Helix est arrivée cette semaine avec son lot de virus, de quarantaine et de suspens, mais aussi avec pas mal de choses à dire ! La nouvelle série de Ron Moore (Battlestar Galatica) a de quoi faire peur, dans les deux sens.

Un virus touchant trois hommes est apparu dans une base en Arctique. Une équipe est dépêchée sur place pour tenter d’endiguer l’épidémie. Le pitch n’a rien d’exceptionnel, mais dans ce genre de sujet, le traitement est primordial. Entre crédibilité et suspens, le public doit ressentir l’histoire sans jamais penser que ça n’arrivera jamais. C’est dans ce cas précis que les invasions de zombies ou d’infectés tournent vite court. Helix propose encore un virus qui rend son porteur assez violent, bavant et bouffeur de chair ou presque.

Helix - Pilot

 

Le double-épisode qui ouvre cette série (saison?) de 13 épisodes installe les personnages, les lieux, les enjeux sans grand éclat. L’équipe, menée par Bill Campbell (Jordan Collier des 4 400), n’a aucune épaisseur. Si son leader interprété par un Campbell qui a vieilli, certes, mais qui penche du côté d’un Robert Patrick tout en charisme), est plutôt bien travaillé, le reste est interchangeable. On ne prête même pas attention aux autres. Parlons de Hiroyuki Sanada qui joue Hatake, le chef de la base. L’acteur confirme que Dogen dans la saison 6 de LOST (vous savez le chef asiatique du Temple) n’est pas un personnage mal écrit mais simplement pourri par le non-jeu de l’acteur. Inexpressif au possible, il récidive dans Helix. Rythme de paroles lent, aucune expression, aucun mouvement, le personnage est irritable comme jamais.

Outre ce souci de personnages, le script semble oublier beaucoup de choses. Dans un cas d’épidémie ou de quarantaine, il y a des règles de sécurité et d’hygiène à tenir, mais au grès des scènes, le degré de sécurité est aléatoire. Ce point frustrant fait perdre beaucoup de crédibilités et donc d’efficacité au pilote de Helix ! Si le suspens est plutôt bien entretenu et quelques scènes vraiment bien fichues, on reste sur notre faim. On ne ressent rien, ni panique, ni urgence. Pour une base de plus de 100 personnes, on a du mal à ressentir le danger présent, ni le champ d’action possible, la faute à des scènes où la promiscuité règne. Notons aussi un côté second degré avec l’utilisation (dans le générique et dans la série) de musique d’ascenseur dans des moments de suspens, un gros décalage qui peut rebuter.

Helix

Au-delà des défauts, la série est bien fichue pour le genre, on suit avec intérêt le développement de l’histoire et tout ce qu’on espère, c’est que Helix va gagner en puissance et en rythme. Loin d’être d’une qualité attendue, Helix reste divertissante, loin d’être fauchée. Il y a du potentiel (le lieu, le type de virus, le mystère autour des personnages) et il faut absolument que la série s’emballe rapidement.