True Detective (créée par Nic Pizzolatto) se veut comme le American Horror Story de HBO. Anthologique avec un cast plus ou moins renouvelé, True Detective est le gros projet de cette rentrée. Mettant en scène Woody Harrelson et Matthew McConaughey (oui, on est bien dans une série), la série raconte la traque d’un serial killer en Louisiane sur 17 ans. Série prestige !

L’atmosphère est pesante, prenante, on étouffe devant des paysages d’une beauté morbide, on est pris par le charisme irritant et immédiat des acteurs, on est devant True Detective.

La musique, discrète, souligne l’effort apporté à l’ambiance générale de ce premier épisode. Oui, True Detective a le prestige des séries HBO. C’est filmé avec talent par Cary Fukunaga (Sin Nombre, Jane Eyre) et interprété par deux anciens talents du cinéma des années 90. Si McConaughey a été la révélation des années 90 puis s’est effondré artistiquement dans les années 2000, il revit depuis trois ans avec des projets bien choisis. En d’autres termes, il est le nouveau golden boy d’Hollywood. Harrelson est resté discret, a choisi des rôles très différents et est devenu presque sage !

True Detective

©HBO

À eu deux, ils installent en quelques minutes une relation aiguisée, prenante, tragi-comique lourde de sens. Rust Cohle, le personnage de McConaughey, est d’une telle épaisseur intrigante, qu’il électrise la moindre scène. Encore blessé par son rôle dans Dallas Buyers Club, il parait triste, macabre mais étonnamment charismatique quand son collègue Martin Hart parait solide, bourru et presque attachant.
On sent bien que leur relation va apporter beaucoup dans cette série. True Detective raconte quand même autre chose. Un serial-killer semble réapparaitre en 2012. La police interroge Cohle et Hart 17 ans après leur enquête. Les meurtres semblent rituels, rien de mieux pour contrebalancer avec les enquêtes banales des séries policières.

Le fabuleux générique !

True Detective a un rythme très lent (un épisode durerait 20 minutes si chacun y mettait l’énergie) après une première demi-heure terrifiante d’efficacité. Happé par l’atmosphère, j’ai apprécié la moindre scène. Par la suite, l’épisode oublie un peu l’enquête et étudie ses personnages en profondeur pour installer au mieux les enjeux. Proposant des allers-retours entre 1995 et 2012, True Detective intrigue beaucoup et on  attend aussi les événements de 2002 qui semblent aussi importants et cruciaux.

True Detective

©HBO

Michelle Monaghan (Source Code) et Alexandra Daddario (Texas Chainsaw 3D) complètent le casting du côté féminin quand le vieux roublard Kevin Dunn (Transformers) incarne le chef du duo. True Detective réussit son entrée et parvient à instaurer un univers, certes peu original, mais grandement supporté par deux fabuleux acteurs. C’est beau, c’est lent mais déjà addictif.