Hier matin, alors que la diffusion de la finale de Top Chef 2013 était prévue à 20h50 sur M6, de solides rumeurs circulaient déjà au sujet de Naoëlle d’Hainaut. Christopher Hache, Chef du restaurant les Ambassadeurs, a provoqué le buzz sur Twitter en annonçant qu’elle venait de démissionner du Bristol. Malgré tout, durant l’émission, le suspens reste intact. A plusieurs reprises, comparant les plats de Florent et de Naoëlle, on considère qu’il a autant de chances qu’elle de gagner, si ce n’est plus. Il prend davantage de risques, ses assiettes sont belles, originales, ses recettes audacieuses, tandis que Naoëlle reste dans le classique et la sécurité. En général, le jury récompense les démarches comme celle de Florent. Mais non, Naoëlle remporte la victoire et les 100.000 euros. Elle annonce immédiatement qu’elle va en effet démissionner du Bristol, afin d’ouvrir son propre restaurant, mais en prenant son temps, car elle n’a « pas envie de se planter ».

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« Si on me demandait de refaire Top Chef, je ferais pareil, mais peut-être plus attention à mon langage », confie Naoëlle au micro d’RTL quelques heures après sa victoire. Sans blague… S’il y a bien un truc qu’on retiendra d’elle, c’est sa manière toute particulière de s’exprimer. Pourtant, on n’est pas regardant : l’année dernière, Norbert et ses expressions bien vulgos et collectors, nous faisaient plutôt marrer. Mais Naoëlle, c’est un autre style. Au-delà du vulgos, elle est agressive, lâche des « putain » à tout bout de champ, mais surtout, au-delà de la forme, c’est le fond qui dérange. Sans aucun fair-play, mesquine et prétentieuse, on aura tout entendu. Admettons qu’il soit difficile de gérer la pression de l’émission, mais ce n’est peut-être pas la peine de tomber dans le mépris, ou même le vol.

Au sujet de cette histoire de vol de carcasses de crevettes à Yoni, Naoëlle a une explication à donner. « Nous ne sommes pas allés jusqu’au bout des images », dit-elle, dénonçant le montage de l’épisode. L’explication, la voici : « ce n’est pas ce qu’il s’est passé ». Oui, d’accord. Elle affirme ne pas être « ce genre de personne à profiter des autres ou à agir malhonnêtement ». Imaginons qu’elle dise la vérité, et que Yoni ait fini par l’autoriser à lui chourrer quelques carcasses. Cela serait possible, car on les voyait tous les deux devenir assez copains au fur et à mesure de l’émission. D’ailleurs, Yoni a déclaré récemment qu’elle était en réalité venue lui demander… Rappellons-nous tout de même qu’elle galérait un peu à justifier son « emprunt » devant les caméras… Bref.

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Quand on repense à cette saison 2013, il nous apparaît assez clairement que la production n’a pas donné la meilleure image de Naoëlle. Ok, pour qu’une émission tienne le spectacteur en haleine, il faut des crises, des larmes, des engueulades, des amitiés. Des amitiés, contrairement à l’année dernière, nous n’en avons pas constaté beaucoup. La jolie bonne entente de Florent et Jean-Philippe, tout au mieux. Par contre, question engueulades, on a eu notre lot. Les candidats semblent tous dès le début trop confiants, prêts à « tout déchirer », comme ils nous l’expriment souvent. Des personnalités prétentieuses telles que Yoni, Virginie et Joris (même s’il travaille hyper bien et qu’il est sans conteste l’un des meilleurs), s’affrontent lors des épreuves, pour le plus grand plaisir des producteurs de la chaîne.

On sent même quelques tensions au sein du jury. Alors qu’ils passaient pour inséparables, les quatres membres du jury ne sont filmés cette année quasiment que deux par deux : Thierry Marx et Ghislaine Arabian d’un côté, Jean-François Piège et Christian Constant de l’autre. Y aurait-il des tensions ? De plus, alors que Ghislaine Arabian est totalement tombée sous le charme de Florent, et lui adresse d’immenses sourires dangereux pour son lifting, Jean-François Piège préfère ne pas aller encourager Naoëlle pour la finale et lui envoie un charmant petit message depuis son iPad. On imagine que certaines tensions ont été dissimulées, au sein du jury (on ne saura jamais de quoi il retournait, d’ailleurs), mais également au sujet de Joris, dégoûté d’avoir été éliminé face à Jean-Philippe, nommant sans complexe les noms de chacun des candidats restants qu’il considère moins bons que lui. Joris sera un fantôme lors de la dernière épreuve de la finale à l’occasion de laquelle il reviendra pour seconder Florent. Pas interrogé, très peu filmé : ses propos n’ont pas plu.

Tout cela pour dire que si Naoëlle a eu de grands moments de courage, de fair-play ou encore de modestie, ils ne nous ont pas été montrés. C’est donc peu dire que d’affirmer qu’elle ne fait pas l’unanimité. On peut penser ce qu’on veut de Jean Imbert et de sa coupe de cheveux, il était quand même plus sympathique !

« T’as pas compris, toi ? T’es commis. » – Naoëlle à un ex-candidat lors de la dernière épreuve.

Ne se démontant pas, Naoëlle affirme sur RTL que, de toute manière, son menu de finale était « plus structuré ». « Une croquette avec un bouillon, ça me paraissait bizarre ». Ce qui nous paraît bizarre, à nous, ou en tout cas paradoxal, c’est que l’émission cette année récompense la « structure » et non la prise de risque. Naoëlle gagne pour sa technique, le respect des enseignements qu’elle a reçus au Bristol, ses recettes académiques et ses assiettes bien dressées. « J’aime les choses carrées », dit-elle.

Too bad pour l’autodidacte Florent Ladeyn, chef à l’auberge du Vert-Mont, qui jusqu’au bout sera resté fidèle à ses fondamentaux : inventivité, nature… et foin ! On a adoré sa recette de mousse choco-foin… Si ce n’est pas de la belle prise de risque, ça ?!