Max Boublil, comique de son état, fait équipe avec Alain Chabat, comédien et ancien comique de son état. Les Gamins débarquent sur nos écrans et c’est assurément la comédie du printemps.

Le pitch de Les Gamins est relativement frais et simple : Thomas est un musicien de mariage qui a le vieux rêve de devenir chanteur. Il rencontre Lola lors d’un mariage. Quand il fait la rencontre de ses futurs beaux-parents, il fait la connaissance avec Gilbert, le père de famille, à la vie trop posée et trop calme. Cette routine envahissante va faire place à une crise de jeunisme dans laquelle Thomas va être embarquée.

Il fallait patienter un bon quart d’heure pour apprécier cette comédie qui commençait assez mal avec une scène de drague sans imagination et crédibilité. Quand vient le duo Chabat / Boublil, Les Gamins démarre enfin. Les vannes fusent, les situations cocasses également. On est loin de la succession de sketchs, on sent une vraie complicité, une vraie relation entre Gilbert et Thomas et surtout on sent une histoire qui tient la route. Le thème de la routine et des choix de vie est abordé avec justesse. La complaisance de Thomas est mise en doute par Gilbert et des thématiques multigénérationnels sont mises en exergue. Quand faire des choix importants ? Comment les aborder ? Peut-on faire encore changer ou faire des choix quand notre vie est bien entamée ? En gros, doit-on respecter les étapes de la vie ? Faire le fou, faire une rencontre, se ranger, accepter son sort sont des sujets sous-jacents. Il y a une belle leçon de vie dans le film et même si on perd un peu la morale en se rapprochant de la fin, il reste quand même un semblant de message.

Les Gamins

©PeopleForCinema

Effectivement, Les Gamins ne donne aucune morale, c’est peut-être une faiblesse mais aussi un point intéressant. Cette comédie ne rentre pas non plus dans le moule des comédies françaises où la partie dramatique sent l’eau de javel et où la morale semble trop facile. Ici, le film ne propose pas vraiment de réponses au problème si ce n’est que la vie vaut la peine mais que l’on doit accepter les « choses de la vie » (la vieillesse, la routine, l’enthousiasme qui se perd, l’argent). Si le film parle des étapes de la vie en tentant d’en jouer, il ne joue pas avec ceux de la comédie romantique et le script est balisé avec les grandes scènes du genre. On ne sera donc pas surpris de l’issue finale… Chabat et Boublil semblent s’éclater et le script du jeune comique est parsemé d’idées qui donnent une vraie identité à Les Gamins : les chansons, Mimi Zozo, l’Iranien sont autant de gimmicks qui donnent du rythme et une couleur au film. Les personnages secondaires ne sont jamais oubliés et tous donnent une belle énergie au film. On sent quand même le travail d’écriture.

Les Gamins

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Honnête comédie, Les Gamins est à voir et il serait dommage de rater ce petit moment de détente, de fraicheur avec des comédiens qui y croient. A la fin, vous aurez encore pleins de choses en tête, croyez-moi,  et c’est déjà un défi de remporter pour ce film.