Un casting d’acteurs quatre étoiles élève cette comédie dramatique au rang de contre-programmation futée de cette semaine.

Les comédies américaines ont rarement l’occasion, ces dernières années, de mettre en vedette des quadragénaires ou quinquagénaires divorcés qui tentent de retrouver quelqu’un. Dans un paysage où beaucoup de comédies sont produites et vendues à un public jeune ou étudiant, « All About Albert »(« Enough Said » en VO) offre un bol d’air frais. Et la valeur du déplacement en salles se trouve dans le tandem Julia Louis-Dreyfuss/James Gandolfini. La première est une excellente actrice comique malheureusement pas assez connue en France, malgré la réputation de « Seinfeld », et le second tient un premier rôle assez rare, et dans un domaine pour lequel on le connaît moins, celui d’un père de famille divorcé assez peu à l’amiable, mais sensible et gentil.

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La structure de « All About Albert » et un personnage principal marqué par son divorce, mais qui se fait en quelques jours une amie très proche, en la personne de Marianne (Catherine Keener) et une rencontre inopinée à une soirée, en la personne d’Albert, se rapproche de celle du vaudeville européen. Quelques intérieurs plutôt fournis et chic pour poser le quartiel résidentiel de Los Angeles (également celui où vit la réalisatrice, Nicole Holofcener), des personnages secondaires haut en couleurs et fournissant beaucoup de scènes plus habilement comiques (la toujours fiable Toni Collette et un Ben Falcone assez désordonné), et le tour est joué. La recette est testée et éprouvée : encore faut-il que les personnages ne tombent pas dans la caricature ou la mélancolie.


C’est là où des professionnels avisés comme Louis-Dreyfuss et Gandolfini font toute la différence : archiviste audiovisuel, Albert n’a aucun mal à faire ressortir ses qualités, ce qui est contrebalancé par les défauts du « mystérieux » ex-mari de Marianne, sur lequel elle ne tarit pas de piques. De même, on a aucun mal à délimiter les peurs chroniques d’Eva, qui sont ajoutées à sa relation avec sa fille adolescente, et les questions liées à la sexualité ou aux relations avec les amies de ses filles. Ce qui donne lieu à des scènes classiques mais solides : encore une fois, Holofcener met son scénario entre de très bonnes mains.

Le charme d’ « All About Albert » est un peu tari par l’idée que l’on retrouve un Gandolfini aussi serein dans sa dernière performance. Un registre très différent, limpide et qui s’affirme comme une évidence, car, malgré ses interprétations très justes, c’est un acteur dont le public a eu du mal à l’envisager dans un autre rôle post-Tony Soprano. Pourtant, les réponses sont là : à travers  sa méticulosité, Gandolfini avait un avenir dans les premiers rôles de ce type.