The Bling Ring : Le cinéma du vide… euh de Sofia Coppola, un cinéma respecté et respectable mais qui cache quand même quelque chose de formidable : la culture du vide par le beau.

5 films et 5 façons de raconter que la vie a besoin d’autre chose que de la superficialité et du matériel pour avoir un sens tout en montrant son contraire. Avec The Bling Ring, Somewhere, Marie-Antoinette, Lost In translation, Virgin Suicides , Coppola montre des personnages en mal de sensations, se basant sur la possession, l’apparence, plutôt que l’obtention et la découverte propres.

The Bling Ring

©Pathé

Avec The Bling Ring, Coppola part d’un fait divers pour en faire un film sans réelle vision. Le constat est là mais Coppola préfère ne pas dénoncer et propose un portrait avec ses défauts et ses qualités. Il reste au spectateur de savoir si le film est pertinent et réussi. Aimer les films de Sofia Coppola c’est un peu comme aimer un méchant. Soit on l’aime car on aimerait être lui, soit on l’aime car on aime le personnage et la fascination que l’on a. Pour The Bling Ring, je pense sincèrement que beaucoup de jeunes filles vont adorer car les filles ont le “swag”, qu’il y a de la bonne musique, qu’elles sont jolies, qu’elles font la fête. Certes, c’est faire un jugement un peu hâtif et faire passer certains spectateurs pour des cons mais au-delà de ça, il existe vraiment deux façons d’aimer les Coppola. Je caricature cependant beaucoup, en outre il est évident que ce genre de jugement apparaît.

Cet avis montre t-il que le film touche juste ? Et qu’aimer ces personnages c’est se voir à travers eux et définir sa vie comme une simple succession de moments un peu rythmés, fous mais nullement constructifs ? Cela va plus loin bien évidemment : les personnages de ce film, les personnes de ce fait divers, ne réfléchissaient pas du tout. Cette génération connectée, amatrice du moment présent, de la non-réflexion et du being et having, démontre bien qu’il n’y a rien au delà de leurs choix irréfléchis. Les personnages sont d’une bêtise telle que l’on serait fou de ne pas se facepalmer pendant tout le film. Coppola n’est pas aussi idiote que ses personnages, elle arrive à se détacher et à démontrer que la superficialité de ces personnages n’ont d’égal que l’importance réelle des faits. Le danger n’a plus lieu d’être et c’est d’ailleurs pertinent durant The Bling Ring tellement il est facile pour Nicki et sa bande de pénétrer dans les maisons sans surveillance, ouvertes et accueillantes malgré elles.

The Bling Ring

©Pathé

Ce fait divers paraît si irréaliste qu’il en devient stupide. The Bling Ring a l’intelligence, lui, de se mettre à la hauteur des faits et de pointer du doigt la bêtise des personnages. Le seul vrai message est cette distance que l’on ressent durant les témoignages des voleurs. Le script très linéaire et répétitif ne propose pas d’enquête, de quête ou d’histoires solides. Il relate simplement le fait qu’une bande d’ados s’occupait en allant voler les stars et en s’affichant quotidiennement sur les réseaux sociaux. Pas de réalisation affolée, de désir de proposer du spectacle, mais à travers quelques plans, Coppola crée la distance indispensable sur l’évènement.

The Bling Ring est un film de son temps, il montre une jeunesse avide de garder en mémoire (par les photos prises constamment et par la publication de celles-ci) les moments furtifs, les clichés d’une vie qui semble aller trop vite. Si le film suit une seule idée et ne va pas plus loin en offrant des successions de scènes de vols et d’autocongratulations, c’est avant tout pour laisser libre court au fait divers en lui-même, suffisamment idiot et pertinent pour se justifier. Si vous êtes allergique aux “Oh My God, look at this dress”, “It’s perfect”, “Hey bitches”, passez votre chemin, le film reflète la génération actuelle. Emma Watson joue la parfaite garce superficielle, entourée de jeunes trop bien habillés pour être honnêtes.

The Bling Ring n’ennuie jamais, est beau, bien fait, écrit sans artifice, mais il y a toujours ce semi-détachement de la part de Sofia Coppola qui agace un tantinet. Parler de la superficialité (gloire du vide par le surplus) avec justement un survol caractérisé par le cinéma de Coppola, c’est un peu montrer une bouteille vide à un alcoolique.