Les comédies romantiques sont une espèce en voie de mutation depuis 5 ans avec des films beaucoup plus portés par le drame, la naïveté ou la mélancolie. Adieu Meg Ryan, Tom Hanks et Julia Roberts et bonjour, Paul Dano, Rachel McAdams ou Tatum et merci Nicolas Sparks… Sparks? Tiens comme le nom de l’héroïne du film Ruby Sparks.

Sortie de l’imagination d’un écrivain qui a du mal à sortir un nouveau succès, Ruby atterrit dans la vie de Calvin alors qu’il ne s’y attendait pas. Fable fantastique, Elle s’appelle Ruby aurait pu être un très bon film s’il n’était pas systématiquement abattu en pleine ascension artistique par une réalisation mauvaise et des dialogues plats.

Le film prend son temps et on s’ennuie presque pendant 20 minutes. Les situations sont à peine vivaces malgré les efforts de Paul Dano. Quand Ruby apparaît  le film démarre mais il manque cruellement d’énergie. La panique de Calvin est un pétard mouillé, une impression de fausseté se dégage de l’ensemble.

Ruby

©Fox

Au détour d’une scène, celle de la piscine aidée par la voix-off, on commence doucement à s’attacher au couple. Le film suit son cours et les scènes qui sont vraiment mémorables sont liées au thème de la création. Calvin prend sa machine à écrire, influe Ruby et le film prend son envol. Hélas, mille fois hélas, l’idée qui aurait pu rendre le film fabuleux est paralysée par une prise de risque nulle. Ruby obéit aux ordres écrites de Calvin sans dépasser les limites du prudent. On aurait aimé voir Ruby avec une poitrine plus grosse, une Ruby qui aide Calvin en mécanique  en informatique, bref une Ruby modulable à souhait, un Code Lisa moins décalé en somme. Le concept était tellement puissant !

La rencontre avec les parents (inutiles Antonio Banderas et Annette Benning) n’apporte rien, les gags tombent à plat et le film glisse doucement vers une banalité malvenue. Heureusement quelques éclairs par ci par là parviennent à rendre le film au-dessus du lot comme les scènes où l’auteur influe sur Ruby, on l’a dit, mais aussi celles où la créature échappe au créateur et le concept s’en trouve magnifié. Finalement les clichés de la comédie romantique où le couple fait et vit des moments intimes ou sympathiques comme les promenades, les diners sont relégués en deux minutes chrono. Dommage.

Au détour d’une seconde scène, celle où Calvin parle de son nouveau livre, Elle s’appelle Ruby gagne quelques derniers points et arrive à s’en sortir honorablement. Malgré une fin attendue, il est plutôt plaisant à regarder et le charme de Zoe Kazan opère.

Film sur la recherche du partenaire parfait ou de l’acceptation de l’autre, Elle S’appelle Ruby nous fait rappeler que les comédies romantiques savent encore raconter quelque chose. Il reste à Zoe Kazan, interprète de Ruby et scénariste du film, à transformer l’essai avec son second film.