Philomena sort demain dans les salles. Réalisé par Stephen Fears (The Queen), le film est tiré d’une histoire vraie relatée dans le livre Philomena de Martin Sixsmith paru aux Presses de la Cité le 2 janvier. Une parfaite Judi Dench partage l’affiche avec Steve Coogan, qui produit et co-écrit également le film.

philomena-afficheCe n’est qu’à soixante ans que Philomena Lee décide de révéler à sa fille le plus lourd secret de sa vie. Lorsqu’elle était adolescente, elle est tombée enceinte et, rejetée par sa famille, a accouché d’Anthony au couvent de Roscrea. Pendant 3 ans, elle y travaille à la blanchisserie et n’a le droit de voir son fils qu’une heure par jour. Quand un jour, les sœurs le donnent à l’adoption à un riche couple d’américains. C’était en Irlande, en 1952.

La fille de Philomena, émue par cette découverte, rencontre le journaliste Martin Sixsmith lors d’une soirée. Ce dernier, en pleine crise professionnelle, accepte de discuter avec Philomena et pourquoi pas l’aider à retrouver son fils, dans le cadre d’un article qu’il écrirait sur le couvent et ses méthodes d’adoption des enfants de leurs pensionnaires.

Philomena Lee et Martin Sixsmith commencent alors leur road-trip, qui les emmènera en Irlande à la rencontre des sœurs du couvent de Roscrea, puis aux Etats-Unis sur les traces d’Anthony. D’abord déconcerté par l’enthousiasme naïf de Philomena, Martin finit par s’attacher à elle. Alors qu’il doute lui-même du chemin de sa propre existence, il va aider Philomena à mieux comprendre la sienne et à se pardonner. Tandis que leur enquête semble basée sur les réflexions et recherches de Martin, ce sont finalement les intuitions maternelles de Philomena qui tenteront de les mener au but.

La presse semble unanime, aussi bien en France qu’à l’étranger. Un « bijou d’émotion », selon Studio Ciné Live. Je dois admettre que j’ai versé ma petite larme. L’histoire de base est assez dramatique ; la scène du départ du petit Anthony sous les cris déchirants de sa mère, donne le ton. Mais cette sensibilité tient surtout à l’excellente interprétation de Judi Dench. A la lecture du scénario, l’actrice aurait très rapidement accepté d’endosser le rôle de Philomena. On sent qu’elle le prend comme un défi, comme le rôle de composition qu’elle cherchait.

« Lorsque le personnage que l’on joue est encore en vie, on porte une responsabilité encore plus grande. », dit-elle.

Philomena et Anthony / © Alex Bailey

Philomena et Anthony / © Alex Bailey

Le film alterne entre le road-trip de Philomena et Martin, et la vie de Philomena et Anthony au couvent. La jeune mère qui se sent coupable d’avoir mis au monde son enfant dans de telles conditions, mais qui se laisse porter par cet amour maternel grandissant qui devient sa raison de vivre. Jusqu’à l’adoption du garçon. Adulte, Philomena nous étonne tout d’abord, puis nous bluffe par cette joie de vivre à toute épreuve, qui agace souvent Martin. Philomena, très croyante, n’a jamais oublié son fils et le considère malgré tout comme un don du ciel qu’elle chérit à ses instants perdus. Cette vision de la vie nous échappe, mais nous semble belle, de loin, comme impossible.

C’est ce côté un peu flottant et irréel de cet espoir inconditionnel qui m’a d’abord gênée, puis sincèrement émue. Judi Dench parvient à nous faire sourire, puis pleurer, à quelques secondes d’intervalle. Malgré les petites longueurs à la fin du film, je suis restée skotchée jusqu’à la fin. Le film ne dure que 1h38 mais il en paraît beaucoup plus : par sa densité, celle de l’histoire en elle-même et de son traitement, son adaptation, et son interprétation magistrale. Je pense ne pas me tromper quand j’annonce que Philomena passera sans doute inaperçu. C’est bien dommage.

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