Star Trek 2009 fut une très bonne surprise pour ma part. Ne connaissant que les bases de l’univers, j’étais agréablement conquis par le film de JJ Abrams. Le casting était vraiment bon et le film avait l’intelligence de raconter une histoire originale et rythmée. Cette année, Abrams récidive. Le monsieur qui va s’occuper de Star Wars 7, chez l’ennemi, propose un Star Trek Into Darkness avec le même casting et un méchant interprété par le nouvellement charismatique et connu Benedict Cumberbatch (Sherlock), sorte de clone de Bryan Singer sous acide.

Star Trek Into Darkness commence et surprend en deux secondes. Un zoom nerveux vient déjà emballer l’image. Ce gimmick totalement dénué de substance depuis quelques années a le don de m’exaspérer. Ici, à peine commencé, le film perd déjà des points. Je chipote mais niveau esthétique JJ Abrams a quelques réflexes dispensables. On y reviendra.

Star Trek Into Darkness

©Paramount / Bad Robot

 

La scène d’introduction débarque sans aucune explication. On ne sait pas trop pourquoi Kirk et McCoy ont dérobé une carte alien, ni les conséquences véritables, en tout cas, visuellement ça claque. La 3D est immersive ( Into Darkness a été converti), les couleurs éclatantes et le montage nerveux. Les décors de Londres futuriste, les intérieurs des vaisseaux ou le visuel spatial sont beaux et l’Enterprise a de la gueule.

On retrouve avec plaisir tout le casting qui est quasi parfait. Zachary Quinto retrouve les oreilles de Spock et on jubile à chaque scène où il va faire preuve de Spockisme. Chris Pine retrouve l’uniforme de Kirk sans esbroufe. Oui l’humour dans ce Star Trek n’est pas vraiment palpable à part une scène de chamailleries entre Uhura, Spock et Kirk mais pas de second degré bien présent. Kirk ne s’intéresse plus trop aux femmes passé le début, Scotty surjoue au possible avec le nouvel insupportable Simon Pegg (qui a pris un coup de vieux), on perd un peu de ce qui faisaient les personnages du premier. Restent Karl Urban, Anton Yelchin, Zoé Saldana et John Cho qui tentent de survivre à la surprésence du duo de tête. Yelchin tourne en rond, Urban fronce les sourcils et Saldana est toujours effrayée. Maigre bilan. Il n’y a guère que Quinto qui semble habité par son rôle.

Pas de chance pour le supporting cast de Into Darkness qui a de la gueule mais le script n’aide pas du tout les personnages et ne permet à peine de faire naitre une quelconque alchimie. Les scénariste ont, semble t-il, cru que les acquis du premier suffisaient pour créer un effet de groupe. Les personnages secondaires ne vivent que par le biais de Spock ou Kirk. Pour un effet choral, il faut avant tout créer des personnages secondaires plus étoffés. Dommage, le film aurait gagné à rendre l’ensemble plus concret.

Into Darkness multiplie les morceaux de bravoure, appuyé par un score de Giacchino peu inspiré qui souligne au gros marqueur les intentions du script. Ainsi l’apparition du bad guy est accompagné d’un gros son. Doit-on déjà avoir peur d’un personnage qui apparaît pour la première fois sans background aucun ?
En parlant de chose appuyée, la première scène avec Kirk et McCoy me rappelle un peu trop celle de Obi-Wan Kenobi et Qui-Gon Jinn dans Star Wars 1 où on starifie leur apparition dans une même chorégraphie.

Star Trek Into Darkness

©Paramount/Bad Robot

Into Darkness est suffisamment divertissant et enchaîne les scènes avec un rythme impeccable. Tout est plastiquement superbe mis à part des lens-flares à foison et en 3D, je peux vous dire que c’est encore plus voyant. Moins épique que le premier, Star Trek Into Darkness possède en plus un climax assez mou et prévisible et une fin expédiée alors qu’il aurait été intéressant -et le film aurait gagné en intensité- de poursuivre sur le sauvetage du personnage en difficulté à la fin du film. La grosse révélation qui a fait frémir les Trekkers et Trekkies du monde entier n’a finalement que peu d’impact. Et ce n’est pas le caméo de service qui va rendre le tout plus bouleversant qu’autre chose.

Loin d’être raté malgré les défauts listés ci-dessus, Star Trek Into Darkness n’ennuie jamais, prend le spectateur et l’emmène là où il veut. honnête divertissement, space opera de qualité, Star Trek offre un spectacle trop rarement vu à l’écran après le ratage John Carter et les univers trop rares de Riddick et Starship Troopers.

Restez bien pour le générique, un membre du casting semble avoir une attention particulière.