En sélection officielle au dernier festival de Saint Sébastien, « Les Vivants » est le nouveau film de la réalisatrice de « Falling », Barbara Albert.

Sita n’a pas vraiment de repères. Autrichienne d’origine roumaine, vivant à Berlin, elle travaille à la production d’une émission de téléréalité qui l’amène à interviewer plusieurs personnes, dont des immigrés ou encore des ados patibulaires qui entendent participer à un télécrochet. Elle a une liaison passagère avec un journaliste, qui la largue pour recoller les morceaux avec sa compagne. De passage chez ses parents, elle découvre une photo de son grand-père en uniforme SS. Elle va vite se mettre à la recherche d’un passé dont elle ignorait tout, avec pour première destination Dresde en Pologne. Un périple qui peut paraître futile,mais dont la dimension personnelle va devenir primordiale. Incapable de s’engager dans une relation avec un Israélien photographe, qui va venir la retrouver en Pologne, la quête de vérité de Sita va la mettre en porte-à-faux avec son propre père, au regard fuyant, et avoir des conséquences sur sa propre santé…

Dans le rôle de Sita, Anna Fischer n’arrête pas de courir, et la caméra d’Albert la suit dans ses moindres mouvements. De son jogging dans une aube aux teintes violacées à ses évolutions dans une soirée de centre-ville assez peu bondée, Fischer détonne d’énergie, et assure le rythme du film tout comme les rapides évolutions de son enquête. Barbara Albert se permet même des expérimentations formelles avec une image qui se brouille de plus en plus dans une scène pour signifier les tensions entre père et fille, ou détériorer la pellicule en fin de film. Des exceptions qui illustrent le thème du pardon et du pansement de blessures communautaires, de surcroît dans la communauté à laquelle appartenait le grand-père de Sita : les Saxons de Transylvanie, minorité germanophone de Roumanie qui ont choisi de s’enrôler parmi les SS lors de la seconde Guerre Mondiale.

Un drame cru, énergique et itinérant sur la quête d’identité porté par une vraie révélation en la personne d’Anna Fischer, que l’on a envie de retrouver dans plus de productions.