La grâce des brigants, neuvième roman de Véronique Ovaldé, sort aux éditions de l’Olivier en cette rentrée littéraire. Véronique Ovaldé est notamment l’auteur des très primés Ce que je sais de Vera Candida et Mon coeur transparent. Cette fois encore, les personnages et leurs histoires, leurs passés, sont au coeur de ce nouveau roman.

La grâce des brigants de Véronique Ovaldé commence en 1989. Maria Cristina Väätonen reçoit un appel téléphonique qui va la bouleverser. C’est sa mère, dont elle est sans nouvelles depuis tant d’années. Sa mère qu’elle a fui sans se retourner, sans retour possible, avec sa vie d’avant, son village de Lapérouse et la maison rose, cette maison de fous. Elle lui demande de venir chercher Peeleete, le jeune fils de sa soeur. Au fond d’elle-même, elle sait qu’il ne faut pas qu’elle retourne dans cette maison infernale. Cette maison qui lui rappelle tant de mauvais souvenirs. Mais est-ce la curiosité ? Le besoin de vérifier que ce qu’elle sait déjà est la réalité ? Maria Cristina prend un avion pour Lapérouse et va à la rencontre de cet enfant dont elle ignorait jusqu’à l’existence.

© Christian Kettiger

© Christian Kettiger

grace-des-brigants-couvVéronique Ovaldé nous raconte alors la vie incroyable de Maria Cristina. De ses origines à sa carrière internationale d’écrivaine renommée, le lecteur découvre les blessures profondes d’une enfance perturbée par la folie religieuse d’une mère dérangée et incapable d’aimer. Fuyant cette vie traumatisante, Maria Cristina découvrira alors Rafael Claramunt, l’écrivain qu’elle admire tant et qui va devenir son amant, puis son mentor.

Mais malgré les difficultés traversées dans sa jeunesse, la vie d’adulte de Maria Cristina ne s’annonce pas facile. Les blessures, les traumatismes se succèdent. A pas de géant, la voilà contrainte de mûrir, de faire face à ces drames de chaque jour. Ses rêves s’effritent, ses modèles s’avèrent moins fidèles qu’elle ne le pensait et la vie est finalement bien cruelle avec elle.

Avec La grâce des brigants, Véronique Ovaldé signe pour cette rentrée littéraire un roman puissant. Elle nous propose un personnage plein et tout en volonté. La volonté qui la sauvera de tout, qui la raccroche à la vie malgré tout. On regrette cependant la fin abrupte, qui nous laisse un goût de trop peu. On aurait aimé continuer à suivre les aventures de Maria Cristina et on comprend mal cette succession de hasards sortis de nulle part.