Avant une critique plus complète lundi, quelques impressions à chaud après la diffusion du premier épisode de la saison 4 de « Game Of Thrones » hier soir au Grand Rex, dans une salle évidemment comble. Alors, une reprise en fanfare?

La structure de « Game Of Thrones » a été cassée pour la première fois cette saison. Le troisième livre de la série, « A Storm Of Swords », va couvrir l’intrigue de la troisième et de la quatrième saison. Et ce premier épisode, nommé « Two Swords », a l’ambiance d’un mi-parcours, reprenant beaucoup des fils rouges et enjeux du dernier épisode de la saison 3.

DB Weiss, qui a réalisé l’épisode, pose ces premiers enjeux de manière intéressante, en montrant les factions en mouvement, mais très peu dans l’action. Les paysages et panoramiques vertigineux, qui ont été une des signatures de la série, sont plutôt absents de ce premier épisode, qui bénéficie d’un répit temporaire et d’un temps de réadaptation pour l’ensemble des personnages à leur nouvelle situation et leur nouveau statut, les Lannister en premier.

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Avant la diffusion sur grand écran, Liam Cunningham (Ser Davos) disait que les conflits arrivaient très vite et très fort dans les premiers épisodes de la saison. Ce ne sera pas le cas dans ce premiere, qui se délecte encore de l’effet de surprise et des effets secondaires du Red Wedding sur la guerre et les fracas militaires. L’introduction des nouveaux personnages se fait de manière toujours aussi fracassante, et Benioff & Weiss savent retenir des « gueules » qui retiendront l’attention du téléspectateur le plus passif. Mais la grande majorité de l’épisode et des thèmes tourne autour des conflits internes et intrinsèques aux différentes factions plus que de la politique et de la stratégie en elle-même. La série s’autorise même une généreuse séquence très western, qui rappelle à l’esprit le « True Grit » des frères Coen. Preuve en est qu’après le thriller, les intrigues d’espionnage avec Varys, l’aventure avec la Nightwatch, l’équipe sait dépasser le cadre de son genre de fantasy médiévale et ne pas bassement appâter le téléspectateur avec les dragons. Si, pour les Lannister, régner sur King’s Landing est à peine un problème, malgré les velléités de lynchage de la foule, le peuple de Yunkai d’esclaves libérés a toujours besoin de guidage politique, et c’est ce qui est abordé avec Danaerys dans cet épisode.

L’épisode n’a pas vraiment son comptant de scènes mémorables, et sert à approfondir les enjeux pour la myriade de personnages tout comme présenter de nouvelles menaces comme certains d’entre eux. Sans aller à dire qu’il s’agit le plus faible des premiers épisodes de saison, le focus plus resserré fait un peu oublier les enjeux militaires et politiques qui se profilent à l’horizon.

Au moins deux des personnages présentés dans ce premier épisode ont envie de retourner au champ de bataille, et c’est un des seuls signes qui dit que le « Game Of Thrones » n’a besoin que d’une étincelle pour redémarrer. Après tout, le Nord ne pardonnera jamais le sort des Stark..