Believe, c’est Alfonso Cuaron et JJ Abrams qui font une série. M’enfin pas que…

Believe raconte comment Bo, fillette de dix ans, est protégée par une organisation contre une autre organisation. Bo a des pouvoirs insoupçonnés qui changeront le monde.

Tout commence plutôt bien, du moins esthétiquement. Un long plan séquence bien fichu de Cuaron introduit l’histoire. La jeune Bo est enlevée par des ravisseurs assez violents. De l’autre, Tate se dirige vers une fin certaine en tant que condamné à mort. Il est accompagné par un prêtre qui lui apprend qu’il est là pour le faire évader et le pousser à récupérer la jeune fille.

En dix minutes, le concept de Believe est installé. Tate a récupéré la jeune fille et les deux organisations vont donc s’affronter. En terrain conquis et connu, le public ne va pas s’ennuyer, les personnages sont déjà bien encadrés, Tate est le héros malgré lui, genre bad guy au grand coeur, Bo est l’appendice bienheureux et Milton Winter a un capital sympathie plutôt grandissant (la mine bien connue de Delroy Lindo fait le travail). Seule Channing / Jamie Chung est transparente et semble n’avoir qu’une ligne de texte. Du côté des méchants, l’organisation semble chapeauté par Kyle MacLachlan en tête pensante richarde. Vous avez dit conspiration ? Oui, évidemment.

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©NBC

Believe rappelle certaines séries de road-story où le héros se balade de ville en ville pour se protéger de quelque chose. Je vous rassure, ce n’est pas Le Rebelle ! Non, nous sommes plutôt du côté d’un Le Visiteur (mais si, rappelez-vous, la série avec John Corbett en alien fugitif) ou de Touch (Kiefer et l’enfant stellaire -ou quelque chose comme ça) voire même L’Homme de nulle part ou, allons-y, Le Caméléon. Bo et Tate deviennent des fugitifs poursuivis par les bad guys. On s’achemine vers une série très 90s qui peut vraiment être sympathique à regarder si les personnages sont bien écrits. L’actrice qui joue Bo est pas mauvaise, c’est déjà un bon point dans une série  où l’enfant est au premier plan, et son alchimie avec Tate est déjà palpable. Si le pilote introduit bien les enjeux et la fin laisse envisager des épisodes stand-alone comme au bon vieux temps, Believe a donc tout à prouver via son épisode 2.

Le gros bémol est la réalisation de Cuaron sur ce pilote. Sa caméra portée, ses longs plans, ses choix d’angle de vue ne rendent pas du tout justice au pilote de Believe. La caméra veut tellement suivre l’action qu’elle perd beaucoup en rythme. En ôtant la science du montage et son rythme virtuel, Cuaron annihile l’ambiance de Believe. Certaines scènes sonnent même faux à cause de sa mise en scène (le docteur et son père, le fight entre Tate et la méchante). Believe retrouvera sûrement une réalisation plus terre-à-terre pour le second épisode et là, on pourra juger vraiment sur pièces. Abrams n’écrit pas, produit juste, raison de plus pour donner sa chance à cette série qui peut créer la surprise même si la série a déjà connu trois showrunners !