Au regard de la couverture et de sa quatrième, le lecteur pourrait croire à une parodie un peu corsée. Madame Calabro n’a pas aimé Cinquante nuances de Grey, elle a trouvé ça chiant et trop exagéré, et elle s’amuse à nous l’expliquer. Mais non, non, du tout, elle a bien aimé l’original. Elle en parle même avec beaucoup de tendresse. Elle ne s’est pas ennuyée une seule seconde, elle a rêvé grâce au roman, elle a vibré… C’est donc plutôt un hommage, qu’elle nous livre. Elle s’en amuse pour s’en rapprocher ! C’est beau !

Le « but » de Quarante-neuf uances de Loulou, nous explique l’auteur dans sa préface, est de démontrer que les personnages et l’histoire de Cinquante nuances de Grey, ne sont pas crédibles. Monsieur Grey est très beau, riche, élégant, c’est un dieu du sexe… Nous, on n’a pas droit à ce genre de spécimen, c’est dégueulasse ! Grey (l’homme idéal selon elle), c’est comme « le monstre du Loch Ness » (je cite). Elle va nous expliquer pourquoi en quarante-neuf chapitres.

[pullquote_left]Des cheveux si beaux qu’ils sont parfaits pour y faire son nid[/pullquote_left]A commencer par l’aspect physique. Je cite parce que c’est trop bon. Monsieur Grey (homme idéal, donc) a des cheveux si beaux qu’ils sont « parfaits pour y faire son nid ». J’ai jamais pensé à faire mon nid dans les cheveux d’un mec mais ça a l’air kiffant. Quant à Loulou (homme lambda de la vraie vie), ses cheveux sont « héroïques. On peut encore admirer le monument aux morts érigé à leur gloire. » Rooo mais dites, c’est gentil tout ça !

Autre chapitre : « L’Homme mystérieux ». Grey est mystérieux, genre plutôt dark. « Loulou » aussi… parce que ba voilà, « il n’a jamais révélé la raison pour laquelle il est incapable d’appuyer sur le bouton ON du lave-linge. » Pff vraiment trop nul ce Loulou !

Et ça continue comme ça sur plusieurs chapitres. Grey est trop cool, Loulou est trop nul. Un peu déprimant cette affaire. En même temps c’est une question de point de vue. Ok Grey a l’air objectivement canon, mais de là à dire que c’est l’homme rêvé… (cf article de Ceci Lia sur le tome 1, Cinquante nuances de Grey, ndlr)

9782226246837g

 

On comprend vite que Loulou est aussi nul que Grey est formidable, et sur une multitude de points… Loulou n’envoie jamais de mails romantiques, Loulou est relou et ne veut jamais faire de shopping, Loulou est une quiche au lit, Loulou fait semblant de faire des efforts vestimentaires la première semaine de la relation puis ressort son jogging, Loulou n’écoute jamais quand on lui cause, etc.

Autre petit exemple sympathique. Chapitre « La Conduite » : « Monsieur Grey conduit les jeux érotiques pour offrir des orgasmes multiples à sa dulcinée. Le Loulou conduit sa Fiat Multipla. »

Mais ouiiii on sait, c’est pour de riiire !!!! Maintenant que Rossella Calabro a bien démontré la nullité de son brave Loulou, elle nous explique, et nous rassure… Le meilleur Loulou du monde est celui qui ne ressemble pas à Mister Grey ! Grey est parfait, oui, mais justement, nous les filles, on n’aime pas la perfection, ça nous ennuie ! On préfère notre bon vieux Loulou ! Mais ouiii !!!

Par contre je n’ai pas compris sa vision de Grey… Je n’ai pas lu Cinquante nuances, mais il me semblait que le héros était un bel obsédé sexuel adepte du sado-masochisme, qui prenait sa petite-amie un peu pour un morceau de viande et faisait avec elle toutes les pratiques possibles et imaginables. Je n’ai pas eu l’impression qu’il était, à côté de ça, doué dans tous les autres domaines, du genre écoute de la fille, merveilleux cadeaux de Noël, toujours là quand il faut, qui veut des enfants et finir sa vie avec la même femme, etc. Mais j’ai peut-être mal compris.