Présenté lors de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes et à Sundance, Magic Magic arrive en France le 28 aout alors qu’il n’est toujours pas annoncé aux Etats-Unis. Casting intéressant, histoire intrigante, Magic Magic promet un voyage hallucinatoire à la frontière de la folie…

Magic magic

©Wild Side

 

Sara (Emily Browing) invite son amie Alicia (Juno Temple) à venir passer quelques jours au Chili, loin de sa Californie natale. Elle y rencontre Agustin, Barbara et surtout Brink (Michael Cera, méconnaissable), un ado assez étrange au comportement troublant. Quand Sara doit s’absenter, Alicia se retrouve un peu isolée, loin de tout avec des gens parlant espagnol. Elle commence doucement à ne plus supporter l’endroit et les gens qui l’entourent.

A partir d’un pitch plutôt intéressant mêlant perte de repères et personnages étranges, Magic Magic se permet en quelques minutes d’installer une ambiance assez glauque et perverse, aidé par un Michael Cera à contre emploi. Alicia se retrouve quasiment piégée au Chili, dans un village perdu où les personnes qui l’entourent ne font rien pour la mettre à l’aise. Agustin parle espagnol à longueur de temps, Barbara semble ne pas apprécier Alicia, et Brink montre une attirance un peu glauque envers cette dernière. Quand Sara revient enfin, Alicia n’est déjà plus dans son état normal. Les pistes, exposées mais pas explorées, se permettent de perdre le spectateur rapidement. On s’attend à un gros twist, à une révélation sur l’état d’Alicia.

Pendant une heure, on croit que tous les personnages autour d’Alicia sont étranges. Mais la situation se retourne et il est évident qu’Alicia est dans un état sans repères. On se permet même de penser au détour de scènes que tout est issu de son esprit, que Brink est finalement normal ou que Barbara a du mal avec Alicia à cause d’une quelconque maladie ou handicap. Alicia est-elle trisomique et son apparence (fascinante Juno Temple) n’est qu’un leurre ? Est-elle folle et s’imagine t-elle un monde où elle ne se retrouve pas ?


Extrait 2 – Magic Magic – sortie le 28 août par LesBAdeVivalaCinema

Les indices pleuvent, les pistes partent à droite et à gauche. La thématique de la mort et celle du sexe s’entrecroisent et s’entrechoquent à l’aide de plusieurs artifices bien pensés. Les chiots abandonnés, l’avortement caché de Sara, la partie de chasse, l’hypnose qui tourne mal, sont autant d’indices qui poussent le film vers des thématiques très thriller psychologique dans lequel le spectateur va se perdre aussi. On attend une révélation surprenante sur Alicia et sa relation avec ces deux thèmes, mais il n’en est rien. Magic Magic ne fait qu’exposer ses scènes sans explorer ses thèmes.

Emily Browing, Michael Cera et Juno Temple interprètent des personnages à la limite du supportable. Leurs vacances semblent interminables, sans joie, et leurs rapports d’une tristesse sans nom. Sara, Agustin et Barbara sont fades au possible, Brink a une psychologie déviante à la limite de l’incohérence. Le film part dans un trip de magie noire en fin de film et se permet de perdre définitivement le spectateur et de rendre le tout trop confus. Le trip va trop loin, la promesse n’est pas tenue, Magic Magic ne tient pas assez la route pour fasciner vraiment.


Extrait 1 – Magic Magic sortie le 28 août par LesBAdeVivalaCinema