Muriel Robin revient, après 7 ans de pause due à un burn-out foudroyant, pour un one woman-show au théâtre de la Porte Saint-Martin depuis le 17 septembre. Un spectacle placé sous le signe de l’émotion bien plus que du rire, même si elle le parsème évidemment de sketches dont elle a le secret.

Je vous le dis tout de suite : c’est en non-connaisseuse que je suis allée la voir samedi dernier. Je n’étais pas sûre d’apprécier de bout en bout un spectacle entièrement comique (pas forcément ma tasse de thé), mais celui-ci était d’un tout autre genre, et j’ai ressenti très fort toute l’émotion présente derrière les scénettes.

muriel-robin-revientSamedi 28 septembre, la représentation sera filmée. Les caméras sont installées un peu partout dans le théâtre, on sent une ambiance un peu électrique, un public impatient. Pas mal de fans, qui ont attendu presque dix ans pour la revoir.

Dès le début du spectacle, Muriel Robin fait d’ailleurs référence à ces « errances », ou « égarements ». Les téléfilms, le « Rendez-vous en terre inconnue », le besoin d’une pause longue, surtout. Elle fait des blagues sur son burn-out, les gens rient aux éclats. Puis elle embraye sur ce qui constituera le coeur de son spectacle : rien de moins que son autobiographie, en fil rouge. Elle commence par le début : ses parents, leurs personnalités, leur situation sociale, les soeurs, l’univers de la petite Muriel, en somme. Le père qui après 2 premières filles se dit, « cet enfant, même si c’est une fille, ce sera un garçon », et lui apprend le bricolage. L’amour de l’art : la musique classique dans un premier temps, puis le théâtre. La réussite au Conservatoire National d’art dramatique et ses débuts de comédienne à Paris.

Parfois on dirait qu’elle cherche à s’expliquer. Elle ne nous épargne pas les moments les plus difficiles, les moments de doute, les relations compliquées avec la famille, la mort des parents, les conflits avec ses soeurs, le succès à Paris qui va de pair avec un alcoolisme progressif et un caractère de chien. Elle plaisante sur les titres de certains de ses spectacles : « Tout m’énerve », « Toute seule comme une grande », « Au secours », on aurait dû se douter que ça allait dégénérer, effectivement.

Je ne vous referai pas tout le spectacle. Je tenais surtout à préciser le côté très émouvant de ce one-woman show. On retrouve Muriel Robin en effet très en forme : amincie, elle nous parle de sa nouvelle vie, saine, et de son histoire d’amour.

Pour le plus grand bonheur des fans de longue date, elle nous refait un petit mix de ses skteches les plus connus. Les connaisseurs disent les répliques avec elle. Ce choix de fil rouge est apparemment une nouveauté. Même si ses spectacles peuvent sembler thématiques, elle n’avait encore jamais tenté de telle cohérence entre les scénettes. Muriel Robin déroule le fil de sa vie, comme pour en digérer quelques parties. On dévine des sujets abordés en thérapie, des explications trouvées sur le tard, des révélations récentes qu’elle avait peut-être besoin de crier haut et fort pour qu’elles disparaissent.

En tout cas moi, je n’ai pas beaucoup ri. Les blagues sont efficaces, elles marchent toujours. Mais le fond du spectacle, cette catharsis qu’elle nous fait sans masque avec une sincérité déconcertante : c’est cela qui m’a marquée. On a envie de la remercier, de la féliciter d’avoir fait un tel travail sur elle et d’être capable de revenir devant son public, toute neuve. On sent qu’elle ne ment pas, qu’elle ne cache rien. Qu’en adviendra-t-il dans ses prochains spectacles ? Retrouvera-t-elle une légèreté (toute relative, a-t-elle jamais été légère ?) ou au contraire continuera-t-elle sur ce thème de la renaissance, sans pour autant oublier de parler et en quelque sorte faire honneur à ses casseroles ?

Si vous aviez juste l’intention de vous poiler et n’avez pas envie d’entendre Muriel Robin parler de sa vie en long en large, abstenez-vous. Ceci dit, je me fichais moi aussi pas mal de sa vie avant de voir le spectacle, et je dois dire que je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.

Muriel Robin dans la scène du téléphone avec les soeurs...

Muriel Robin dans la scène du téléphone avec les soeurs…

Muriel Robin revient, tsoin tsoin au théâtre de la Porte Saint-Martin depuis le 17 septembre jusqu’au 19 octobre, puis en tournée dans toute la France.

+ l’article ultra-élogieux-qu’il-en-peut-plus de Sandrine Cohen sur le Huffington Post. Très très élogieux, hein, mais il donne pas mal d’infos plus précises.