Penser que Sinister était fait par le même responsable de Insidious, c’est partir sur de mauvaises bases. En fait Sinister est par le responsable de l’Exorcisme d’Emily Rose et Le Jour où La Terre s’arrêta… pas forcément des classiques.
Sinister est le film sensation de la fin de l’année dernière. Budget rachitique, maxi bénéfices, le film a fait son Saw. En France, autre son de cloche, il a été interdit dans plusieurs salles à cause des débordements durant certaines séances de Paranormal Activity 4.

©Wild Bunch Distribution

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Ellison Oswalt est un écrivain qui cherche à renouer avec le succès. IL déménage dans une maison qui a été le théâtre de crimes, la base parfaite pour son prochain bouquin. En allant dans le grenier, il trouve une boite avec un projecteur et des films en Super 8. rapidement, il fait le lien entre tous les films qui montrent des meurtres de familles dont celui de sa maison.

L’ambiance se pose plutôt bien. On nage en terrain conquis.

Sinister-pendu

©Wild Bunch Distribution

 

Sinister pioche non pas dans le film d’épouvante mais dans le thriller. Les évènements paranormaux ne se manifestent pas vraiment et seule la psychologie du héros semble jouer. Sa relation avec sa femme est bancal quand elle comprend qu’il est obsédé par la réussite de son bouquin. D’ailleurs, ce point est aussi bancal. On ne croit pas trop à cette relation, les interactions sont minimes et on ne ressent rien durant leur confrontation. Tout se passe en fait dans son bureau, ils visionnent les vidéos et le spectateur est vraiment pris dans le schéma de voyeur / témoin. La musique, l’image, la lumière, tout est fait pour que l’on ressente le malaise en voyant ses vidéos.

Le souci est tout ce qui est autour est bancal encore une fois, Ellison filme les vidéos Super 8 et arrive à voir tous les détails nets de la vidéo et les imprime, son fils a un souci de terreur nocturne mais il emménage dans une maison sinistre, il n’y a apparemment jamais d’ampoules dans cette maison…

©Wild Bunch Distribution

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et on s’attend à ce que chaque coin de couloir soit le théâtre de sursauts. On retrouve quand bien même les codes du cinéma d’épouvante sans réelle originalité.

Plus le film avance et plus cette enquête semble bien foutue mais terriblement mal encadrée. Sinister ne raconte finalement pas grand chose et est avare de rebondissements. Quand vient le dénouement, on crie au scandale, il s’oriente vers une explication qui écarte tout le cheminement psychologique. En gros, Ellison est tombé au mauvais endroit au mauvais moment. A trente secondes de la fin, on est déçus, puis on comprend que la boucle n’est pas bouclée et que l’essentiel était ailleurs.

Qu’en conclure ? Sinister parvient à instaurer une belle ambiance, introduit de belles postes mais se noie ensuite dans une certaine facilité, une paresse. Le sujet méritait mieux. En oubliant des intrigues (les apparitions, le fils à problème), Sinister se perd un tout petit peu. L’incohérence du propos et le rôle d’Ellison rendent l’histoire quelque peu facile.