Tom emmène ses trois enfants à Arcadia, bourgade californienne mais sans leur mère. Un road-trip américain d’Olivia Silver qui est sorti en catimini depuis mercredi dans les salles françaises.

Le déménagement de la famille de Tom se fait dans la précipitation en laissant le chien derrière lui, et John Hawkes assure une prestation très honorable en père de famille assez nerveux, qui tente maladroitement de rassurer des enfants de plus en plus suspicieux. Cet acteur est un habitué des séries TV comme « Deadwood », où il jouait Sol, ou encore du cinéma indépendant comme « Winter’s Bone » ou encore « Martha Marcy May Marlene » où il incarnait le gourou, Patrick. C’est à lui que revient la tâche de porter le film.

arcadia

Dans le rôle de la benjamine de la famille, Ryan Simpkins est la révélation du film.

Ce film m’a rappelé un autre film, inédit en France mais présenté au festival de Deauville, « Grace Is Gone » avec John Cusack qui amenait ses deux filles à travers les Etats-Unis. Ici, le road trip traverse beaucoup d’états anonymes, et a une excursion chez des proches qui se font complices contre leur gré. Le sel de l’histoire, c’est la rebéllion de Greta (Ryan Simpkins) qui sait que son père leur cache les véritables raisons de l’absence de leur mère. Mais la vérité n’est pas toujours simple à entendre, et le film met un certain temps à dévoiler ses cartes. Le tempérament volcanique de Tom fait que beaucoup de séquences tournent en rond : constamment sur la brèche, constamment sur son portable, les moments tendres du film sont assez rares.

De plus, l’interprétation de Ryan Simpkins (celle que je retiens du film) n’est pas assez fouillée pour rendre unique l’histoire, qui rejoint les lieux communs de l’adolescence : elle met en parallèle les mensonges de son père et celle de sa grande soeur Caroline (Kendall Toole), qui a du mal à sortir du cliché qui lui est imposé. Le film manque ainsi de morceaux de bravoure et se termine lorsque des révélations arrivent à mettre le comportement de Tom sous un autre jour. Mais bien trop tard.