Deuxième film écrit et realize par Josh Radnor (Ted dans How I Met Your Mother) et deuxième tentative de rétablir les codes de la comédie romantique en instaurant de l’authenticité plus que de l’intérêt. Liberal Arts met en scène la charmante Elizabeth Olsen dans une histoire d’amour à mi-chemin entre Last Kiss et Garden State.

Le titre VF est Love and other lessons…

Liberal Arts

© Strategic Motion Ventures

Si son premier a été récompensé à Sundance, Josh Radnor a enchainé avec un second film qui rappelle un peu ses préoccupations. On sent l’acteur intéressé par les métiers de l’art, la musique, le dessin, la littérature, chose qu’on voit ressortir aussi dans son personnage de Ted Mosby. Jesse Fisher est un fonctionnaire trentenaire qui revient dans son ancienne fac pour saluer un ancien professeur incarné par son nouvel ami Richard Jenkins (vu dans le précédent film de Radnor, Happythankyoumoreplease). Il rencontre Zibby (Elizabeth Olsen) 19 ans, étudiante. Partageant un vif intérêt pour la littérature et la musique classique, les deux vont correspondre par lettres jusqu’au jour où Zibby souhaite revoir Jesse. Leur relation va commencer et Jesse va se demander si l’âge est un facteur à risque, un nombre parmi d’autres ou juste un échelle pour vous situer dans votre vie.

Sans le fun de Last Kiss et le côté intimiste de Garden State, Radnor propose avec Liberal Arts une ZachBraffite (même si Braff n’a rien écrit pour Last Kiss) où l’on sent que le personnage est vraiment le pendant fictionnel de l’acteur. Liberal Arts parvient à être décomplexé, sincère et rythmé alors qu’il ne raconte rien d’autre qu’une histoire d’amour compliquée. Encore bien entouré (Allison Janney de Juno est là, ainsi que Zac Efron dans un rôle totalement décalé de conscience hippie), Radnor offre une histoire authentique où le message ne prend son sens qu’à la toute fin.

Liberal Arts

© Strategic Motion Ventures

L’âge est la thématique principal est, comme avec le personnage incarné par Zac Efron, sorte de jeune hippie hors du temps), nous sommes dans une histoire qui fait fi des différences et qui parle du cœur, du vrai. Evidemment, rien n’est facile quand un homme de 35 ans est attiré par une fille de 19 ans. Au détour d’une scène assez drôle, Jesse écrit sur papier les différents âges qu’ils ont et auront faisant passer la différence de 16 ans comme un chiffre bien moins important dans le futur.

Je découvre Elizabeth Olsen qui a explosé dans Martha Marcy May Marlene. Elle apporte toute la fraîcheur à son personnage qui aurait gagné à prendre un peu plus d’épaisseur. On ne sait pratiquement rien d’elle. Au détour d’une scène on aurait pu penser à une fille un peu naïve et jouant avec les hommes mais pas du tout. L’utilisation de correspondance épistolaire à défaut de téléphone ou d’e-mails donne un cachet différent et rend tout de suite son personnage moins caricatural, moins fondés sur des a-prioris.

Je n’ai pas été trop  touché par ce film sauf dans le message de fin qui dans une superbe scène remplie de tendresse, un personnage se demande si ca ne serait pas beau, finalement, de vieillir. Et ce message résonne finalement dans tout le film à travers les questionnements de Jesse et le personnage du professeur retraité Peter Hoberg joué par Richard Jenkins. il parle aussi à ceux qui ont rencontré des personnages qui leur correspondent et pour qui la différence d’âge n’a rien à faire dans l’équation.

Prof. Peter Hoberg: 19. Since I was 19, I have never felt not 19. But I shave my face, and I look in the mirror, and I’m forced to say, « This is not a 19-year-old staring back at me. »

[sighs]

Prof. Peter Hoberg: Teaching here all these years, I’ve had to be very clear with myself, that even when I’m surrounded by 19-year-olds, and I may have felt 19, I’m not 19 anymore. You follow me?

Jesse Fisher: Yeah.

Prof. Peter Hoberg: Nobody feels like an adult. It’s the world’s dirty secret.

Dans d’autres thématiques, la façon dont le film rend hommage à la musique classique est un peu vieux jeu, limite trop niais pour être crédible. Cela prend pas mal de minutes au film qui avait besoin de renforcer la relation entre les deux personnages. Finalement, l’évolution du couple n’a rien de bien excitant, le climax se situant dans une scène qui rappellera une scène entre Zach Braff et Rachel Bilson dans Last Kiss. La conclusion sera différente et le film ira se perdre dans un épilogue précipité.

Liberal Arts reste une jolie histoire portée par des comédiens encore formidables. Le film n’offre rien de nouveau mais parvient quand même à proposer quelque chose de frais car rondement bien mené. Radnor évolue dans sa mise en scène et rend justice à la beauté des décors naturels de l’Ohio. Les mouvements de caméra se font plus fluides, plus larges même si ça se révèle un peu artificiel pour ce genre de film, l’image est aussi plus lumineuse, plus chaude. Alors qu’il a coiffé au poteau Zach Braff au compteur, on peut vraiment parier que Radnor va être un réalisateur et scénariste à suivre s’il continue à proposer de jolis portraits générationnels même s’il reste encore une fois dans son personnage de trentenaire paumé.