Danny Boyle est considéré comme un bon réalisateur voire très bon mais ne conjugue jamais ses talents avec des résultats au box-office faramineux. Outre Slumdog Millionnaire (aidé par les Oscars), aucun de ses films n’a vraiment fonctionné.

Pour 127 Heures, Boyle obtient sa deuxième nomination de suite en tant que  meilleur film. On peut rapprocher le film de Buried (2009) avec ce personnage bloqué malgré lui pendant une grosse partie du film. Mais si les ressemblances sont là, 127 heures est tirée d’une histoire vraie, hallucinante et hallucinée.

Le film débute avec un générique très bon les premières secondes mais finalement peu engageant par la suite. Qu’a t-il voulu montrer? La solitude du héros et la multitude des gens partout en tout temps ? Le héros n’est pas présenté comme seul dès le départ, la caractérisation n’est pas suffisante, Aron est juste un gars qui mord la vie à pleine dent, impression renforcée par le rythme de ce début de métrage qui est très bon grâce à un montage inspiré. Finalement, ce que le film va raconter et plutôt la sensation de solitude, la perte de repères plutôt que la quête de solitude par l’aventure humaine.

127 heures

©Pathé

La partie à trois personnages est un peu courte mais fraîche et n’apporte que peu de choses à part, encore et toujours, un peu de caractérisation de personnages. Boyle n’allait pas raconter 1h30 de solitude (même si Gravity le fait), il reste à la limite du film auteurisant et conceptuel. Nous basculons ensuite dans le côté calme et isolé du film. L’accident d’Aron se passe et nous voici pour une heure de solitude. J’ai eu du mal avec les quelques séquences hallucinées, le pourquoi de la scène des « à poil dans la voiture », la scène de la pluie, vraie ou non ? C’est souvent le cas dans les films employant ce procédé, je n’adhère jamais réellement à ce côté psyché trop rentre-dedans. Mais les scènes autour de la solitude de Franco sont vraiment excellentes. On peine avec lui, on souffre avec lui jusqu’à ce final impensable. Les rebondissements sont suffisament bons pour ne pas voir le temps passer et se sentir impuissant face au désespoir du personnage.
C’est pendant toutes ses séquences que l’on découvre le personnage plus profondément et qui a pour conséquence de se prendre d’affection pour Aron jusqu’à la scène attendue de charcutage, pénible pour les plus sensibles, nerveuse (c’est le cas…) pour les autres.

Les dix dernières minutes sont tendues, la musique est abrutissante mais correspond tout à fait à la scène. Le final, salvateur, conclut une heure et demie finalement hautement supportable. On sait tous l’issue de l’aventure mais la caméra de Boyle estime qu’il est judicieux de montrer les moindres détails. Le public stresse et est tendu comme un string durant cette scènes d’une tension palpable incroyable.
J’ai pensé à un Into The Wild (2007) à certains moments. D’ailleurs la barbe d’Aron semble un peu faignante comparée à celle de Christopher dans le film de Sean Penn. Le film n’est nullement long, nullement vide de sens. Bien entendu, si le film n’était pas basé sur une histoire vraie, il perdrait sûrement de sa saveur.

Si vous avez aimé Into the wild, Buried et c’est un excellent avant-goût pour Gravity.
Si vous n’aimez pas les films sur la solitude, l’enfermement et la torture mentale et physique, bref pour les sensibles, oubliez !