Nouveau film du protégé de Peter Jackson de l’époque, Neill Blomkamp, Elysium s’offre un univers proche de District 9 et un script qui en fera peut-être le blockbuster de l’année.

Los Angeles, 2154. La Terre est surpeuplée et trop polluée. Les populations doivent survivre, face à la misère grandissante et aux maladies. A l’inverse, les hommes et les femmes les plus fortunés habitent maintenant sur Elysium, une sorte de station spatiale aux allures de paradis. Les terriens qui n’ont pas les moyens d’acheter leur ticket pour Elysium ne peuvent absolument pas y mettre les pieds. Régulièrement, des vaisseaux non autorisés sont détruits par la Secrétaire à la Défense d’Elysium, miss Delacourt. So frenchie, so bitchy, Delacourt a d’ailleurs très envie de faire un petit coup d’état au sein de sa belle station, afin de renverser le président Patel et de prendre sa place.

© Sony Pictures Entertainment

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Sur Terre, il y a Max. Le jeune homme tente malgré tout de subsister, en volant quelques voitures par ci par là. Le souvenir un peu flou de son amoureuse d’enfance, Frey, l’aide à tenir psychologiquement. Petits, ils s’étaient promis d’aller un jour vivre sur Elysium. Ce doux rêve semble bien compromis, sachant que la petite fille de Frey souffre d’une leucémie à un stade avancé, et que Max est exposé à une dose mortelle de radiations dans le cadre de son travail. Ne lui reste qu’une solution pour vivre : se rendre sur Elysium et entrer dans une de ces fameuse « medbox » qui soignent tout, à condition d’être reconnu comme « citoyen » d’Elysium.

Une course poursuite vers Elysium bien menée par Matt Damon, saupoudrée d’un peu de stratégie interstellaire assurée par Jodie Foster. L’histoire, bien que peu originale, arrive à intéresser. Je ne me suis absolument pas ennuyée, grâce au rythme soutenu et sans cesse relancé. Les personnages ne sont pas inintéressants. Matt et Jodie ont le charisme qu’on leur connait ; pour les autres c’est un peu plus compliqué.

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Un mot enfin sur l’allégorie loupée, on imagine au début du film qu’il s’agit de traiter le thème de la ghettoïsation américaine, une image de l’eldorado que constituent les régions plus riches, auxquelles n’ont pas accès les plus pauvres. Les passages de clandestins des pays pauvres vers les pays riches… Non. Si les sujets semblent être abordés, ils ne sont pas emmenés loin. On a beau se forcer, l’empathie ne vient pas envers les personnages. Pour la petite Matilda malade, peut-être, et encore…

Un film évidemment très manichéen et limite donneur de leçons. Un suspens un peu loupé quant au destin des personnages, qu’ils soient gentils ou méchants. Néanmoins, si vous voulez vous changer les idées et que vous aimez les théories futuristes comme moi, ne vous privez pas de le voir.