L’heure est au classement en tous genre. Parmi les centaines de sorties françaises de l’année, lesquels se sont démarqués? Lesquels se sont fait remarquer par leur médiocrité? Verdict ici!

L’année 2013 a été marquée par une production internationale assez foisonnante, où l’écart budgétaire et artistique se creuse de plus en plus entre blockbusters et drames ou comédies plus classiques. Il est intéressant de voir que les 2 films qui ont emporté la tête de mon classement ont un budget confortable, mais pas de blockbuster, ce qui leur a permis de se libérer des rênes narratives du « le plus de monde possible » et du merchandising. Plus que des spectacles technologiques renversants, ils ont su bousculer les règles de la narration traditionnelle tout en se rendant accessible et en n’oubliant pas le sens du spectacle. Ce sont également des histoires profondément humaines, transportant des concepts absolument universels, mais déclinés de façon non manichéenne. Ci-dessous, le détail de mon Top 10 :

1-Cloud Atlas

Andy et Lana Wachowski, aidés de Tom Tykwer, nous ont bien servi la tambouille narrative et visuelle la plus renversante de l’année. En jouant avec les genres de cinéma et leurs codes, en jouant à cache-cache avec leurs acteurs tout en rendant accessible des concepts qui auraient pu être prétentieux et mal amenés (le karma, une âme qui apprend de ses erreurs et devient meilleure), « Cloud Atlas » a repoussé les limites avec classe, maîtrise et même beaucoup de l’humour. Il se dégage un enthousiasme de cinéma absolument communicatif dans « Cloud Atlas », film qui tire meilleur parti de son cast en lui demandant l’impossible (Hanks passant de truand cockney à ermite solitaire dans un futur très lointain, n’a jamais été aussi en forme. Performance éclipsée par « Capitaine Phillips » cette année).

2-Gravity

Oeuvre humaine, ambitieuse et exigeante, « Gravity » est une véritable anomalie de film hollywoodien, portée de but en blanc par une Sandra Bullock qui donne 200% de sa personne, et un Clooney qui émule un James Stewart qui irait dans l’espace. Trouvant un équilibre inouï entre drame intimiste et action en orbite autour de la Terre, « Gravity » est une expérience qui agrippe tous les sens, tire le meilleur parti de sa conversion 3D et offre l’habillage sonore le plus terrifiant de l’année. Un ballet imaginé et exécuté minutieusement par un Alfonso Cuaron qui se hisse au niveau des cinéastes les plus visionnaires de ces vingt dernières années.

3-The Master

Oeuvre plus cynique et noire que la tête de mon Top, « The Master » est une étude de personnage absolument fascinante, avec la photographie sans doute la plus aboutie de l’année. Joaquin Phoenix offre une prestation absolument hallucinante.

4-All Is Lost

JC Chandor, on te connaissait à peine. Après le didactique mais bavard « Margin Call », il a sorti Robert Redford de sa semi-retraite pour un film vertigineux. Un concept qui aurait pu être bateau, mais réussit à être original et profond contre vents et marées. Un réalisateur qui aura sans doute le vent en poupe dans les années à venir. (ma critique)

5-Le Loup de Wall Street

Un beau salaud méritait-il les affres d’un biopic signé Scorsese? Oui, car il nous renvoie toute l’abjection du capitalisme roublard et non maîtrisé à la face. Un trip de trois heures où Marty gambade en gardant une maîtrise entre comédie et drame hallucinante, mettant le spectateur aussi complice que témoin des faits d’armes de Jordan Belfort. Une arrivée tardive qui est assez forte pour mériter sa place sur le Top 10 (comme beaucoup de cinéphiles qui ont dû chambouler leur classement).

6-Tel Père Tel Fils

Mélodrame puissant et universel sur la filiation et l’éducation, « Tel père tel fils » est un film extrêmement tendre, porté par deux familles qui essaient de se démêler d’une situation tragique pour elle et leurs enfants. Egalement la meilleure utilisation d’un piano dans un film en 2013. (ma critique)

7-Pacific Rim

Guillermo Del Toro livre le blockbuster le plus jouissif de l’année. Un affrontement titanesque entre machines de guerres chromées (les Jaeger) et des Kaiju débarqués d’une autre dimension. C’est aussi un bel effort sur la solidarité, l’appréciation des différences, qui délaisse le côté militariste tout en proposant un univers abouti et fastueux. (ma critique)

8-Le Géant Egoïste

Une fable crue et mordante sur l’exclusion de deux gamins du nord de l’Angleterre, « Le Géant Egoïste » est également très élégant dans sa mise en scène, et attachante grâce à l’interprétation ébouriffante de Conner Chapman en un Arbor, intense et truculent. Une belle claque indépendante britannique! (ma critique)

9-World’s End

Edgar Wright livre une conclusion à sa trilogie Cornetto enlevée et surprenante. Une réflexion douce-amère sur le vieillissement et les responsabilités, renvoyant le public dans ses propres platebandes. Et sans doute un des meilleurs films d’apocalypse de ces dernières années. Bring on Ant-Man!

10-Ginger & Rosa

Je ne pouvais pas terminer ce Top sans cette merveille de mise en scène suivant deux adolescentes britanniques dans le Londres des années 1960. Elle Fanning et Alice Englert sont des personnages en trois dimensions, sublimés par une mise en scène péchue et racée de Sally Potter. Une merveille de cinéma, à la conclusion noire et courageuse, qui a péché par une distribution trop faible et une médiatisation confidentielle.

Et ci-dessous, veuillez trouver mes Flops 2013, avec la réaction appropriée et gutturale :

-jOBS (we don’t believe you!);

-Wolverine : le combat de l’immortel (et on se sent impliqué en quoi?);

-Grand Central (whatever);

-Thor : le Monde des Ténèbres (une chance au montage, une chance au tirage);

-Il Etait Temps (RACHEL MACADAMS?!? ANYONE?);

-R.I.P.D. (what a clusterfuck).