Qu’est-ce que Happythankyoumoreplease ? Derrière ce titre à rallonge se cache la première réalisation de Josh Radnor aka Ted Mosby de la série How I Met Your Mother. Il en signe aussi le scénario et s’est entouré de beaucoup de beau monde. Serait-il le nouveau Zach Braff ?

Happythankyoumoreplease

© Paper Street Films

En voyant la liste des remerciements durant le générique de fin, on se dit que Radnor a de sacrés amis, comme Jenna Fischer (Pam dans The Office) ou Jennifer Morrison (Cameron dans House). Et en regardant le casting, on se dit aussi qu’il a du goût. La jolie et sous-estimée Malin Akerman (Watchmen), le parfait Richard Jenkins (Six Feet Under), Tony Hale (Arrested Development) ou encore Zoe Kazan (Elle s’appelle Ruby) constituent le gros du casting.

Sam Wexler est un romancier qui croise un jeune garçon perdu dans le métro. Il va se lier d’amitié avec lui et le garder chez lui quand il découvre qu’il n’a aucune famille. Il fait la connaissance de Mississippi (Kate Mara) dans un bar et le jeu de séduction commence. Les amis de Sam dont Annie, Catherine et Charlie cherchent aussi à se stabiliser dans leur vie amoureuse.

Derrière ce pitch un peu commun, Radnor joue la carte de l’originalité en ajoutant un artifice souvent délicat dans le cinéma, l’enfant. La relation qui va alors se former entre Sam et Rasheen va être le fil rouge du film qui voit ce petit monde se chercher à travers des tranches de vie. Si Annie est troublante en personne souffrante d’alopécie, Charlie et Catherine cherchent un sens à leur vie de couple à une période où on ne sait plus si on doit suivre l’autre. Finalement aucune personne n’a vraiment de situation clichée. Même le personnage de Wexler arrive à se sortir de sa relation avec une approche encore originale.

Happythankyoumoreplease

© Paper Street Films

Cependant Happythankyoumoreplease n’arrive pas à aller au-delà de son pitch. Rarement, le film ne se décidera à proposer des choses qui touchent. Il y a beaucoup de sincérité dans le film mais jamais d’éclat à l’image de la relation entre Mississippi et Sam qui perd de son charme au film du temps ?

Happythankyoumoreplease propose alors pendant une heure et demie des portraits de personnages un peu paumés dans l’immensité de New-York. Ni choral, ni vraiment intimiste, Happythankyoumoreplease est le parfait exemple d’une génération à l’instant T. Les personnages se croisent, s’écoutent mais n’interviennent que rarement dans la vie des autres. Le film se conclura en happy end avec le sentiment qu’il y avait des pistes à explorer en profondeur. Est-ce que l’ajout de l’enfant n’a-t-il pas simplement freiné les ambitions ? Le personnage d’Annie a ce côté exemplaire où le pathos n’est pas entièrement centré sur elle. Elle n’est pas séropositive, elle n’est pas en chimio, elle est chauve à cause d’une maladie rarement traitée au cinéma. Ce choix permet de ne pas proposer des ressorts dramatiques trop éculés. Radnor l’a compris en jouant sur des dialogues jamais lourds, toujours dans le sens de la scène et de l’histoire. IL ne se perd pas et propose une histoire si ce n’est touchante, peut-être authentique.

Happythankyoumoreplease respecte ses personnages, ses ambitions scénaristiques. Le film ne brille pas par sa réalisation académique mais les acteurs sont tous très juste. Le seul bémol est que l’on croise encore le personnage trentenaire un peu perdu que l’on connait depuis 9 ans dans How I Met Your Mother incarné par Josh Radnor.

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