Après un démarrage plutôt réussi de la série « Black Sails » sur Starz (850 000 curieux devant le pilote, mais 2,7 millions en comptant les rediffusions et VOD), on pouvait se dire qu’enfin, on allait avoir une bonne série de pirates à regarder. Sauf que personnellement, le pilote me laissait entre deux eaux (ahah), sans savoir s’il fallait voir dans le show de Jon Steinberg un coup de génie ou un coup d’épée dans l’eau (oui bon, j’arrête). C’est donc après avoir visionné le deuxième épisode, pour avoir le temps de la réflexion, que je vous offre mon humble critique…

black sails

©Starz

Comme dans la littérature et au cinéma, les séries TV suivent aussi les modes. On a eu celles des vampires, des contes de fées, des tueurs en séries et maintenant on semble aborder celle des pirates. Bonne nouvelle ? Peut-être, en tout cas « Black Sails » peut se vanter de prendre une longueur d’avance en dévoilant ses cartes bien avant « Crossbones », le show de NBC prévu pour cet été.

« Black Sails » choisit de s’intéresser à ce qu’il est arrivé au capitaine Flint et ses hommes, 20 ans après le roman « L’Île aux trésors »… Pendant l’âge d’or de la piraterie, bon nombre de pirates se sont rassemblés sur l’île de New Providence, où Eleanor Guthrie s’occupe de réceptionner les butins et de les revendre. Une véritable ville et son économie parallèle (surtout le bordel et le bar) se sont donc développées, même si tout ça reste menacé par la Marine Anglaise… Et la ville ne tarde pas à s’enflammer quand on apprend l’existence d’un parchemin pouvant guider les pirates jusqu’au somptueux butin du navire Urca de Lima. D’entrée de jeu, « Black Sails » propose donc bien plus qu’une série de pillages à coups de canon et de lames rouillées.

Sur le papier, tout ça est très alléchant, mais la promesse est-elle tenue ? Le pilote démarre effectivement sur une superbe scène d’abordage, qui nous permet de découvrir quelques-uns des personnages principaux : le capitaine Flint (Toby Stephens), John Silver (Luke Arnold), Gates (Mark Ryan) et Billy (Tom Hopper). Les pirates sont un peu sales comme on l’imagine, sournois comme il se doit, mais peut-être un peu caricaturaux. On s’en rend surtout compte avec le Capitaine Flint lors du deuxième épisode, avec ses longs regards de tueur, ses phrases pleine d’emphase, ou quand il s’écroule dans ce qui ressemble à son cocon protecteur. Ça plaira à certains, mais moi ça me fatigue…

black sails

©Starz

black sails

©Starz

Heureusement, ces pirates un peu grognons vont vite se mêler à la population de New Providence, nous permettant enfin de découvrir les femmes de la série, Eleanor Gunthrie (Hannah New) et Max, la prostituée (Jessica Parker Kennedy : certains la reconnaitront peut-être de la série « The Secret Circle »). Et là… il y a du bon comme du mauvais. Après la diffusion de l’épisode pilote, certains voyaient dans « Black Sails » un « Game of Thrones » sur mer, par rapport à l’alternance des scènes de sexe et des scènes de combats. Et effectivement, on voit du corps nu. On voit des seins, des fesses, des pubis, et tout ça dans de longues séquences, sans vraiment de finesse. Alors oui, vous me direz sûrement que les histoires de pirates c’est surtout du sexe et de la baston, et bien moi je vous répondrai : et pourquoi seules les femmes devraient se dénuder ? En deux épisodes, on voit une demi-douzaine de femmes nues s’offrir à John Silver, deux scènes de sexe lesbien et… un seul torse d’homme ? On dirait bien que Starz essaie de surfer sur le buzz de la nudité.

Mais je veux bien leur pardonner pour l’instant, car mine de rien, ces deux femmes, elles envoient du bois. Eleanor a repris le boulot de son père et fait la loi sur l’île. Elle n’a pas peur d’affronter les pirates les plus méchants et mesquins ou de se dresser au milieu d’un règlement de comptes… Espérons seulement qu’elle se libère de l’ombre de son père ! Quant à Max, elle prouve rapidement qu’elle est bien plus qu’une simple prostituée, cherchant à tout prix à obtenir sa liberté pour fuir et construire une vraie vie.

Elle n’est d’ailleurs pas la seule à rêver à une vie meilleure, puisque derrière sa quête d’un trésor de 5 millions de galons, le Capitaine Flint cache en fait un rêve bien plus terre-à-terre, celui de régner sur la ville améliorée de New Providence. Et c’est peut-être là que se situe le dernier petit point négatif de la série : entre machinations, complots, coups de mousquet et passage au bordel, on en oublierait presque le principal… les virées en mer. Et oui, une seule scène d’abordage pour l’instant, après laquelle les pirates se sont empressés de regagner la terre ferme. Certes, les scènes en pleine mer doivent certainement coûter plus cher, mais on espère qu’une fois la quête du trésor commencée, les pirates reprendront la mer et nous ferons rêver avec quelques acrobaties dans les cordages.

black sails

©Starz

En bref, « Black Sails » ne m’a pas vraiment captivé. Pourtant, je sens le potentiel du show, qui profite évidemment des basiques de la piraterie (du crasseux, du nu, des duels au pistolet… Tiens, moi aussi je caricature ?) tout en amenant des éléments plus subtils tels que la politique, les rapports de force, la morale… Reste que la série est plutôt originale parmi celles qu’on nous propose en ce moment et qu’il serait dommage de l’abandonner aussi vite.

Je lui donnerai donc encore sa chance la semaine prochaine !