Robert Zemeckis est peut-être l’un des réalisateurs les plus discrets d’Hollywood alors que ses films sont parmi les préférés de nombreux cinéphiles ! Notez plutôt : Rober Rabbit, Retour vers le futur, Forrest Gump sont parmi les plus grandes réussites du patron. On peut retenir également sa capacité à tester des techniques qui, plus tard, serviront aux plus grand comme la performance capture avec Monster House, Beowulf, Pole Express ou A Christmas Carol, les effets spéciaux révolutionnaires dans La Mort Vous va si bien  ou Forrest Gump ou encore son goût pour des plans impossibles comme le plan séquence de Contact.

Zemeckis est un visionnaire qui a été dans l’ombre de Spielberg pendant des années. Discret, il le reste encore depuis quelques années, beaucoup attendent son prochain film live après ses films d’animation ou de performance capture. Avec FLight, il revient sur le devant de la scène et empoche deux nominations aux Oscars.

Maitre d’oeuvre des plus beaux plans cinématographiques qui m’a été donnés de voir, Zemeckis réalise Seul au Monde à la fin des années 90. Le tournage a eu lieu en deux fois pour permettre à Tom Hanks de perdre du poids. Entre temps, Zemeckis filme Apparences avec Harrison Ford.

Seul au monde arrive dans les salles en 2001 et raconte l’histoire de Chuck Noland qui travaille pour FeDex. Avant Noel, il doit quitter sa femme pour une dernière livraison aérienne. Son avion a une avarie et il se retrouve seul rescapé sur une île déserte.

Chuck se retrouve avec quelques paquets Fedex sur son île, les colis qu’il ouvre vont quand même lui permettre de survivre pendant de longues années. Le plus utile sera sûrement le ballon de volley Wilson qui deviendra Wilson son compagnon. Il ne sombrera pas dans la folie grâce à lui et Chuck saura utiliser tous les moyens pour survivre et apprendre la vie de naufragé.

Loin des prouesses techniques ou scénaristiques de ses précédents films, Zemeckis étonne pourtant.

Il utilise le script de Seul au monde pour simplement rendre le plus réaliste possible l’aventure de Chuck. Sa caméra navigue beaucoup dans des panoramiques comme une aiguille qui tourne dans son cadran. Le temps et la communication sont les principaux thèmes du film et on les ressent avec cette association avec Fedex ou encore le temps, toujours noté, annoté, palpable tout au long du film. Tom Hanks délivre une performance encore parfaite, je le redécouvre depuis que j’ai revu Le Terminal où il avait fait un très bon travail.

 

Le spectateur est étonné de voir un « quatre ans plus tard » s’affichait, il est émerveillé par les décors pas si naturels que ça puisque Zemeckis emploiera des fonds bleu et des faux décors pour pas mal de scènes (la montée de la montagne, le vent qui change de sens). Aussi Zemeckis se fait palisir comme souvent en utilisant la caméra dans des positions étranges. C’est le cas au début du film avec ce colis-caméra qui déroute.

On ne s’ennuie jamais dans Seul au monde, on essaye de survivre avec Chuck, il découvre la vie de naufragé peit à petit et le film suit vraiment un

 rythme agréable. On aurait aimé passé plus de temps dans l’ile avec des péripéties plus imposantes mais le film reste très terre à terre et cela permet de se rendre compte de la solitude de Chuck. Solitude oui mais l’ennui rarement. Effectivement, ce manque de longues ou de péripéties ne met pas en exergue ce sentiment d’ennui. Si la présence de Wilson permet des dialogues, c’est un film quasi muet qui nous est servi, tout passe par les situations.

Gigantesque pub négative pour Fedex ou génial coup commercial  on ne sait pas mais utiliser une société existante est un plus non négligeable. Quelques temps plus tard, une pub parodiant le film a circulé. On y voit un ersatz de Noland qui livre enfin le seul paquet qu’il n’avait pas ouvert sur l’île. La cliente lui dit qu’il y avait dedans tout le nécessaire pour … survivre sur une île.

Un film époustouflant et une grande aventure humaine au programme de ce Seul au Monde peu diffusé sur nos écrans.