour que le spectateur les trouve intéressant. J’ai eu beaucoup de mal à me préoccuper pour ces femmes qui vivent à Brooklyn, dans des appartements assez classes avec une garde-robe moderne et élégante sans rien faire de leur journée. Cette troisième saison a un fond intéressant mais rendu ennuyeux par une forme qui laisse beaucoup à désirer. On se retrouve à contempler, pendant trente minutes chaque semaine, des personnes affronter les aléas de la vie. Trouver un emploi qui rapporte, se remettre d’une rupture amoureuse, … semblent être pour ces personnages les douze travaux d’Hercules. Au final, on a le droit à beaucoup de remplissage et Beach House (épisode 7) en est l’exemple parfait : les quatre copines se retrouvent dans une maison près des Hamptons pour se réconcilier, parler, discuter de leurs problèmes, parler, parler et parler.

 

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Mais tout n’est pas à jeter. La baisse de qualité d’écriture des personnages de Hannah et de Marnie permet l’émergence de protagonistes plus secondaires, assez négligés dans les saisons précédentes. Adam commence à exister par lui-même et non par sa relation avec Hannah, il devient un personnage à part entière. L’arc narratif qui se concentre sur son évolution est ce qu’il faut retenir de bon de cette saison. Jessa est tout aussi captivante par sa rechute dans l’addiction et par son autodestruction. Mais la plus grande surprise reste Ray, un protagoniste très secondaire, sans grande originalité, qui gagne de l’importance au fur et à mesure et auquel on s’attache de par sa simplicité et son honnêteté. Au bout du compte, ce sont ces personnages secondaires plus matures, plus simples ou plus “abimés” par la vie qui nous font supporter cette longue et pénible troisième saison.