Sixième fois que Hugh Jackman enfile le costume de Wolverine ce qui en fait avec Robert Downey Jr. l’un des plus « capés ». Après une brève apparition clin d’oeil dans l’efficace X-Men First Class, Wolverine revient pour un nouveau chapitre qui se place après les évènements de X-Men 3 Last Stand. Considéré comme raté, X-Men Origins : Wolverine a laissé un goût amer dans la bouche des fans de Serval. Qu’en est-il avec James Mangold (Copland, Identity, Walk The Line) à la barre ?

Wolverine

©20thCenturyFox

Wolverine, l’immortel, errer sans vrai but et se retrouve tel un ermite dans la forêt. barbe de trois mois, cheveux sales, Wolverine vit reclu pour ne pas faire souffrir les gens qu’il pourrait apprécier comme son aimée Jean Grey, morte dans le précédent X-Men 3. Rappelé au Japon pour dire au-revoir à un vieux camarade, il se retrouve embarqué dans une traque avec yakuzas, super-vilaine et ninjas.

Loin d’être un adepte des films japonisant et pas du tout excité par ce Wolverine : le combat de l’immortel, je n’ai pas été déçu… par mon jugement pré-conçu. Effectivement, l’environnement Japonais n’a clairement pas mon adhérence, trouvant ce monde étouffant, individualiste, ancré dans un modernisme et une tradition troublants. De plus, j’ai toujours trouvé les acteurs asiatiques inintéressants, figés et sans aucun charisme. Me voilà donc bien paré pour apprécier ce Wolverine !

James Mangold est un bon faiseur d’images après le polar brut, le biopic parfait ou encore le thriller paranormal bien chiadé et le voir embarqué dans un film de super-héros est quelque peu déroutant. Darren Aronofsky (Black Swan) était rattaché au projet pendant quelques temps mais depuis le succès du film avec Natalie Portman, il n’a plus besoin d’un film hollywoodien pour se faire un nom. Hugh Jackman, lui, reste fidèle au personnage qu’il considère comme le plus profond qu’il a pu incarner.

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Le moins que l’on puisse dire c’est que ce film est clairement à mille lieux d’un Avengers ou d’un man of Steel et même d’un Spider-man. Nous sommes clairement dans un film à la Dark Knight, privilégiant une atmosphère plutôt qu’une histoire. Si on cherche un film de super-héros réaliste, oui, nous y sommes bien. A vrai dire, un peu trop puisque rien de bien science-fiction ne transparait. L’ajout d’une méchante nommée la Vipère et de quelques gimmicks technologiques ne parviennent jamais à offrir une identité intéressante. Nous sommes vraiment dans un film de base avec une histoire de vengeance et de kidnapping dans les milieux mafieux et familiaux maintes fois rincés.
Aussi la menace réelle n’a clairement pas d’existence propre. Wolverine n’a aucun bad guy, c’est lui-même qui va à l’affrontement puisqu’il s’amourache d’une jeune et jolie asiatique. Aucun Zod ou Loki pour barrer la route au héros, Wolverine s’occupe comme il peut. Ce manque cruel d’envergure et d’ambition se ressent à chaque scène surtout que le film est assez prolixe. Ca parle pendant de longues minutes sur les enjeux, explique les situations, sonde les émotions, les ressentis alors que les images de James Mangold peuvent raconter beaucoup plus. Il n’y a qu’à voir les dix premières minutes pour s’en convaincre. La scène d’introduction est plutôt bien troussée et la suite permet de retrouver l’aspect ermite que l’on pouvait ressentir dans les teasers de Man Of Steel. On ressent la solitude du héros, sa quête d’apaisement et esthétiquement, chaque plan est d’une beauté manifeste. par la suite, on se retrouve dans un film très basique, sans âme et qui prend trop son temps.

Wolverine

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On retrouve un Hugh Jackman toujours aussi en forme et charismatique. A ses côtés,  La Vipère est une sorte de Poison Ivy du pauvre qui d’ailleurs apporte un peu de fraîcheur dans le film mais elle est bien trop présente pour satisfaire un peu le spectateur. Dans des apparitions un peu redondantes, elle n’arrive pas à imposer son personnage dans un conglomérat de yakuzas insipides. En parlant de redondance, malgré une scène de combat sur un train qui réveille, il y a une suite de scènes miroirs assez énervantes. Avec cette fâcheuse tendance à ce que Wolverine se prenne une rouste, on se retrouve toujours avec le schéma du combat perdu, du réveil de Logan, du rêve avec Jean Grey (la trop rare Famke Janssen) … Jean Grey qui lui apparaît dans des séquences oniriques où le trauma de sa mort est omniprésent et apporte un peu d’épaisseur encore au personnage de Logan qui ne se retiendra pas de céder aux charmes de la jeune Maroko…

Dans un climax présent pour réveiller le public, on nous offre une menace un peu décalée avec un final qui contraste avec la volonté d’être plus posé durant les 2 heures précédentes. La Vipère (incarnée par une russe sculpturale), Wolverine et un samouraï robot géant se battent dans un complexe futuriste.Après avoir vu Pacific Rim et ses jaegers géants et Man Of Steel avec un Zod destructeur, on peut trouver ce final quelque peu fade. Il est clair que ce Wolverine de la Fox est loin de la volonté assumée de Warner et Marvel d’offrir un univers spectaculaire. La Fox avec sa franchise X-Men arrive doucement à imposer une patte sérieuse, sans poudre aux yeux dans le monde des super-héros. Pourtant Wolverine considéré comme le personnage le plus intéressant de l’univers X-Men, est présenté dans des films de moins en moins impressionnants voir intéréssants. Plus on se concentre sur le personnage, moins le film est pertinent. Etrange. Reste qu’une scène post-générique fait le lien avec X-Men Days of Future Past, et qui ne fait que rendre l’attente plus longue pour découvrir ce film.Quand on pense que Hugh Jackman souhaite un film choral avec les héros Marvel, on peut s’attendre sûrement à un bouquet final quand la mode des films de superhéros sera terminée.

Wolverine est un film bavard, long et à peine divertissant pour rivaliser avec les gros films de l’été et les films de super-héros. IL ne fait pas honneur au roman graphique de Frank Miller et on se demande si Aronofsky n’aurait pas redonner ses lettres de noblesse au titre. La Fox joue clairement dans une autre cours et c’est plutôt intéressant dans l’idée,il y a l’art mais il manque la manière.