Tom Cruise aime la SF, du moins celle qui peut souligner les thèses de la Scientologie, à savoir celle de la place de l’Homme dans l’Univers et qu’il est juste et bon. En gros, si Tom Cruise peut faire le héros c’est tout bénéf. J’exagère un peu mais Oblivion semble tout fait pour lui.

Joseph Kosinski a réalisé Tron l’héritage il y a quelques années et fort de son succès a récupéré le costume blanc immaculé pour le filer à Tom Cruise qui erre dans un monde à la technologie très avancé mais aux paysages désertiques et post-apocalyptiques.

Après l’introduction en voix-off d’usage pour éviter de montrer avec force effets spéciaux ce qu’est devenu le monde, nous suivons Jack Harper, technicien de son état qui vit avec Vika dans son appartement perché à des dizaines de mètres de hauteur, d’un blanc immaculé. Vika est sa superviseuse durant ses missions, il répare les drones qui surveillent la planète.  A coté, les « chacals » sabotent les équipements des humains.

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©Universal

Après dix minutes de beauté plastique, on se demande au fil du métrage, où on veut en venir et ce qu’on raconte. Loin du film de SF rythmé et pétaradant, Oblivion se pose, expose et impose un style. Deux personnages à l’écran seulement, un Tom Cruise omniprésent et… une musique insupportable. Nos français de M83 s’occupent de la musique du film et on peut dire que chaque morceau est hors propos. On sort les tambours et trompettes pour des scènes qui n’en valent pas la peine, tout est trop orchestré, trop bruyant, rien ne colle aux scènes qui se déroulent sous nos yeux.

Sous ses airs de péter plus haut que son cul Oblivion se pose là. A cause d’une musique qui tente de donner ce que le film ne produit pas, le récit est craquelé, on se sent de plus en plus oublié. Le film raconte ce qu’il ne montre pas. La menace présentée, le sentiment d’oubli, rien ne transparaît si ce n’est quelques rares images de paysages apocalyptiques qui font plaisir aux yeux.

Oblivion n’est pas loin d’offrir un univers propre, une identité mais en y regardant de plus près, tout a été déjà vu et mieux traité dans plusieurs films. Film somme, Oblivion n’en est pas mieux rempli. Il faut le dire, on s’ennuie un peu, les enjeux se répètent et n’offrent aucune gradation.

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Quand un troisième personnage apparaît  on entre de plein pied dans une histoire d’amour tristement ennuyeuse et Oblivion ne sortira jamais de cette case. D’autres personnages apparaîtront et annihileront le semblant de menace aperçue au début du film. En fait, Oblivion promet toujours quelque chose qui disparait dans la scène suivante.

Deux grosses scènes d’action viennent nous réveiller, on nage entre plein mix entre Terminator et Star Wars et ça fait du bien. Cependant, le résultat est terne, on ne ressent rien, le film semble être à la gloire de l’Amérique et de ses valeurs pendant 15 minutes, le spectateur se sent lâché, puis il est dirigé vers un film aux étapes balisées, sans surprise, aux punch-lines sans inspiration.

C’est très bien fait plastiquement mais ça ne va pas aussi loin que le thème le voulait. Ajouté à cela, un jeu insipide de Vika, une atmosphère qui se perd de plus en plus dans des visuels empruntés à tous les meilleurs films de SF depuis trente ans (oui même The Island), Oblivion perd beaucoup en cours de route et se termine sur un happy-end désastreux malgré un twist à trente minutes de la fin qui s’auto-satisfait.

Ce twist permet de souligner l’aspect « le héros face à sa quête » et nous fait dire que le film mange à tous les râteliers. Les gros défauts du film occultent le fait qu’Oblivion était un projet excitant qui avait de la gueule.