Le bouquet Canalsat a lancé une campagne de communication autour de programmes découverte programmés de mi-février à mi-mars sur les chaînes spécialisées. SmallThings revient sur deux programmes voyant un peu plus grand pour aborder leurs sujets : « Une Journée dans la vie d’un dictateur » (diffusé ce soir à 20h45 sur Planète +) et « La Fièvre de L’Or » (diffusé depuis lundi dernier sur Discovery Channel). Docufiction et reconstitutions immersives au programme.

Une Journée dans La Vie d’un Dictateur

Dans ce documentaire de 90 minutes, Maria Roche et Hendrick Dusollier tentent de dresser un profil psychologique de trois des dictateurs les plus tristement réputés du XXe siècle : Joseph Staline, Idi Amin Dada et Mouammar Kadhafi. Ici, retracer leur règne et être exhaustif dans leurs rappels historiques ne sont pas du tout leur objectif. On tente de mieux cerner les personnages en les retrouvant dans leur palais luxueux, reconstitués en 3D. L’introduction nous explique que l’équipe a utilisé des procédés composites pour reconstituer ces archives : ils ont, par exemple, pu reconstituer l’intérieur des palais de manière précise, et y ont inséré soit des figurants, soit les dictateurs eux-mêmes, insérés à travers des images d’archives.

Dictateurs

Le documentaire entrechoque la chronologie de trois journées fatidiques : le 24 novembre 1938 pour Staline, le 28 juin 1996 pour Kadhafi et le 26 mars 1974 pour Amin Dada. Les documentaristes détaillent bien l’esprit du lieu, les méthodes de répression de leurs sujets et leurs excentricités (elles sont pléthore pour Amin Dada). Si l’insertion des témoignages est réellement éclairante quant aux effets de leur pouvoir sur le peuple, les sauts de puce entre les trois époques prêtent à confusion. Les rouages de l’abus du pouvoir sont, par exemple, bien connus pour Staline, et si le dédouanement du programme de la Grande Terreur sur le chef de la police secrète est très bien amené, la narration est un peu plus embrouillée par la présentation de contextes dictatoriaux plus modernes.

La partie relatant la rébellion dans la prison d’Abou Salim, en Libye, est sans doute la plus intéressante. On y voit en temps réel, le retard de Kadhafi dans la répression de sa rébellion alors qu’il s’apprête à faire un discours, et la terreur populaire à travers des images d’un procés truqué d’un étudiant qui avait eu pour tort d’aller aux Etats-Unis pour son cursus. C’est la partie où les témoignages agrémentent le mieux la reconstitution, tandis que celle de Staline n’a pas grand intérêt (on le voit dans son bureau annoter des listes de détenus, entre autres). La modélisation des dictateurs reste à une échelle acceptable, et ne bascule pas dans le docu-fiction en les faisant parler : le narrateur reste aux commandes pendant toute la durée du programme, et a recours au discours indirect pour relater les échanges qui se passent dans les bureaux des despotes. Mais le contenu des scènes recréées de toutes pièces est souvent malvenu, en ajoutant un effet de pellicule inutile dans le cas d’Amin Dada et Staline. Cela donne des atours de gimmick au programme, qui est heureusement contrebalancé par un portrait étayé de leurs sujets. Un docu recommandé et surtout accessible aux novices qui ne connaissent pas le background de ces tristes figures de l’histoire libyenne, ougandaise et russe.

La Fièvre de l’Or (deuxième épisode ce soir à 21h30 sur Discovery Channel)

la fièvre de l'or

Discovery Channel France a une programmation qui comporte pas mal de programmes dédiés aux chercheurs d’or d’hier et d’aujourd’hui. On attend toujours la minisérie « Klondike » sur le sujet, et voici venir un docu-fiction assez prenant, « La Fièvre de l’Or », en 4 épisodes de 45 minutes. Ici, la narration est beaucoup plus simple que dans « Une journée… », et retrace le parcours d’une compagnie de pionniers vers la Californie, à savoir la compagnie de Boston, parmi lesquels un chef expérimenté, ancien militaire, John Weber, et un médecin, Charles Robinson, de 1848 à 1850. « La Fièvre de l’Or » emprunte beaucoup à la fiction pour agripper le spectateur, n’hésitant pas à ouvrir sur une fusillade avec ses personnages pour détailler la dérive de l’afflux de colons avides d’or vers l’Ouest. Les quelques spécialistes et historiens intervenant sont concis, et on arrive à se retrouver dans la géographie américaine et dans les groupes en place. Le premier épisode est particulièrement efficace dans sa manière de détailler comment un businessman avisé, Sam Brannan, va organiser la pénurie de matériel de prospection pour devenir un des hommes les plus riches de l’Ouest. Mais les séquences fictives rejoignent, pour le moment, trop les moments-clé d’un bon western pour améliorer l’expérience du documentaire, avec une photographie rappelant des séries actuelles comme « Deadwood » et « Hell On Wheels ». « La Fièvre de l’Or » se laisse quand même suivre avec plaisir, et comporte son quota d’informations intéressantes.

Les premiers épisodes de ces deux programmes, tout comme « Duck Dynasty » qui débarque cette semaine sur Planète A&E, sont disponibles sur : http://decouverte.canalsat.fr