Len Wiseman s’approprie le remake de Total Recall de Paul Verhoeven de 1990 avec Arnold Schwarzenegger (deux gloires des années 80 et 90) en mettant en scène Colin Farell, Kate Beckinsale et Jessica Biel (trois belles gueules quand même)

Les fans puristes criaient au scandale, comment toucher à un fleuron de la SF ? Les millions de dollars n’y changeront rien, c’est une œuvre quasi intouchable.

Qu’avons-nous après 1h45 de film ? Pas grand chose je dois l’avouer. Le film n’est pas très prenant. Il n’est jamais chiant mais il ne raconte rien de passionnant. On peine à vouloir comprendre les enjeux et d’ailleurs tout bascule beaucoup trop rapidement dans ce film. L’élément déclencheur est servi sur un plateau qu’on enlève de suite, pas le temps de digérer, le spectateur accepte de suite le postulat. Fainéantise du script ou coup de génie, toujours est-il que le spectateur se trouve devant un film qui va pétarader avec une horlogerie très bien réglée. Les scènes d’action sont bien troussée et Wiseman s’en sort plutôt bien avec une caméra vraiment toujours bien placée. Cela donne du rythme et on prend un certain plaisir à voir out ça faire boum, clac ou pfffiout.

Par contre, et pour une fois tout le monde sera d’accord, Len Wiseman devrait s’appeler Lens Man tellement les halos de lumière parcourent le film, toutes les cinq secondes, les lens flares envahissent l’écran. On parle de JJ Abrams mais ce Wiseman a du faire la même école. Ca peut passer pour donner du style mais quand c’est systématique cela devient gênant et énervant.

Niveau esthétique le film est parfait cela dit. Les niveaux de détails des plans d’ensemble de la ville futuriste est d’une qualité rare. Wiseman fait suffisamment de plans larges pour apprécier les décors et ressentir le poids de cette ville.
Reste que pendant 1h40, on ne s’attend pas à de l’intrigue finement ciselée. Le script est balisé au possible et si Colin Farell se sent ultra concernée, tout comme Kate Beckinsale toujours aussi physique et crédible (et qui restera à jamais ma Loïs Lane rêvée), Bryan Cranston joue un méchant qui a du surement recevoir l’aide d’un mauvais agent. Cranston a joué dans deux flops : John Carter et celui-ci. Autant dire que sa carrière ciné n’était pas au top (à part Argo).

Total Recall est un film de SF bien fait, mais sans âme. Le climax n’a aucune force malgré un décor dantesque. Si les idées sont là, la manière ne l’est quasiment pas. La forme  est là malgré quelques réserves mais le fond est désespérément vide.

Qu’allons-nous retenir de ce film ? Rien, aucune image marquante alors que le métrage de Verhoeven en regorgeait ! Si elle est plus proche du roman que du film de Verhoeven qui ajoutait Mars, Total Recall a clairement raté son coup.