Pauline et Cyril sont un gentil couple de jeunes bobos parisiens. Lui est photographe free-lance, elle a pour projet d’ouvrir son propre restaurant. Beaux, amoureux, insousciants… et juste fauchés ce qu’il faut pour que c’en soit romantique.

Mais un jour, les tuiles arrivent et s’enchaînent : Cyril est remercié, car le site web pour lequel il pige n’a plus les moyens de s’offrir ses services. Pauline, alors qu’elle y croyait dur comme fer, se voit refuser le financement de son projet, et pour couronner le tout, alors que Pauline a posé son préavis, la copine qui devait leur louer son appartement se rétracte.

Commence alors pour eux la course infernale de la recherche d’un appartement parisien. Les lectures d’annonce, les agents immobiliers expéditifs, les dossiers pas assez bons, les visites de taudis, le stress, l’angoisse, la peur de finir à la rue ou chez les beaux-parents… (mais non ça ne sent pas le vécu !)

S’ajoute à tout cela le fait que Cyril n’a toujours pas eu le courage d’avouer à Pauline qu’il avait perdu son job…

Tandis que Pauline décide qu’il vaut mieux établir un faux dossier pour avoir leur chance, Cyril essaye de gagner de l’argent en jouant au poker en ligne.

 

Julien Capron Photo : David Ignaszewski / Koboy©

J’ai eu envie d’acheter ce roman après la lecture d’une critique dans un magazine. En librairie, la quatrième de couverture a fini de me convaincre. J’en ai dévoré les premiers chapitres, jusqu’au tiers à peu près. Puis, commence le récit de l’obsession de Cyril pour le poker. Au fur et à mesure, le poker prend toute la place dans le roman. A partir de l’inscription de Cyril et Pauline à un grand tournoi dont le but est de faire gagner un magnifique appartement parisien, il n’y en a plus que pour le poker. Description des participants, des stratégies, report des articles de journaux à ce sujet, etc.

Donc pour le lire, il faut s’intéresser un minium au poker. Ou même un peu plus que ça… Et c’est dommage, parce que finalement le livre est amené à plaire à un public hyper spécialisé, car les explications longues et complexes ont beau être intéressantes, quand on n’y connait rien et qu’on a envie de piger, il faut s’y reprendre à plusieurs fois. Ce n’est quand même pas ce qu’il y a de plus agréable, car on ne s’attend pas à se taper un essai sur le jeu du poker, mais bel et bien un roman. Je tiens à préciser que j’ai adoré les premiers chapitres, la description des espoirs et des galères des personnages, leurs états d’âmes, tout cela dans un style dynamique et soigné sans en avoir l’air.

Cela dit, j’ai aimé les personnages du livre. Ils sont crédibles, attachants, tout en nuances, bien dessinés. Le discours sous-jacent sur la crise sociale et économique française est efficace. J’ai donc été déçue de cette place hallucinante que prend le poker, car j’avais très envie d’autre chose. Il est intéressant de lire comment Cyril devient totalement obsédé par ce jeu, et le considère comme son recours ultime, mais l’auteur semble lâcher prise pour se concentrer uniquement sur la stratégie du jeu. Habile figure de style à noter, tout de même, car c’est aussi le cas du personnage : qui se perd dans les stratégies de jeux pour oublier sa propre galère…

A noter aussi la métaphore de l’amour qui comme le poker invite les participants à miser, bluffer parfois, y croire puis être déçu, ou bien le contraire…

Pour conclure, il est possible que je sois tombée totalement à côté de l’intention de l’auteur. Seulement, je ne suis pas vraiment fan de poker, et je m’attendais à autre chose !