TGIFP c’est le nouveau rendez-vous pop culture du site. A travers un phénomène, un buzz, un fait, SmallThings reviendra dessus et tentera de comprendre ce qu’il y a à retenir, à souligner pour décortiquer ce qui donne naissance à un événement pop. Pourquoi déteste-t-on, pourquoi aime-t-on ? Le plus souvent, les médias et la circulation de l ‘information créent de toutes pièces une manière de penser. La nuance existe, à travers l’historique, l’angle d’attaque et la remise en contexte. Thank God It’s Friday Pop ! donne les outils pour vous faire un avis tout sauf extrême car rien n’est jamais aussi mauvais ni aussi génial que vous ne le pensez.

MIley Cyrus

Hannah Montana

 

Choquant, scandaleux, censuré, les mots ne manquaient pas après la prestation de Miley Cyrus lors des MTV Video Music Awards. Il est vrai que la jeune femme de 20 ans arborait une tenue bien trop moulante, des gestes bien trop suggestifs et une attitude finalement provocante. Les réseaux sociaux et les sites spécialisés explosaient, la jeune Hannah Montana était devenue un objet vulgaire. Son twerk était devenu un Meme, la vidéo faisait le tour du monde et le nom de Miley Cyrus était désormais synonyme d’antéchrist.
Mais pourquoi ?

La jeune Miley est à peine ado quand elle débute pour Disney dans la série comique Hannah Montana, actrice et chanteuse, la star multiplie les couvertures de magazines pour ados, devient une star mondiale et la petite fiancée de l’Amérique. Petite fille modèle pour des millions de fillettes, Miley poursuit sa carrière comme il se doit. La série cartonne auprès des jeunes et son rôle d’Hannah semble lui coller à la peau.

A l’instar de Selena Gomez ou Demi Lovato, Miley Cyrus profite du tremplin Disney pour se construire une carrière de chanteuse. Elle apparaîtra néanmoins dans divers films notamment le remake US de LOL avec Demi Moore mais aussi une adaptation du spécialiste des rom com Nicholas Sparks avec The Last Song où elle rencontra son futur ex-boyfriend Liam Hemsworth.

Continuant sa carrière de chanteuse avec une pop sucrée, elle subit une Britney-ite et quitte petit à petit sa carapace d’ado pour celle de jeune fille en fleur. Ses clips se font plus adultes, plus travaillés. Là où Madonna excelle, Miley échoue, la faute à des médias qui choisissent leurs parias.

Oubliez la grande crinière châtain de Miley Cyrus, c’est une coupe garçonne blonde qui orne désormais son joli minois. Oui car il ne faut pas oublier que Miley n’est pas vilaine ! Elle m’a fait aimer la coupe garçonne c’est dire. Multipliant les photos tendancieuses et les déclarations chocs, Miley marque un grand coup avec son single We Can’t Stop, sorte de Rihannade plutôt bien produite dans le genre et grosse vente de singles propulsant Miley Cyrus au sommet des charts.

Elle prend tout le monde à contrepied avec Wreckin Ball, ballade encore une fois efficace. Belle voix, beau timbre, belle présence et beau clip (même si la nudité était accessoire), Miley confirme qu’elle veut jouer un rôle sur la scène pop internationale. La pop n’a rien de honteux, pas plus que vos soirées où vous dansez sur du Partenaire Particulier… La pop qui marche pompe beaucoup de genre et, bien emballé, peut perdurer et devenir les hits intemporels que l’on connait (Toxic, I Kissed a girl, Poker Face font partis des meubles)

Mais alors on lui reproche quoi ?
Vulgaire, choquante ou trop sexy pour les médias, Miley Cyrus marche sur les pas de Britney Spears, Nicky Minaj ou encore Lady Gaga. Passant outre les bonnes mœurs, Miley utilise son nouvel outil : sa langue. Elle la sort à toutes les occasions et choquant encore plus l’Amérique, elle ne devient finalement qu’une sombre caricature de lolita sexy désabusée. Mais que cache ce personnage ? Derrière des produits musicaux bien produits, répondant à la demande et finalement pas si éloignés de tout ce qui marche de nos jours, Miley Cyrus ne choque que par rapport à cette transformation soudaine de petite fiancée de l’Amérique à objet sexuel médiatique. La presse joue beaucoup dans la réputation d’un artiste et les photos postées

Miley-Cyrus

Miley et le gateau d’anniversaire de son boyfriend

Les enfants Disney comme Britney Spears ou Christina Aguilera sont devenues des jeunes femmes bien faites et ont décidé de claquer la porte du puritanisme ambiant pour devenir des personnages à l’opposé de leur cocon médiatique qui les a formé pendant des années. Miley joue certes beaucoup trop sur la corde sexy (rentre moi cette langue !) mais elle n’a rien transgressé, rien parjuré et surtout rien inventé de nouveau dans le mauvais goût et la provocation.

A l’époque où John Lennon paraissait nu en couverture de magazine, où Gainsbourg brûlait des billets, jurait en direct à la télé, où Lady Gaga porte une robe de viande, n’y a-t-il pas une place pour une jeune fille jouant de ses courbes et sa présence pour titiller les hormones du public ? Non, le jeu sexuel est encore tabou. Cela se comprend. Il a quand même une part de vulgarité assez visible dans quelques prestations.

 

Parlons musique. We Can’t Stop n’a rien de pire que les singles très bien vendus en France où on préférait il y a 20 ans acheter Bo le lavabo de Lagaf, Réné la Taupe il y a quelques anénes ou Sébastien patoche il y a de ça quelques semaines. Miley fait de la pop, de la musique plus ou moins produite suivant les standards et ce n’est finalement que son image, son passé, bref son histoire qui gêne. Rapprochons le débat de Bertrand Cantat, on préfère parler de l’artiste pour ne pas rouvrir des blessures mais il existe bel et bien un homme qui a tué une femme derrière le nom d’artiste. Ici, musicalement, on reste dans une pop bien ficelée et sur Wreckin’ ball on est à un niveau clairement au-dessus de la prod actuelle. A un moment donné pour beaucoup de gens, il n’y a plus de musique, il y a ce qui est le vecteur de communication utilisée.

Niveau provoc, la surenchère semble de mise avec Rihanna qui enlève une partie de ses vêtements à chaque couverture d’albums ou clips, Lady Gaga qui pose carrément nue pour una rtiste, il n ‘y a bien que Britney Spears qui semble rester à un certain niveau.

Miley Cyrus

Miley Cyrus à la une de Harper Bazaar

Est-ce que Rihanna serait aussi adoubée si elle était issue d’une télé réalité ? Est-ce que Lady Gaga aurait été encensée si elle était issue d’un télé crochet ? Est-ce que Justin Bieber serait aussi conspué s’il avait commencé sa carrière à 25 plutôt qu’à 15 ? IL y a un vrai problème dans notre société du spectacle de rabaisser les gens suivant leur origine (sociale, médiatique, familiale). Rihanna a sorti Pour It Up, clip laid et vulgaire à base de twerk, de mélodie pauvre et de looks bien crignos. La surenchère recommence après la bataille Britney / XTina il y a quelques année, le combat moins provoc entre Lady Gaga et Katy Perry, voici que Rihanna toujours à la limite du bon goût, franchit une nouvelle limite que Miley a semble-t’il atteinte.
Prenons simplement en compte le produit final : la musique… quand on parle musique. Un artiste provoc n’agit jamais sur la qualité de la musique. C’est là le débat. Si Miley est une jeune femme splendide en une de Harpers Bazaar, vulgaire dans Wen Can’t Stop, transpirant le sexe dans 23, adepte du mauvais goût pour les nouvelles photos de Terry Richardson,  issue de l’usine Disney, trop jeune pour ci, trop choquante pour ça, est-ce que le résultat final sera différent en changeant une de ses variables ?