MAJ du 25/06/2013 : Le film s’appellera finalement Le Dernier Pub Avant la Fin du Monde et sortira le 28 aout.

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« ,Elle est presque là, la fin de la trilogie lancée par le fou british Edgar Wright! « The World’s End » devrait arriver mi-juillet outre-Manche et outre-Atlantique, et Universal France a fixé une date de sortie au 16 octobre prochain. Mais déjà, les fans français du réalisateur de « Scott Pilgrim vs. The World » s’inquiètent: et si la carrière du film en France était morte-née avant même sa sortie?

Un titre français malvenu?

En effet, en plus d’une date de sortie, Universal a discrètement ajouté un titre français au film: Le Dernier Bar Avant la Fin du Monde. Assez mal venu, lorsqu’on sait qu’un bar parisien porte le même nom… Pas facile pour le référencement à venir, et rien ne dit que les propriétaires de l’établissement seront ravis du clin d’oeil… Il n’en reste pas moins que, contrairement à beaucoup d’autres traductions françaises honteuses, ou lorgnant vers le WTF lorsqu’elles utilisent un autre titre en anglais, « Le Dernier Bar Avant la Fin Du Monde » n’est pas forcément une mauvaise traduction. En effet, « World’s End », de nom, rappelle au cinéphile lambda à la fois les films de science-fiction apocalyptiques, ou encore le troisième volet de Pirates des Caraïbes ». Or, le pitch est d’abord une comédie, les retrouvailles de potes qui se sont perdus de vue et décident de faire une tournée de pubs mythiques…. en provoquant, qui sait, l’Apocalypse autour d’eux. On parle bien de bar, de comédie, et le titre ne semble pas vendre un film différent. Mais même si cela n’est donc pas forcément un mauvais départ pour une campagne marketing, Edgar Wright a, bien malgré lui, un lourd passif dans l’Hexagone.


Les séquelles de « Scott Pilgrim »?

En effet, son dernier film, Scott Pilgrim, avait fait l’objet d’une même stratégie de sortie en juillet, avec une avant-première mémorable au Comic-Con de San Diego et un film ne faisant pas mystère de ses multiples références à la culture « gamer » et aux jeux vidéo. Malheureusement, l’échec a été assez cuisant: à peine 10 millions de dollars aux Etats-Unis pour un budget de 60 millions, sans compter le marketing. Selon Box Office Mojo, la carrière internationale du film emmené par Michael Cera s’est terminée avec 47 millions de dollars de recettes seulement. Pas vraiment de quoi parier sur Wright et ses concepts du point de vue des financiers. En France, la sortie qui était prévue mi-octobre a été repoussée à début décembre, ce que certains ont vu comme une incitation certaine au piratage, ou à se procurer le Blu-Ray sorti un mois auparavant.

Et que dire des précédents films de la « trilogie Cornetto« , avec Simon Pegg et Nick Frost dans les rôles principaux? « Shaun of The Dead » est sorti en juillet 2005, en plein été, plus d’un an après sa sortie en Angleterre. Selon IMDB, il a péniblement dépassé les 100 000 entrées en 3 semaines. Et il fallut attendre 8 mois de plus pour le DVD…. et jusqu’à début 2011 pour un Blu-Ray. Même chose pour Hot Fuzz, à nouveau sorti en plein été, apparemment dans à peine 150 salles, et reparti aussi vite qu’il était venu. Pourtant, c’était le plus « bankable » de tous les films de Wright, avec 80 millions de recettes à travers le monde, et un pastiche de films d’action très attrayant pour n’importe quel cinéphile. De plus, ses diffusions télé en clair, permettant de toucher un plus large public, sont absentes. Comparé aux autres comédies « british » comme les Bridget Jones, ou les films de Richard Curtis, il y a un gouffre.

Quelques chiffres qui ne parlent pas beaucoup, à part que la carrière française de Wright a été écourtée à plusieurs reprises. Mais il y a de quoi avoir de l’espoir: Simon Pegg est devenu une star internationale grâce à JJ Abrams et sa présence dans les « Mission: Impossible » et « Star Trek Into Darkness ». Et « Paul », comédie produite par Universal (qui distribue World’s End), sorti en 2011, a atteint 700 000 entrées. Mais là, le marketing était plus mis sur le concept (un alien rigolo et plus vrai que nature) que sur les prouesses du duo Pegg/Frost. Il est encore trop tôt pour savoir quels moyens vont être déployés pour promouvoir World’s End. Mais il y a fort à parier que le public étudiant, qui viendra de faire sa rentrée, est essentiel dans le succès du film.