jim carreyJim Carrey était une star comique indéniable à la fin des années 90. The Mask l’a révélé et il a enchainé succès public, critique mais aussi déconvenue. Critiqué par des gens agacés, il est néanmoins un vrai talent comique.

Prouvant de belles manières qu’il en avait sous le capot avec des rôles plus dramatiques comme Truman Show ou Man Of The Moon, Jim Carrey est quasiment sorti du système. Dernier gros succès il y a dix ans avec Bruce Tout Puissant, dernière critique encensée il y a 9 avec Eternal Sunshine Of a Spotless Mind, il a depuis sorti des films qui n’ont plus fait grand bruit et est retombé dans un anonymat impressionnant. Mais où est Jim Carrey ?

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Sorti des stand-ups et du SNL, Jim franchit le pas du cinéma. Cette année-là, Jim impose ses trois films au box-office. Le premier, Ace Ventura engrange 70 millions de dollars et fait de lui la nouvelle star comique. The Mask confirme et le met sur le devant de la scène. L’un des rares films à avoir fait exploser deux stars en devenir (même Titanic n’a pas un rendement aussi fameux) explose au box-office par son originalité et ses effets spéciaux révolutionnaires. Mieux, quelques mois après, Dumb and Dumber devient un succès plus grand. Jim Carrey est le roi d’Hollywood après avoir essuyé les plâtres dans le Saturday Night Live dans les années 80.
L’année d’après il est engagé par Joel Shumacher pour jouer Edward Nygma dans Batman Forever. Il fait partie des acteurs bankables qui n’hésite plus à demander 20 millions de dollars par film. Il répond aux sirènes de la suite et des billets verts avec Ace Ventura 2 qui cartonne encore. Ensuite, chaque année, il aura son film à lui. S’il partage l’affiche avec Matthew Broderick en mal de succès pour Cable Guy de Ben Stiller sans gros succès, c’est l’année d’après qu’il réussit à confirmer tout le bien que l’on pense de lui avec Liar Liar qui explose les compteurs.

 

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La comédie de Tom Shadyac est un immense plébiscite et Jim Carrey s’en donne à cœur joie. Les réalisateurs et scénaristes peuvent tout lui faire jouer, sa plastique élastique et son talent d’impro font le reste. Truman Show, l’année d’après, ne réitérera pas un tel box-office, mais il posera définitivement la carrière de Jim Carrey. Le film de Peter Weir est un chef d’œuvre, en phase avec la société du moment. Tragi-comique, le rôle de Truman va lui ouvrir les portes de Milos Forman qui pense à lui pour Man Of The Moon, les Farelli, maitres de l’humour de l’époque, font de lui un immense pantin dans Me Myself and Irene et Ron Howard le transforme en Grinch pour le film de Noel du même nom qui va atteindre les 260 millions au box-office US.

Génie de l ‘impro, Jim Carrey se voit offrir un pont d’or pour exprimer son talent. Drôle malgré lui, ou totalement en roue libre, Jim Carrey fait exploser toute son énergie au point d’en agacer certains qui en sont fatigués.

 

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Sentant que les rôles comiques sont une arme à double tranchant, il tente de rebondir dans des rôles plus sérieux. Il acceptera de jouer dans l’intimiste The Majestic, rôle à Oscar, mais qui ne fait aucun bruit malgré le talent du réalisateur Frank Darabont. Bruce Tout-Puissant, d’encore Tom Shadyac, explose tous les compteurs et fait revenir Jim Carrey sur le devant de la scène avec une comédie très efficace. L comédie fantastique cartonne au box-office et devient rapidement incontournable. Malgré des nominations passées aux Golden Globes, Jim Carrey sent qu’il doit aller encore au-delà. Il joue dans un court-métrage de  Michel Gondry avec comme partenaires… Eric et Ramzy.

Il acceptera un rôle dans le film de Michel Gondry, Eternal Sunshine Of A Spotless Mind qui sera rapidement un chef d’œuvre. Mais souvent, les meilleurs films sont les moins bankables. Ayant usé toutes les ficelles comiques inimaginables et en manque de projets ambitieux peut-être, Jim Carrey n’enchaine plus les tournages. Il sera encore grimé pour Lemony Snicket qui sera un relatif succès mais moindre comparé aux films du même genre, Harry Potter. En 2005, il commence alors une carrière moins mise en valeur, mais au choix judicieux.
Si on évite de parler de l’échec cuisant Number 23 de Joel Shumacher où Carrey joue un paranoïaque persuadé que les nombres cachent des codes, Carrey enchaine les succès d’estime. Les comédies Fun With Dick and Jane en 2005, Yes Man en 2008, I Love You Philip Morris en 2010 et Mr Popper’s Penguins en 2011 sont quatre comédies parfaitement réussies, originales et confirmant qu’il a encore des choses à exprimer.
Et à part Philip Morris injustement boudée, les autres arriveront même à s’offrir une belle carrière de billets verts. On ne parle plus de lui avec le terme de star mais il arrive à préserver cette aura d’acteur comique efficace. Il prêtera sa voix pour Horton, où il retrouve Steve Carell et aussi son visage  pour Christmas Carol de Robert Zemeckis qui seront encore des petits succès.

 

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Bizarrement en 2013, la comédie avec Steve Carell, Burt Wonderstone aurait pu enflammer le box-office. Les deux comiques sont appréciés, mais la sauce ne prend pas et le film est un semi-ratage. Le film fait un four et Jim Carrey, après une pause de deux ans, semble déterminer à ne pas chercher une solution. Son rôle dans Kick-Ass 2 était un joli coup de pub. Son rôle mal écrit et son revirement de position face à la violence du film qui l’écarte de la promo ne jouent pas en sa faveur.

Désormais loin du star system, il cherche le concept qui le fera reprendre les chemins des studios. Longtemps attaché au biopic Ripley’s Believe it or not ou encore pressenti pour jouer Walter Mitty dans le film récemment sorti de Ben Stiller, il tourne en ce moment Dumb and Dumber 2 (ou 3 si on inclut la préquelle) qui est sûrement là pour payer des impots et le cantonnera encore dans le rôle d’idiot qui lui collait à la peau.
La comédie Ricky Stanicky, réalisé par Steve Oedekerk (les Thumbs movie) qui a écrit Bruce Tout Puissant sera peut-être le succès qui va le faire revenir. Le film le met dans la peau d’un acteur engagé par des enfants pour être leur alibi va être à la gloire de son talent… ou un rôle pour attirer la seule cible encore possible, les enfants ?
On ne se fait pas de soucis pour lui, il a le talent et l’intelligence pour proposer encore son talent dans des comédies. Le drame n’est peut-être plus sa tasse de thé et il est cependant temps pour lui de sortir d’un ronron un peu agaçant, il a tant à offrir.

 


 

3 Films à retenir

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ES

The Mask : Visuellement bluffant, rythmé, drôle, le film par quoi tout a commencé
Truman Show : La révélation Jim Carrey ! Le comique sait émouvoir et calmer ses zygomatiques, le public est bluffé, le film réussi, quoi de mieux ?
Eternal Sunshine Of A Spotless Mind : Le film parfait de Michel Gondry est transcendé par la partition sans faute d’un Jim Carrey reposé et serein.