Suite et fin de notre couverture du PIFFF avec des mini-critiques sur trois films : « Les Sorcières de Zugarramurdi » (sortie le 8 janvier), « Animals » et « All Cheerleaders Die »

Les Sorcières de Zugarramurdi


Les Sorcières de Zugarramurdi – Bande-annonce… par mator-fr

Le dernier cru de l’espagnol Alex De La Iglesia jette deux braqueurs en fuite, Tony et Jose, et un taximan pris de sympathie pour leur cause dans la petite ville basque de Zugarramurdi, repaire de sorcières avides de chair fraîche et précisément d’un élu… le fils de Jose, dont il a la garde ce jour-là. Mais les sorcières ne sont pas les seules à leurs trousses : l’ex-femme de Jose, qui souhaite retrouver son fils à tout prix, et deux policiers incompétents et à l’ouest. De La Iglesia commence sur les chapeaux de roue, avec une scène de braquage avorté mémorable où tous les personnages préférés des enfants, de Bob L’Eponge à Minnie Mouse, se font violemment défoncer, les complices ayant la malheureuse idée de se mettre en costume. Le surréalisme et la farce sont les deux maîtres-mots de ces « Sorcières de Zugarramurdi », dépeignant des hommes totalement perdus et dépassés alors que leurs compagnes ont pris l’ascendant sur eux. Une inversion des rôles satirique poussée dans ses moindres retranchements par De La Iglesia, au point où quasiment tous les personnages féminins sont dessinés comme des mégères hystériques. Une indélicatesse assumée dans les rapports homme/femme qui perd le film dans les limbes de la comédie grasse et basse du front. Même si cela aide que les mecs en perdition fassent des choix discutables, les effets visuels ont du mal à tenir la route, excepté un final très spectaculaire. Côté folklore de sorcellerie, rien de bien nouveau. Ah si : ces messieurs vont pouvoir voir l’une d’entre elles s’enduire le corps de bave de crapaud. Grâce à un rythme, un montage et des interprétations poussées à leur paroxysme, « Les Sorcières de Zugarramurdi » parvient quasiment à faire oublier qu’elle reste un des films les plus faibles de son réalisateur.

La note : C

Animals

animals

Dans « Animals », un nounours musicien à ses heures perdues tient compagnie à un adolescent.

Martin Freeman est un homme très occupé, entre des saisons de « Sherlock » et le tournage du « Hobbit ». C’est donc un coup à saluer de la part de l’Espagnol  Marçal Forès  de le faire intervenir en tant que professeur dans un lycée privé de Barcelone durant quelques scènes de son premier long-métrage en langue catalane, « Animals ». Le film chronique l’histoire d’un adolescent rockeur qui parle à son ours en peluche, doué d’une parole robotisée et saccadée lugubre. C’est d’ailleurs la principale réussite du film, qui, outre sa photographie qui tire le meilleur parti des extérieurs forestiers barceloniens, s’embourbe un peu dans son propos. On ne sait trop quoi penser d’un film qui aborde le suicide d’une camarade de classe assez vaguement, et dépeint des personnages sans réelle dimension.

La note : C-

All Cheerleaders Die

 all cheerleaders die

De loin, le film le plus accessible et divertissant des trois chroniqués ici. « All Cheerleaders Die » est une collaboration entre le réalisateur du conspué « I Know Who Killed Me » et Lucky McKee. Ici, une ado furieuse de l’enrôlement de sa meilleure amie dans les cheerleaders ait conduit à un accident mortel décide de joindre les rangs afin d’assouvir sa vengeance. C’est sans compter sur son amie, versant dans la sorcellerie, qui va ressusciter le gang de cheerleaders tragiquement décédé. Comme des marionnettes, elles sont soudées par les cristaux qui sont implantés dans leur corps. Le film assume son côté décomplexé avec des pseudo-Succubes qui ont littéralement la peau de lycéens bas du front et de sportifs manipulateurs. Rien que de très balisé dans le genre du teen movie horrifique, qui compte quelques touches d’humour bienvenues, comme un flashback absurde, par exemple. Mais hormis la bande-son, un DTV assez racoleur et oubliable, hormis l’esprit « bière-pizza-soirée » qui colle à la peau du film.

Ma note : D+