De Stromae, je ne connaissais d’abord que le tube “Alors, on danse”, sorti il y a déjà quelques temps. Je dois l’avouer, le morceau ne me laissant pas un souvenir impérissable, j’ai laissé de côté jusqu’à ce que le destin (ou plus sobrement ma famille) me force à me pencher de nouveau sur cet artiste, lors de la sortie de son nouvel album “Racine Carrée”.

Faut dire qu’avec tout le bruit autour de “Papaoutai” puis de “Formidable” et de son clip tourné en caméra caché, c’est difficile de passer à côté. Mais à quoi ça ressemble un album de Stromae ? Y’a que des tubes formatés pour les clubs ? Que du marketing bien orchestré ? Ou en creusant va-t-on trouver le nouvel artiste du siècle ?

Penchons-nous sur le cas de celui qu’on appelle “le nouveau Brel”.

No Titre Auteur(s) Durée
1. Ta fête 2:56
2. Papaoutai 3:52
3. Bâtard 3:28
4. Ave Cesaria 4:09
5. Tous les mêmes 3:33
6. Formidable 3:33
7. Moules frites 2:38
8. Carmen Georges Bizet, Van Haver, Aurélien Cotentin 3:09
9. Humain à l’eau 3:59
10. Quand c’est ? 3:00
11. Sommeil 3:38
12. Merci 3:54
13. Avf (avec Maître Gims et Orelsan) Paul Van HaverGandhi DjunaAurélien Cotentin 3:44
42:53

Un jour, des membres de ma famille me parlent du morceau “Papaoutai”, surtout du clip, jugé plutôt bien fait. Ni une ni deux, je fonce sur youtube pour voir ce fameux clip… Je l’ai trouvé très bon. (Et c’est une fan de Michael Jackson, maître ès clips, qui cause !) Cela m’a donc poussé à écouter le nouvel album dont tout le monde parle (au moins à la télé) : Raciné Carrée

Je saute sur mon spotify et écoute l’album d’une traite. Comment dire. Oui, il a des sons parfois très dance 90’s, mais ce jeune homme a des choses à dire : dans l’humour, dans l’amour, dans les préjugés (ah tiens ?). Et à la seconde écoute, on réalise que non, ce n’est pas que de la dance. Il y a des ambiances différentes, on passe de sa rythmique classique, qui fonctionne (“Papaoutai”) à des sonorités ensoleillées (je dirais bien de cuba ou capverdienne, mais on risque de me taper sur les doigts si je me plante) avec “Ave Cesaria” (grand et bel hommage à Cesaria Evora) en passant par du rap (oui, du rap, c’est son univers d’origine) avec “avf” (trio avec Orelsan et Maitre Gims)

Parfois on a des ovnis musicaux, difficiles à apprécier (moi j’adore personnellement) comme “Humain à l’eau”, on a des hommages avec “Ave Cesaria” mais aussi “merci”, qui rappelle les sons du groupe Ratatat. Une seule chanson me semble un peu plus faible : “Sommeil”, que je zappe assez facilement, mais d’autres seraient presque en boucle dans ma voiture du genre “avf” ou “tous les mêmes”).

Les textes sont toujours très travaillés, avec un peu d’humour distillé par-ci par-là, on peut avoir une chanson contre les préjugés racistes (la chanson “Bâtard”, notamment, qui évoque le racisme, ou même la notion de race dans l’humanité), il y a aussi une chanson qui évoque l’horreur du cancer (pas très joyeuses, les paroles, mais en occurrence très bien écrites, avec une certaine lassitude dans le ton, que tout le monde a, finalement, fasse au cancer “mais quand est-ce que ça va s’arrêter ?” et des sonorités sympathiques que je vous laisse découvrir). Et puis nous avons des textes beaucoup plus légers, encore que, notamment la chanson “moules frites” qui, non, non, ne parle pas de moules frites, mais de… je vous laisse le soin de découvrir là encore.

Je n’ai pas trouvé une chanson où les paroles sont basiques, ou sans intérêt : Stromae a toujours quelque chose à dire. Même si le thème d’une chanson est juste l’histoire d’un gars alcoolisé, devenu célibataire, et qui le vit très mal, thème somme toute assez courant dans la chanso, il a une façon de rendre le sujet poignant. Vous aurez reconnu le morceau “Formidable”.

Mais alors, pourquoi c’est bien ? Et bien, comment dire… Je trouve que Stromae a des choses à dire, et que du coup, il mérite d’être écouté pour ça. Et je trouve que réussir à faire un morceau à partir de 2 notes (“Humain à l’eau”), et le rendre écoutable bien que manifestement parfois difficile d’accès pour certains, c’est une performance à écouter au moins une fois dans sa vie. Et savoir mélanger la techno-dance mi-années 90, mi-année 10, avec du rap, de la musique cubaine, et des paroles profondes, c’est la preuve d’un artiste qui ose des choses, et surtout, la preuve qu’on est bien face à un artiste, et pas un usurpateur.

Et pour moi qui érige Michael Jackson et Mozart au panthéon de ceux que j’écoute religieusement, Stromae fait parti de ceux que j’écoute de plus en plus, sans me lasser. Bref, oui, je l’admets, j’aime beaucoup le dernier album de Stromae ! C’est intelligent, varié, et on se prend vite à danser et à chanter en même temps. Y’a du texte, du subtil, du drôle, du triste, du réaliste, bref, un artiste comme j’aime !