Un amour de jeunesse, un coup de foudre, une histoire d’amour à l’eau de rose… Non, il ne s’agit pas d’un roman écrit par une femme. Il n’est pas même pas signé Marc Lévy. Pourtant, il a la sensibilité du récit d’une femme blessée, amoureuse, déçue.

Si les premières pages ne m’ont pas convaincue, je me suis finalement laissée emporter dans cette histoire un peu surprenante. Surprenante ? Des amours impossibles, des histoires avortées, des cœurs blessés, ce n’est pourtant pas ce qui manque dans la littérature, qu’elle soit moderne ou non ! L’originalité dans ce roman, c’est le narrateur. Car oui, il s’agit d’un narrateur éconduit, amoureux d’une femme mariée qui joue avec ses sentiments et n’a pas le courage de quitter son mari et cette vie trop tranquille qui l’ennuie.

Tout commence à l’école. Jérôme croise Ava et en tombe instantanément amoureux. Timide, il n’ose pourtant pas faire le premier pas et ils en restent là. Vingt ans plus tard, Ava le retrouve sur Facebook. ils se revoient, la magie opère toujours et commence alors une histoire, si pas d’amour, au moins de sexe.

Ava est mariée et s’ennuie. Jérome est amoureux d’Ava. L’équation semble insoluble, pourtant Jérôme s’accommode de cette situation… pour un temps seulement. Il la voudrait pour lui seul, serrer cette femme trop instable chaque jour, partager ses nuits, passer des week-ends ensemble. Mais Ava n’est pas du même avis.

Pour une fois, nous découvrons l’histoire d’un homme coincé dans un rôle d’amant qui lui convient si mal. Malheureux, il souffre de cet amour à sens unique. C’est plein de sentimentalisme mais, écrit avec la voix d’un homme, ça prend soudain une résonance différente. Au fil des pages, on ne lit pas une intrigue, on découvre des impressions, les émotions de Jérôme. Progressivement, il apprend à appréhender cette situation et qui il est. « J’entreprends un travail sur moi-même pour comprendre (…) Cette histoire m’aura servi de thérapie. » Il avance à pas de géant dans notre quête à tous, celle du bonheur et de la recherche de « soi ». Un soi profond et véritable. Car comment être heureux si on se ne se connait pas soi-même ? Et cette question : « Ne cherche-t-on pas des réponses sur soi dans les rencontres amoureuses ? ».

Guillaume Chérel

Finalement, ce roman a été une vraie découverte avec une agréable surprise à la fin : loin d’être moralisateur ou larmoyant, l’auteur nous propose une mise au point sur les enseignements de cette histoire d’amour somme toute classique entre deux personnes qui s’aiment différemment.