Sophie est notre nouvelle chroniqueuse série. Pour son baptême, elle nous parle de la nouvelle série, Believe !

Un couple dans une voiture. A l’arrière, une petite fille. La femme parle d’une photo qu’elle vient de recevoir, les yeux rivés sur son portable. Tout à coup, lumière de phares de voiture, secousse. Le véhicule fait plusieurs tonneaux. Alors que l’homme reste coincé dans la voiture, la femme sort la petite de la voiture. Une phrase reste en tête : « they found her ». Et Bo, petite fille d’apparence anodine, perd ainsi ses deux parents adoptifs. En prison, Tate, condamné à mort, reçoit la visite d’un prêtre qui l’aide à s’échapper à condition qu’il l’aide à retrouver Bo avant que d’autres ne la retrouvent. Ainsi commence Believe.

Les liens entre cinéma et télévision se font de plus en plus complexes : beaucoup de réalisateurs se tournent à présent vers le petit écran, pour des créations qui changent complètement le niveau des productions auxquelles le spectateur a longtemps été habitué. Ainsi, à la suite de David Fincher ou de Martin Scorsese, c’est au tour d’Alfonso Cuaron de créer sa série télévisée, aidé par la NBC mais aussi la société Bad Robot Production, de J.J. Abrams, société à laquelle on doit Person Of Interest, Alias, ou encore Almost Human, sans oublier les deux derniers films de la franchise Star Trek.

Le problème de Believe, disons-le, c’est qu’on ne peut pas la regarder d’un œil neuf : si le nom de son créateur avait pu vous attirer il y a quelques mois, la donne a totalement changé. Aujourd’hui, Believe, c’est la nouvelle création du réalisateur de l’oscarisé Gravity. Difficile, donc, de ne pas avoir d’attentes.

believe

Il semblerait que Cuaron ait pris le parti d’une réalisation assez sobre, réaliste, loin de l’ultra-esthétisme qu’on trouve de plus en plus à la fois au cinéma et à la télévision. Le spectateur se retrouve face à une image peu retouchée, ce qui permet, par contraste, de mettre en valeur les pouvoirs de Bo par des petites touches numériques (ainsi, le papillon qui se balade dans l’écran lorsque Tate rencontre Bo confère un air de féérie à la petite fille). Cette esthétique fait peut-être trop peu soignée, justement. On a l’impression d’une réalisation chaotique qui serait le reflet d’une indécision du réalisateur quant à la direction à prendre. Et quand la série ne semble pas trop savoir où aller, le spectateur non plus.

Cependant, les attentes esthétiques qu’on pourrait avoir s’effacent au vu de l’histoire. Dans ce premier épisode, des éléments se mettent en place, des clés nous sont données, mais, bien entendu, un certain mystère persiste. En 45 minutes, on comprend tout le potentiel que ce récit pourrait avoir, mais aussi sa dangerosité : Believe pourra être une série d’une complexité délicieuse, mais l’écueil de retomber comme un pétard mouillé est bel et bien présent. Cette crainte est d’autant plus justifiée quand on sait que la série a connu une production assez difficile et que Sienna Guillory va rapidement abandonner son rôle et que son personnage va donc être supprimé.

C’est donc un assez bon pilot, mais il faudra attendre quelques épisodes pour être totalement convaincu de la qualité de Believe. Il est évident, au vu de ces quarante cinq premières minutes, qu’elle ne sera pas la série de l’année, même si une surprise est bien entendu toujours possible : se révèlera-t-elle être une série intelligente et originale, comme on est en droit de l’attendre au vu de l’oeuvre riche de son créateur ? En attendant de connaître le fin mot de l’histoire et de pouvoir se faire une véritable idée sur la création d’Alfonso Cuaron, il faudra simplement – le jeu de mots est facile – y croire.