Woodkid était au Zénith de Paris hier soir pour un concert exemplaire. Un enchantement pour les yeux, les oreilles et le coeur, au pays des hipsters. Comme il l’annonce au début, Woodkid et sa troupe nous livre l’album entier, ainsi que quelques inédits tout à fait prometteurs. Retour sur la soirée et sur l’artiste.

Woodkid

Woodkid

Woodkid, qui est-il ?

Yoann Lemoine est né à Lyon le 16 mars (oh, comme moi !) 1983. Il fait des études de graphisme, sérigraphie et animation, et commence très fort dans le milieu en dessinant des esquisses pour Marie-Antoinette de Sofia Coppola en 2006. Il va par la suite réaliser les clips notamment de Teenage Dream de Katy Perry et Born to die de Lana Del Rey. Il sort son premier EP en 2011 : Iron. Il va enchaîner en 2012 sur un concert privé à la Tour Eiffel, suivi de plusieurs dates à l’étranger, et un concert au Grand Rex. Son premier album The Golden Age est sorti en mars 2013. Parallèlement à sa musique, il fait toujours de la création pour d’autres artistes.

Son univers musical est très influencé par les origines juives polonaises de sa mère. Il revendique l’inspiration que lui donne l’image de l’Europe de l’est. Il est aussi influencé par son homosexualité, pour ses morceaux ainsi que pour ses créations visuelles : sa campagne contre le sida, Graffiti, a remporté plusieurs prix, notamment celui du Festival international de la publicité de Cannes (5 lions remportés).

The Golden Age Tour au Zénith de Paris

Le concert commence à 21h tapantes. Nous voilà au pays des hipsters. Ils sont partout. Chemises de bûcheron, grosses lunettes, pintes à la main. Ils sont pas désagréables à regarder, ces hipsters, dans leur genre, par contre l’amabilité semble être en option… Mention spéciale à nos voisins de derrière, visiblement enthousiasmés (par Woodkid, ou la bière ? je ne saurais dire…) à qui j’ai dû demander plusieurs fois de bien vouloir baisser d’un ton…

Car il fallait être attentif lors de ce concert. Une attention qui vient naturellement, car la musique est sublime, et Woodkid nous raconte ses histoires tandis qu’il chante. L’émotion est là lors de Where I live, The Other Side, et tant d’autres… En plus des chansons de l’album, il nous offre deux inédits, jamais joués sur scène encore, nous dit-il. Paris aurait donc la primeure ? Vraiment ? On sent Woodkid partagé. Il dit aimer et détester Paris à la fois… Son coeur est à Brooklyn, comme l’explique sa nouvelle chanson du même nom. On arrive à le comprendre quand il nous la décrit avec une affection touchante.

La scène du Zénith est sobre mais efficace. Une vingtaine de musiciens. Un hipster au piano, un autre à la trompette, un hipster au tambour, et d’autres encore aux violons. La musique, je le disais, est sublime, parfaite, magistrale. Nous avons droit à des arrangements inédits en introductions et milieux de chansons. Sur le grand écran sont diffusés certains clips, et créations graphiques de l’artiste. Mention spéciale pour les effets de lumière assez spectaculaires.

Woodkid passe le couloir de lumière / photo Claire Lois

Woodkid passe le couloir de lumière / photo Claire Lois

Woodkid début avec The Golden Age, I love you, Iron, qui donnent le ton. Le public est capté dès le départ. Les musiciens, la voix grave, les paroles percutantes, imposent le respect. Il nous propose de nouveaux arrangements notamment pour The Boat Song. Puis, à peu près au milieu du spectacle, alors que le Zénith faisait preuve d’une écoute religieuse, Woodkid nous demande si nous sommes prêts à danser. Il sort la grosse artillerie, un rythme endiablé, et le public se réveille. Il ne lâche pas cette nouvelle impulsion et nous livre ses chansons pour moi parmi les plus abouties de l’album, instrumentalement parlant : Stabat Mater et Conquest of Space. Nous découvrons deux nouvelles chansons : Brooklyn, donc, et GoLe rappel est fait sur Run boy run et The Other Side, magnifiques.

Woodkid court partout, vêtu de son panta-court, t-shirt de joueur de hockey américain, casquette et grosse barbe. Il parle à son public, lui raconte ses histoires. On sent le français bien imprégné de culture anglaise et américaine (comment dire… qu’il le porte sur lui), attaché d’une manière étrange à son pays d’origine. Il fait honneur à sa manière au public parisien. Avec cette sorte d’attraction-répulsion, à peine dissimulée, que peuvent ressentir certains expatriés.

En bref, un spectacle enchanteur. On sent l’artiste rôdé, mais toujours très impliqué. Il ne lâche pas vraiment prise, mais nous livre son show avec une sincérité et un naturel déconcertants, qui le rendent très attachant. On voit bien qu’il maîtrise ce qu’il fait, et tient son équipe d’une main de maître. Il n’est pas avare en remerciements, jusqu’à faire venir son directeur artistique sur scène, et faire saluer ses musiciens les uns après les autres. Et finalement les mots me manquent pour vous transmettre l’émotion ressentie sur certains morceaux en particulier…

« Where I’m born is where I’ll die. At night I can’t sleep when I try. To forget that I never cheated. That I tried to be strong. No matter how wise I was, I feel wrong. To forget that I never followed. That man that I adored. Who promised me pretty sins and gold. And I’m waiting for the sun. »  — Where I live

« I heard a whisper on my shoulder. Pretending life is worth the fight. O can you hear the song of thunder. When fear strangles a soldier’s pride. And on the surface of the waters. Will dance reflections of the fire in the night. »  — The Other Side

 

Woodkid est actuellement en tournée dans toute la France, et sera de nouveau au Zénith de Paris le 7 février prochain : vais-je résister ?

Le site de l’artiste

Et ci-dessous l’excellent clip de Run Boy Run :