Del Toro sait être un producteur avisé, il sait reconnaître les bons projets des mauvais. L’Échine du Diable, L’Orphelinat, Splice, , Don’t Be Afraid of the Dark ou encore le récent  Les Cinq Légendes mais encore Kung Fu Panda 2 et Le Chat potté… euh… Bref Del Toro aime le cinéma d’épouvante hispanique et avec Mamà il récidive.

Cette fois, Mamà raconte l’histoire de Victoria et Lily, deux filles victimes de la cruauté de leur père qui, après avoir tué leur mère, souhaite mettre fin à leurs jours. Après un accident de voiture, ils trouvent refuge dans une cabane au fond des bois. Quand le père souhaite passer à l’acte, il est arrêté par un être étrange. Cinq ans plus tard, le frère du père tente toujours de les retrouver. La police découvre les jeunes filles dans la cabane… Commence alors une lente réhabilitation.

Le point de départ de Mamà est encourageant. L’introduction prend son temps. Une petite galerie de personnages est présentée avec notamment Jessica Chastain, Annabel,  la femme de l’oncle, en rockeuse. Hélas, cette galerie n’a que peu d’intérêt. Le film oublie tout le background es personnages mis en place. Le médecin psychologue qui surveille les fillettes n’a que peu de poids, le statut de rockeuse de Chastain n’a aucun intérêt, l’oncle disparaît pendant une heure… en gros tout le film mise sur la relation spéciale des fillettes avec cette fameuse Mamà, ce spectre qui semble les protéger.

Mamà

©Universal

Cet être presque invisible est le sujet de plusieurs bonnes petites séquences où sa présence joue avec la vigilance d’Annabel. Jamais vraiment montrée, Mamà n’a cependant pas un charisme suffisant pour créer la frayeur. Jouant souvent sur les mêmes mouvements et séquences, la créature n’a que peu de force. Alors que les films d’épouvante joue à outrance sur les scènes à suspens étiré, Mamà ne joue que sur de l’esthétique à défaut de créer l’effroi. Le film est plutôt bien mise en scène avec une caméra qui circule beaucoup dans cette maison. La réalisation fluide crée un certain rythme dans le déroulement de l’histoire.

Le script de Mamà semble un peu bancal. Le psy médecin propose au couple d’emménager dans la maison pour pouvoir élever les deux filles. Le prétexte est assez inutile ou téléphoné, on ne sait pas vraiment. Il y a un passage entre la cabane et la maison, aurait-il existé dans leur ancien appart ? On ne sait pas, le point un peu mythologique autour du personnage de Mamà et de son univers n’est pas étoffé à part par un rêve plastiquement beau mais complètement mis là maladroitement.

Mamà est raté, privilégiant l’ambiance et l’esthétique à l’histoire et aux personnages, totalement oubliés. Préférant montrer plutôt que raconter, le film n’a pas réussi à intriguer plus qu’autre chose.