Tempête de boulettes géantes a été le succès public et critique de 2009 aux USA. Il n’était donc pas impensable de faire une suite malgré un titre qui coince un peu. L’île des Miam-nimaux est une suite indigeste si ce n’est écoeurante. On aime en manger mais la suite fait mal.

tempete de boulettes

©Sony

Inventeur d’une machine capable de transformer l’eau en nourriture, Flint avait été obligé de la détruire parce que son invention avait déchaîné des pluies torrentielles de cheeseburgers et des tempêtes de spaghettis, menaçant toute la planète… Pourtant, la machine n’a pas disparu, et elle crée maintenant des croisements entre animaux et aliments, les « miam-nimaux » ! Flint et ses amis s’embarquent dans une périlleuse mission pour affronter des tacodiles affamés, des Cheddaraignées, des Serpent à galettes, des Hippopatates…

J’espère que les traducteurs ont eu une prime de créativité car il faut se farcir tous ces noms improbables de mix entre animaux et nourriture ! Ces mélanges improbables sont graphiquement exceptionnels dans le film. On peut les trouver moches mais certaines trouvailles sont parfaites. On retrouve donc Flint et sa bande et leurs bouches grandes ouvertes. Le style très cartoon du premier tranchait avec la volonté de coller au réel. Ici, point de limites, on fait clairement dans le style 2D. On a plaisir à retrouver nos personnages mais le script est faiblard. Il trouve ses défauts dans une gestion de l’urgence et du rythme hystérique. Aucun moment de répit et le spectateur se retrouve dans un état de satiété. L’humour vole bas et le script joue sur les découvertes d’animaux ou de situations de danger rocambolesques.  la petite fraise qui va accompagner le groupe est la caution « mimi » du film et ce sera le seul personnage auquel on va s’attacher. Flint est agaçant, le méchant totalement désarticulé nous détache fortement du côté diabolique du personnage.

tempete de boulettes

©Sony

L’île des Miam-nimaux est techniquement parfait. Il n’y a plus rien à dire sur les films Sony, Dreamworks ou Pixar. Le savoir-faire est là et la concurrence est désormais au même niveau. Ce qui pêche, c’est la course à la performance rythmique, faire en sorte que la scène comporte le plus de hurlements, de mouvements et de couleurs possibles. Fatiguant psychologiquement et physiquement. L’île des Miam-nimaux se suit avec plus ou moins d’intérêt mais le manque cruel d’enjeux pour tous les personnages voilent le vide du scénario.

Ratage, oui, mais point de navet. Tempête de boulettes géantes est plutôt sucré, appétissant mais devient amer quand on regarde l’état de l’assiette. Le film fonctionne autant que le premier niveau billets verts et il est fort à parier que des spin-offs ou une suite vont être mis en chantier. Nous parlions 2D tout à l’heure et le générique de fin rend bien compte que les personnages auraient gagner en fun en utilisant les techniques traditionnelles. Le fait que les personnages soient constamment bouche bée et à gesticuler annihile le procédé 3D qui rendait les dessins proches d’une réalité très colorée, extraordinaire. La 2D semble mieux projeter les délires créatifs…