Josh Holloway revient à la télévision en premier rôle avec Intelligence. Rien que ses mots ont pu faire plaisir à quelques personnes : l’irrésistible Sawyer de ses dames de la série LOST revient chez CBS dans un rôle d’homme ultra-connecté et agent spécial. Le pilote a commencé après NCIS et a rassemblé 16 millions de personnes !

Gabriel a une puce intégrée dans sa tête qui lui permet d’être connecté à tous les réseaux mondiaux, aux satellites, au wi-fi, à tout ce qui peut créér une circulation d’informations. Il sait donc tout de votre historique internet… Sa chef, jouée par Marg Helgenberger (CSI), engage une agente, jouée par la jolie Meghan Ory (Coeurs Rebelles et à peu près toutes les séries qui existent…). Le pitch paraît original mais Intelligence ne l’est pas.
Le pilote est tout à fait basique, le héros a un trauma (sa femme est portée disparue et du côté de l’ennemi), sa chef est froide au possible, il est pote avec le technicien un peu nerd, on lui attache un love-interest, euh pardon une coéquipière qui refuse au départ pour ensuite se rendre compte qu’elle a tout à gagner avec cette mission, le grand patron black, l’ancien collègue kidnappé et enfin la formule bien connue de l’enquête technologico-policière.

intelligence

©CBS

Il ne faut pas chercher plus loin, CBS a compris qu’après les formula show sur la police scientifique, il faut repartir sur un formula show où la technologie est encore sur le devant de la scène. On ne s’y trompe pas, derrière ses faux airs de série originale se cache une série finalement peu excitante. On reprend la même recette que bon nombre de séries et on ajoute juste un soupçon d’idées avec cet homme ultra-connecté. Le problème est double. On a déjà vu ça dans Jake 2.0 ou encore Chuck avec une pointe d’humour bien heureuse. Intelligence tente un peu de comédie dans les moments de complicité entre le nerd et Gabriel (d’ailleurs, ça marchait plutôt bien sur moi) mais niveau humour on est dans le bas de gamme. Second problème, l’idée de la puce n’est là que pour illustrer l’investigation, donner une forme audacieuse et nouvelle à la recherche et la collecte d’infos, rien de plus. Le schéma reste strictement le même dans le déroulement d’une enquête. Une scène où Gabriel utilise son don dans le paintball est plutôt bien foutue et apporte son lot de fun, mais mise à part cette fulgurance, le pilote ne décolle jamais vraiment !

Josh Holloway semble donner le strict minimum même si son rôle est plutôt musclé. Meghan Ory joue la belle et sa complicité avec Josh, quoique déjà-vu (on se doute qu’ils vont se rapprocher et qu’à ce moment sa femme ressortira du chapeau !), est plutôt bonne. Helgenberger rajeunit d’année en année mais ne sort pas de son tailleur de peur peut-être de faire péter les fils. Un semblant de mythologie avec cette histoire d’amour perdu est rincée au possible et ne donne pas vraiment envie de donner plus d’attention au produit. Après Agents of SHIELD et Almost Human, le public a des produits qui paraissent de haute valeur mais ne sont que des séries balisées, sans vraie âme et dont l’ambition est faussement présente. Même Person Of Interest qui calque une formule connue se permet quand même d’être un poil plus ambitieux.

Après une promo voulant caresser le fan de LOST dans le sens du poil, CBS est dans une position où il recycle les bons vieux pots en changeant juste un ingrédient à chaque fois, comme on remplace le sucre par de l’aspartame : différents ingrédients, même recette et donc même goût.

L‘avis d’Aurélie, The Girly Geek

30% de baston, 30% de blagounettes dans les dialogues et 40% d’effets spéciaux made in After Effects pour les interfaces HUD (n’en abusez pas, par pitié), et vous obtenez « Intelligence », une série qui ne révolutionne pas le genre mais qui permettra de passer de sympathiques soirées. Oui, il y a des clichés, oui, les rebondissements ne sont pas toujours inattendus et les acteurs débarquent parfois avec leurs gros sabots. Mais revoir Josh Holloway dans un show et dans un rôle principal, c’est déjà pas mal ! À voir si la série saura s’affiner au fil des épisodes. »12