La saison 2 de « Caïn » fait reprendre du service au tandem d’acteurs Bruno Debrandt/Julie Delarme, pour de nouvelles affaires de meurtres et disparitions. Avec plus de brio que la première?

Dès la première scène (post-générique) de la saison 2, Caïn se prend une déconvenue en pleine figure : les papiers du divorce d’avec Gaëlle à signer. Plutôt qu’une clope ou un exutoire, il va directement voir son supérieur (et proche) Moretti pour le convaincre de me mettre sur une affaire croustillante. Saignante, même. Il va être servi avec la disparition d’une joggeuse et l’apparent suicide d’une femme à son domicile, apparemment sans lien. En tentant d’y voir plus clair, Caïn va se rapprocher de l’ex-compagnon de la victime, sur le point de se marier, l’occasion de donner quelques réflexions bien senties sur un mariage qui a volé en éclats.

Sur le papier, le retour de « Caïn » promet des meurtriers plus tordus, justement pour donner du fil à retordre au héros. Mais l’interprétation de Bruno Debrandt, qui a plus que jamais cerné les contours de son personnage, n’est pas servie par des dialogues érodés. La saison 1 savait bien mettre le personnage face à ses démons autant que faire jouer ses talents d’enquêteur et d’emmerdeur de service : mais en gagnant en confiance, la série devient ainsi beaucoup plus procédurale.

Les premières affaires ne sont pas forcément très bien senties, ou alors cela dépend des guest stars : Daniel Russo et Marie Kremer, dans le deuxième épisode, s’en sortent assez honorablement. Mais le personnage d’une fan d’enquête policière (dans le premier épisode) agace beaucoup plus qu’il amuse, et les réparties de Caïn tombent beaucoup plus dans l’inapproprié de bas étage que de la malice qui tape dans le mille et n’épargne ni témoins ni suspects. Alors que les derniers épisodes de la saison 1 laissaient apparaître un vrai personnage à part entière, le lieutenant Delambre se laisse largement dépasser par son capitaine, et ne fait plus que gesticuler face aux témoins, les yeux équarquillés et inquisiteurs. Deux pas en arrière côté écriture d’un personnage féminin compétent et adéquat, mais un timide pas en avant pour leur complicité. En parlant des personnages secondaires, que dire de celui de Borel (Mourad Boudaoud), transformé en machine à exposition et toujours au rang des troisièmes couteaux après une saison entière… Bref, le Caïn show ne partage toujours pas l’antenne, et sa petite forme laisse apparaître les faiblesses de son équipe et de personnages marquants.

Il n’y a pas que des mauvaises nouvelles (ne noircissons pas le tableau outre-mesure). La saison 2 tire plein profit de son tournage dans les Bouches-du-Rhône : le Marseille de la série n’est pas celui de « Plus Belle La Vie » ; les tournages en extérieur sont bien plus nombreux et cela aère la série et lui donne une autre couleur, ce qui est renforcé par la photographie. L’ambition de la série est renforcée par des épisodes en deux parties, dès la semaine prochaine, avec un épisode autour d’un tueur en série nommé l’Inquisiteur, « Caïn et Abel », ou encore l’apparition plus tard de Philippe Nahon dans la série. L’apparition d’un sound design oppressant dans la série, calqué sur « Criminal Minds » et autres séries policières US, a tendance à alourdir les effets, révélations et suspens, et l’abus est assez prononcé.

Nous reviendrons le mois prochain sur l’ensemble de la saison, mais force est de constater que cette première soirée est décidément en demi-teinte. Si on entend ci et là que la saison entend explorer la part d’ombre du capitaine en chaise roulante, ces deux premiers épisodes n’entrent pas vraiment dans le vif du sujet.