Il y a deux ans, le groupe avait sorti un EP de 4 titres plutôt encourageants démontrant que Paramore était toujours là et qu’il n’était pas une vitrine pour Hayley Williams.

Ilan Rubin (NIN, Angels and Airwaves) accompagne le groupe en tournée et sur cet album. Il introduit d’ailleurs la première chanson, Fast In My Car, chanson énergique, sans grande originalité mais avec des instrus qui sont percutants.

Mis sur la place publique grâce à leur participation sur la BO de Twilight, Paramore s’est constitué un public essentiellement ado féminin et ce ne sont pas les ballades qui vont arrêter tout ça. Le groupe a de gros tubes rock mais aussi des chansons plus douces. Ce mélange constitue ce qu’est le groupe aujourd’hui et ce que cet album va offrir. La seconde piste est Now, le single titre. Introduit par une lyric percutante de Hayley, le single décolle avec un refrain énergique, puissant et entêtant. Avec cette première chanson dévoilée il y a quelques mois, il y avait tous les espoirs permis pour cet album éponyme.

Souvent comparé à No Doubt dans le style, la présence et l’énergie, Paramore souligne encore la comparaison avec le titre Grow Up qui a des élans un peu pop-rock groovy. Chanson simple dans la composition, le chant est la composante la plus intéressante. Hayley se la joue vraiment pop estivale et ça passe plutôt bien. On sent la patte du producteur pop-electro Justin Meldal-Johnsen (le dernier M83) en conclusion du titre avec un synthé de 30 secondes. Day dreaming commence comme une chanson pop rock des années 80 et se poursuit comme une ballade de la même époque mais le refrain prend tout le monde par surprise avec Hayley qui assène Day Dreaming dans un martèlement plutôt efficace. La construction rythmique de la chanson est à souligner.

L’album se poursuit avec un interlude au banjo d’une petite minute intitulé Moving On. Frais, court, ce morceau apporte une petite touche d’originalité. Il y en aura deux autres, Holiday et I’m Not Angry Anymore.

Ain’t It Fun est à ranger à côté de Grow Up. Le son pop groovy est encore présent. Le refrain annihile toute ambition par son air de déjà-entendu. Les couplets sont un peu plus intéressants. Il y a le riff de guitare qui aurait du être supprimé pour offrir une chanson un peu plus ensoleillée surtout qu’un break avec une petite chorale vient  ponctuer la chanson. Autre défaut, la durée de la chanson de près de 5 minutes. Jolie tentative. Part II est dans la moyenne des compositions du groupe avec un chant posé, clair, des couplets honnêtes et un refrain enlevé mais la sauce ne prend pas vraiment. Ca reste écoutable mais ça ne sort pas du lot ! Et d’ailleurs j’apprends grâce à la chronique de Rock Your Life que c’est une suite de Let The Flames Begin du précédent album… Si j’étais vraiment alerte sur le groupe, mon jugement aurait été modifié. Comme quoi…

 Ca y est ! On l’a notre ballade. Last Hope n’a rien de bien folichon. C’est mignon, ne part pas dans des grandes envolées mielleuses et promet de bonnes choses pendant une bonne minute avant de rentrer dans le rang. Encore une jolie tentative surtout que le rythme s’emballe en milieu de titre et termine sur une bonne note.

Still Into You est le second single de l’album. On retrouve le petit côté pop qui va bien. No Doubt ne fait aucun doute sur sa parenté. Sympathique morceau d’une fraîcheur bienvenue, le titre a sa place dans les réussites de l’album


Anklebiters démarre sur les chapeaux de roues comme une chanson pop-punk, elle dérive en chanson teen rock mais Hayley s’approprie le tout et se transforme en piste excellente. Proof a un rythme lancinant mais n’arrive pas à décrocher un hochement de tête malgré un refrain assez mélodique et des ruptures de rythme.

Le titre de la chanson suivante éveille quelques craintes. Allons-nous avoir une ballade mielleuse ? Hate To See Your Heart Break répond par l’affirmation. Je pensais Last Hope être la porte-parole de la ballade mais pas du tout. Chanson lente et sans surprise, Paramore joue sur les acquis même si elle n’a pas la puissance des autres compositions du genre. On reste dans le low tempo avec (One of Those) Crazy Girls qui n’est pas franchement un hit. La tonalité un peu old school de la ballade est bien vu mais on n’accroche pas vraiment.

Heureusement Be Alone vient relever le tempo et le niveau. Le refrain arythmique parvient à accrocher et la chanson part dans une dimension chorale qui donnerait très bien en concert. L’une des meilleures compositions de l’album. On termine par la 17è (!) chanson de l’album avec Future qui est purement instrumentale  On nage en pleine expérimentation d’instruments qui rendent compte d’une ambiance rock-apocalyptique.

Ce self-titled est une semi-réussite. Trop d’inégalités viennent entacher l’album. On sent une maturité certaine avec des interludes ou des sonorités originales mais il manque clairement de punch. Alors oui, l’album sonne moins pop-punk et dénote donc une maturité comme diraient les critiques les moins tournées vers le genre mais toujours est-il que cet album se cherche une identité pendant plus d’une heure et la multiplication des genres n’en forge pas une.