American Bluff

©Metropolitan

American Bluff est le nouveau petit bijou de David O’Russell (Happiness Therapy). Du moins, c’est ce qu’on lit partout. Armé de ma patience et de mon air blasé légendaire, j’ai supporté deux heures de fanfaronnades peu engageantes. (Notez le swag des photos choisies)

Je ne saurais résumer le film tant il m’a été difficile de rentrer dedans. American Bluff ne me réconciliera pas avec les films de mafia. Rien dans le film n’a pris mon attention pour la garder pendant deux heures. Dès le départ, on ne sent pas concerné par ce qui arrive aux personnages qui semblent se connaitre et se détester depuis des années. Et cette sensation ne bougera jamais puisque les dits personnages ne bougeront pas d’un iota pendant tout le film. Engueulade ou embrassade, rien ne viendra les déranger puisque chaque scène est comme indépendante de l’autre. Aucune évolution ou implication du personnage ne vient nous faire dire : on suit une histoire.

Il ne semble n’y avoir aucune cohérence dans le déroulement de cette sombre histoire de pot de vin. Les enjeux se retrouvent annihilés par le manque d’implication du spectateur dans le déroulement des opérations. Si tout va mal, la scène d’après, tout ira bien. Les personnages pètent les plombs, mais sont étrangement calmes la scène d’après. L’amnésie du script est affligeante. Peut-être était-ce voulu de montrer que ces personnages sont tellement paumés qu’ils font tout pour réussir leur coup ? Je ne me suis jamais senti emporté, impliqué et encore moins intéressé par le destin de ces 4 ou 5 personnages malgré l’énergie des acteurs, car il faut bien l’avouer, c’est un film de performances.Et encore j’ai des réserves. Certaines scènes tombent vraiment à plat avec ce sentiment d’assister à une répétition de scènes, beaucoup de fois, le tout sonne creux ce qui n’aide clairement pas à l’implication. Les dialogues font mouche parfois, on assiste à des fulgurances de certains acteurs, mais jamais ô grand jamais on est en face d’une grande scène ou d’un grand moment. Le rythme et l’énergie sinusoïdaux n’arrangent donc rien.

American Bluff

©Metropolitan

 

Parlons donc des acteurs, Christian Bale et Bradley Cooper sont en roue libre, assurent le niveau sans jamais nous étonner. Jennifer Lawrence reste efficace, mais la palme revient à Amy Adams, magnifique d’érotisme, de sensualité. Si le budget perruque est à son comble dans American Bluff, le budget soutien-gorge semble dérisoire à voir les tenues d’Amy Adams. Fabuleuse, flamboyante, Adams mérite sa nomination aux Oscars.

American Bluff

©Metropolitan

La musique, très présente, est composée de hits des années 70 et il me semble n’avoir entendu aucune compo originale. C’est peut-être ça qui n’a pas aidé à l’immersion. Comme quoi les artifices cinématographiques sont indispensables certaines fois.

American Bluff n’est pas un grand film et frôle le ratage. Mon manque d’implication ne peut pas juger du ratage complet de l’entreprise. Je n’ai pas été bluffé, tant pis pour moi. A vous de juger…