David E. Kelley est certainement l’un des plus scénaristes les plus prolifiques de la TV US. Ecrivant la majeure partie des scripts de ses séries, Kelley aime les avocats au point de n’écrire pratiquement que sur ça depuis 25 ans  (La Loi de Los Angeles, Ally McBeal, The Practice, Boston Justice…). Justice, droits, lois, éducation, pratiques professionnelles, Kelley aime brosser tous les aspects de la société à travers ses plus hautes instances et s’essaye à la médecine ou à l’éducation avec succès (Chicago Hope, Boston Public). Avec The Crazy Ones, il revient à un style plus frais et parlant du milieu publicitaire.

Crazy Ones

©CBS

Original s’il en est, Crazy Ones parle d’une agence de publicité où Robin Williams (Le Cercle des Poètes Disparus…) joue le rôle de Simon Roberts qui tient la barque avec sa fille Sidney jouée par Sarah Michelle Gellar (Buffy, Ringer). A travers des campagnes décalées, des clients exigeants et des collégues farfelues, l’agence Roberts va devoir trouver comment gérer son quotidien.

Kelley parle d’un monde quasiment jamais traité à la télévision et il s’en sort encore une fois très bien. Aimant les rapports conflictuels et humains dans les entreprises où la valeur humaine a une aussi grande part que la valeur professionnelle, Kelley arrive à créer un microcosme bouillonnant. Les échanges entre les personnages sont toujours rythmés et les sous-intrigues dosées comme il faut.

Crazy Ones

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Pour The Crazy Ones, Robin Williams fait son retour au petit écran après une carrière florissante au cinéma et un premier rôle dans la sitcom dérivée de Happy Days, Mork and Mindy. Sarah Michelle Gellar fait aussi son comeback après l’échec de Ringer il y a deux ans. On aime ou pas Robin Williams mais son côté improvisateur joue beaucoup dans l’appréciation de son personnage. On le sent totalement en roue libre et sa tête de clown triste, de sourire cachant un fort degré d’émotion fait pencher la balance. Cannibalisant son personnage, Robin Williams surjoue souvent et ne parvient que rarement à faire rire. Pourtant son duo avec Zach (James Wolk, sosie jeune de Kyle Chandler) fonctionne à merveille. On sent une alchimie véritable entre deux et sont souvent l’attraction principale du show car il faut le dire, Gellar ne parvient jamais à s’en sortir. Son muscle du menton m’agace profondément et ne s’impose quasiment jamais.

Il reste des personnages secondaires sympathiques avec l’assitante jolie mais benête et le directeur artistique sous-fifre. Niveau intrigues, on ne peut pas dire que c’est du pur génie, le format 20 minutes n’aide pas à approfondir vraiment les intrigues mais Kelley s’en sort plutôt bien pour son premier format court (à ma connaissance). Le rythme est tenu, les situations sont cocaces et la série passe vraiment bien. On retrouve le côté farfelu d’All McBeal transposé dans le milieu publicitaire. Je ne sais pas si la série peut arriver à son niveau mais ce format court va poser le souci des développements d’autres personnages qui peuvent faire durer la série dans le temps.

Aucunement ratée, The Crazy Ones pêche un peu au niveau du personnage central qui cannalise l’attention mais le ton frais et décalé du show fait que The Crazy Ones est une comédie à voir. Kelley (aidé quand même par ses scénaristes) parvient à avoir des idées originales (et dans le milieu publicitaire il en faut !) pour rendre sa série crédible, maîtrisée.