Critique à huit mains pour SmallThings qui revient des concerts de Muse au Stade de France devant plus de 70.000 personnes.

Wit, le pas trop fan

Je m’étais décidé à aller voir Muse au Stade de France pour deux raisons : Fun. et Paramore ! En effet, les deux premières parties allaient justifier, pour moi, le prix de 60 euros la place. Oui, le Stade de France vaut ce prix, oui le spectacle vaut ce prix, mais n’étant pas admirateur de Muse, c’était un peu mieux d’avoir d’autres groupes que j’apprécie pour ce mini-festoche 😉

16h, j’attends porte R. Le temps file et il est 17h15, les portes s’ouvrent, il y a déjà beaucoup plus de personnes devant la scène que de gens qui attendaient aux portes les plus proches, allez comprendre… Loin de frôler l’hystérie, le public est déjà massé au plus près, cherchant à grappiller un mètre ou deux pour ne voir que les membres et non la scène. N’opposant aucune résistance, je laisse passer les gens. Je me retrouve avec un géant de 2m30 et 180 kilos à côté de moi.

L’heure est déjà à FUN., les ayant loupés lors de leur passage la veille ou il y a quelques mois à Paris à cause d’un prix exorbitant, c’était avec un plaisir non dissimulé que je les attendais. Je découvre le groupe avec des yeux nouveaux. Le leader arrive avec sa casquette et ses lunettes et les premières notes de One Foot se font entendre. La jolie Emily Moore arborant une coupe garçonne blonde était souvent sur les écrans géants de l’immense mur noir monté sur la scène. Setlist de 6/7 titres dont le fameux We Are Young repris par le Stade pas encore rempli : le concert de Fun. a fait du bien à tout le monde.

30 minutes plus tard, c’est au tour du trio Paramore de faire son entrée avec Hayley Williams en tenue de… on ne sait pas trop en fait mais elle a ébloui tout le monde par son énergie. Débutant par Misery Business, le groupe qui a sorti son quatrième album éponyme cette année a proposé une setlist éclectique mais jamais pertinente. L’ajout de My Only Exception a été l’erreur à ne pas faire. Trop molle, le titre a endormi un peu le Stade. Les nouvelles chansons du trio comme Now ou Still Into You donnent très bien en live, notamment la dernière qui a conclu une setlist un peu plus longue que Fun.. La lumière des étoiles (Oui vous l’avez compris, je tente de mettre des titres de Muse dans l’article) n’a pas encore fait son apparition que le concert de Muse va débuter sous un temps plutôt clément.

Muse

©ParamoreItalia

Il est temps de patienter pour le gros morceau. Muse arrive à 21h15, le Stade est plein à craquer, le grand mur noir se transforme en gigantesque écran où apparaît un système de centrale nucléaire au coeur irradiant : le tout est du plus bel effet. Le trio est accueilli avec les honneurs qu’il se doit, c’est la folie. Le succès croissant a permis au groupe de devenir l’un des groupes, si ce n’est le groupe, phares de la scène rock.

Avant le concert, un fan de longue date belge m’indiquait qu’il était bien évidemment déçu par la tournure gros spectacle du groupe et qu’il se rappelle des concerts dans des petites salles où le trio jouait quasiment dos au public, mais il se devait d’être là après un concert à Werchter un peu décevant.

Pas évident de rentrer dans le concert quand on ne connait que les chansons les plus connues, d’où une petite perte d’intérêt au milieu du show qui durait quand même 2h20. Matthew Bellamy ne perd pas de temps à interagir avec le public comme peut le faire un peu trop souvent un Billie Joe Armstrong de Green Day. Le show est millimétré, les chansons s’enchaînent et un petit « Bonjour Paris » se fait entendre à de rares occasions. Niveau spectacle, entre projections géantes, fumées, flammes, acteurs sur scènes pour certaines chansons pour un fil rouge sur le monde corrompu et le business (étrange quand on voit la machine de ce 2nd Law Tour), ce concert assure un show visuel et sonore de grande classe. On peut regretter les petites étoiles / météores parsemées sur les côtés de la scène qui ne sont pas du plus bel effet. Cependant, le tout manque un peu de beauté visuelle, c’est riche mais un poil kitsch entre des animations infographiques un poil dépassées, des effets de lumières plus ou moins inspirés et des scénographies toutes différentes. On passe d’une jeune femme s’aspergeant d’essence sur scène à une ampoule géante d’où sort une danseuse ou encore un homme d’affaires jetant des billets au public (un canon en enverra beaucoup plus vers la foule). Le spectacle n’hésite pas à brosser tous les pans du spectacle visuel, c’est dynamique, millimétré mais ça manque un petit peu de beauté plastique finalement.

Muse

©DR

Niveau sonore, rien à dire, Bellamy assure : ils ne sont que trois sur scène et cette rumeur de bande son en playback revient en tête, on ne peut pas leur en vouloir, on ne peut JAMAIS produire le même son qu’en studio sur scène avec le groupe seul. Etant à quinze mètres de la scène, je n’ai pas trop ressenti le même son que ceux qui étaient en gradins. L’écho ultra présent pendant Fun. ne s’entendait plus au milieu des cris de la foule totalement conquise.

Gros show, chansons énergiques à l’ambiance lourde, aux guitares énormes, Muse a fait le travail. L’orientation électro du groupe qui avait divisé s’inscrit finalement parfaitement dans la scénographie et le ton général du spectacle. Quelques interludes m’ont scotché devant la puissance rock produite et bien entendu les plus gros tubes du groupe m’ont conquis.

23h20 : il est temps de quitter l’enceinte qui s’évacue rapidement. Ce fut un des concerts les plus aboutis que j’ai vu, tant par la mise en scène que par la qualité musicale. Le groupe a les moyens d’offrir ça à son public, qu’ils en profitent !

Muse

© Claire, depuis les gradins

Ceci, la très très fan

Beaucoup disent que Muse est devenu un groupe carré. Il est vrai qu’au fil des années leurs concerts sont devenus plus professionnels, plus travaillés. On est loin de l’époque où Matt était entré dans le Guiness Book des records en tant qu’artiste ayant cassé le plus grand nombre de guitares sur scène.

Leurs concerts prennent une autre dimension. On ne se trouve plus dans la configuration Matt-Dom-Chris / guitare-batterie-basse. Il y a plus d’interactions avec le public. Matt laisse la guitare à Chris et parfois même le micro. Des arrangements de chansons sont revisités (les connaisseurs ont été surpris de ne pas voir Matt s’asseoir au piano pour l’intro de New born). Matt chante seulement avec le micro. Un côté moins rock et plus pop.

Muse est devenu carré mais reste fidèle à son esprit. C’est un groupe de scène. Qui aime ça. Qui le montre et qui s’amuse.
Muse à pris des orientations qui ont pu décevoir. L’esprit brut de décoffrage de « Origin of Symetry » a laissé place à des albums plus matures parlant d’invasions extraterrestres, d’un monde corrompu et contrôlé par l’argent, etc.
Muse suit ses envies tout en restant Muse. Toujours rock flamboyant par moment, expérimental parfois (introduction du dubstep sur le dernier album), progressif. Leurs choix sont discutables mais ce qui est sûr, c’est que le groupe à réussi à soulever deux soirs de suite une foule de près de 80.000 personnes. Les fans sont présents, les moins fans aussi, mais ils sont conquis. Les tribunes tremblent.

Projet de fan : le tifo lumineux fait avec des centaines de ballons lumineux. La réaction du groupe est au rendez-vous. Il y a toujours eu une relation privilégiée entre Muse et la France. Le groupe a marché ici avant d’avoir du succès en Angleterre.

Muse

Projet ambitieux, coûteux et organisé

Muse apporte au public ce qu’il attend. Une belle scène, des effets pyrotechniques, un robot géant… Muse change aussi sa setlist pour les inconditionnels qui viennent les deux soirs… Les chansons du dernier album « The 2nd law » forment une base qui ne change pas. Le groupe agrémente avec des chansons du premier album, un Dead star (B-side de Origin of Symetry) qui surprendra et mettra le public on fire 😉 Les tubes qui ont fait le succès du groupe sont joués : Time is running out, Bliss, Plug in baby, Hysteria, Supermassive Black Hole, Starlight, Resistance, Stockholm Syndrome, Butterflies and Hurricanes

Les fans regretteront peut-être l’absence de chansons moins connues mais qu’ils aiment et qui les rendraient fous. Des chansons inédites. Qui leur donneraient la sensation d’avoir assisté à un concert unique.

Muse

© Claire, toujours en gradins

Claire, l’assez fan

Je n’ai pas grand chose à ajouter, si ce n’est la gêne ressentie vis-à-vis du son. L’inconvénient de jouer en Stade quand il y a beaucoup de vent (comme c’est le cas en ce sympathique mois de juin parisien).

Personnellement, je ne me considère pas comme une grande fan de Muse, mais je m’y connais pas mal. Je pense les avoir vus une petite dizaine de fois, depuis les années 2004-2005 dont un concert à Prague, pour moi le meilleur : le plaisir et l’exotisme de les voir jouer dans une ville étrangère et de rire à leur « Good evening Praha ! ».

Ce qui ressort pour moi de leur concert au Stade de France, c’est la « facilité » et la fluidité de leur prestation. Contents d’être acclamés, j’ai pourtant eu quelquefois l’impression qu’ils avaient enclenché le mode automatique. C’est peut-être l’effet « Paris ». Car, si tout a commencé en France pour eux (comme nous le rappelle Ceci Lia plus haut), n’y aurait-il pas un petit côté « terrain conquis » lorsqu’il arrive sur la scène et constate que le public est toujours au rendez-vous et aussi enthousiaste ? Je n’avais pas ressenti cela à Prague (première fois qu’ils jouaient dans cette ville en novembre dernier).

Malgré tout, ils débordent toujours d’énergie : c’est indéniable. La prolongation de la scène jusqu’au centre de la fosse est bienvenue. Matthew et Chris y font des allers-retours (plus difficile pour notre pauvre Dom et sa batterie). Matthew descend même saluer les fans debouts depuis des heures pour les voir de très près. Ils ont joué la plupart de mes chansons préférées pour mon plus grand bonheur.

D’après Ceci (source très fiable), il s’agissait de leur dernier concert en France avant 3 ou 4 ans. De quoi me rendre nostalgique des bons moments que j’ai passés avant-pendant leurs différents concerts… le festival de Versailles, les incroyables Bercy, la journée à Arras, le concert privé au Théâtre du Châtelet… à bientôt pour de nouvelles aventures 🙂 *verse une larme*

Muse

© Claire, toujours en gradins décidément

Audrey GDD, l’amatrice

Je ne suis pas à proprement parler une fan inconditionnelle de Muse. J’aime bien, nuance ! Il y a quelques années maintenant, mon ami Dinalant, mélomane aventureux, m’a parlé de Muse, j’ai écouté, j’ai aimé ! Et puis j’ai lâché.

C’est donc un peu néophyte que je suis allé au Stade de France voir leur concert (même si j’en ai déajà vu un il n’y a pas très longtemps).

Ce qu’on peut en dire, c’est que beaucoup d’énergie est dépensée par le groupe, et la scène du Stade est bien utilisée ! (Les nombreuse courses d’un bout à l’autre de l’espace scénique sont assez impressionnantes !) C’est toujours agréable de voir des gens contents d’être venus donner une représentation ! (et ce n’est pas toujours le cas chez les artistes… Madonna, si tu me lis…)

Beaucoup de moyens et de feux d’artifices plus tard, ce qu’il en reste pour moi, ce sont des chansons des premiers albums, que je n’avais pas entendues depuis longtemps, chantées avec beaucoup de cœur, un public qui a eu du mal à démarrer mais qui finit debout, Matthew Bellamy a fait son job en prenant soin de venir voir le public. Il descend même de sa scène pour toucher quelques paumes de main !

Par contre, le son au Stade de France… euh… comment dire : qui avait mis des draps sur les baffles ? Moi ça m’a quand même un peu gênée de ne pas pouvoir écouter mon Feeling good avec toutes mes oreilles ! Je ne sais pas à quoi ça tenait mais le son était comme étouffé ! Pour être plus précise, on avait même l’impression que le vent emportait le son.

J’ai eu la chance de voir Muse à Prague (oui, un gang de SmallThings s’était déplacé là-bas !) dans une plus petite salle, et par rapport au son, j’ai préféré. Dommage, car les quelques flammes et autres réjouissance pyrotechniques m’ont tout de même bien plu (oui moi j’aime bien le « kitschouille »).

En bref, un concert digne de ce nom, avec des artistes au taquet, des musiciens excellents et une bonne ambiance (sans parler de l’encyclopédie Ceci Lia, toujours là pour vous donner LA bonne info de la soirée !).

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Setlist de vendredi 21 juin 2013

  1. The 2nd Law: Unsustainable
  2. Supremacy
  3. Supermassive Black Hole
  4. Panic Station
  5. Bliss
  6. Resistance
  7. Animals
  8. Knights of Cydonia
  9. Dracula Mountain
    (Lightning Bolt cover)
  10. Sunburn
  11. Interlude
  12. Hysteria
  13. Monty Jam
  14. Feeling Good
    (Leslie Bricusse & Anthony Newley cover)
  15. Follow Me
  16. Liquid State
  17. Madness
  18. Time Is Running Out
    (House of the Rising Sun intro)
  19. Stockholm Syndrome
    (Rage Against the Machine’s Freedom outro)
  20. Unintended
  21. Blackout
  22. Guiding Light
  23. Undisclosed Desires
  24. The 2nd Law: Unsustainable
  25. Plug In Baby
  26. Survival
  27. The 2nd Law: Isolated System
  28.  Uprising
  29. Starlight

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Setlist de samedi 22 juin 2013

  1. The 2nd Law: Unsustainable
  2. Supremacy
  3. Panic Station
  4. Plug In Baby
  5. Map of the Problematique
  6. Resistance
  7. Animals
  8. Knights of Cydonia
  9. Dracula Mountain
    (Lightning Bolt cover)
  10. United States of Eurasia
  11. Butterflies & Hurricanes
  12. Monty Jam
  13. Feeling Good
    (Leslie Bricusse & Anthony Newley cover)
  14. Follow Me
  15. Liquid State
  16. Madness
  17. Time Is Running Out
  18. Dead Star
  19. New Born
    (Ashamed outro)
  20. Unintended
  21. Blackout
  22. Undisclosed Desires
  23. The 2nd Law: Unsustainable
  24. Supermassive Black Hole
  25. Survival
  26. The 2nd Law: Isolated System
  27. Uprising
  28. Starlight

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