Le Hobbit : un voyage vraiment inattendu ? Oui dans le titre, sinon rien de nouveau au soleil hélas.

Le gros problème est que nous ne sommes plus en 2002 et que l’on sait que Jackson a les épaules pour recréer le monde de la Terre Du Milieu. Le résultat est presque 3 heures de grandes épopées à travers les paysages de la Nouvelle Zélande, 3 heures de marche, 3 heures de préparation aux enjeux du troisième film et enfin 3 heures assez longues.

J’ai l’impression que le syndrome Prélogie Star Wars a frappé le film. Je retrouve moins de magie mais plus de fan service, moins de surprise mais plus de moyens.

Vu en 3D mais pas de quoi m’enchanter encore. Je suis vraiment pour les effets de jaillissement plutôt que de profondeur…
L’image n’était pas top niveau netteté, j’ai eu l’impression d ‘être devant une pellicule pendant un bon quart d’heure, à cela s’ajoute un effet d’halo un peu flou qui m’a fait penser aux dernières saisons de Smallville où on croirait être dans des scènes de rêve tellement les contours sont fondus.

Je ne suis pas rentré dans le film. Je l’ai trouvé assez vain. Les enjeux m’ont l’air lourdaux et les personnages peu attachants.
La magie n’existe peut etre plus mais j’ai trouvé ça assez linéaire avec ses sursauts dans les scènes de bataille. On connait le schéma mais la sauce n’a pas pris chez moi.
L’aspect plastique de la scène des Trolls ou des Gobelins m’a plu, tout le bestiaire est impressionnant et cela donne du rythme au film. Le bémol vient de la poursuite contre les Loups qui m’a paru assez faiblarde. Une course poursuite dans des grandes contrées, ça ne colle pas !

La douzaine de personnages aurait pu me rebuter, au final je ne me souviens que des principaux à savoir Thorin et Bilbo et un ou deux autres. On est loin du bestiaire et du folklore des autres films. Même la partie chez les Elfes m’a gonflé. Je reviens sur le syndrome Star Wars avec l’apparition de Galadriel qui me rappelle celle de Obi Wan dans l’épisode 1. On sent qu’on appuie son apparition comme si on devait applaudir. Non, désolé, un personnage ne doit pas être magnifié de cette sorte !

En parlant de personnage, Jackson réussit le pari de rater la scène avec Gollum…
Outre le fait que l’anneau apparaît trop rapidement, sans une once d’importance apportée par le script, Gollum m’a paru très cabotin, peut-être un peu trop, une sorte de Yoda façon prélogie. Et encore, Yoda est un peu plus sérieux et badass que dans la trilogie originelle mais c’est le décalage qui est sidérant. On sent que la technique a évolué et que la production a voulu que Andy Serkis fasse des tonnes et des tonnes d’expressions sur ce Gollum 2012.

Hobbit

©Universal

En parlant des SFX, c’est kif kif bourricot avec la poursuite entre le traîneau et les loups qui était très limite, le reste est quasi parfait, de l’incrustation de Gandalf aux mondes des gobelins. Pour les décors, la 3D rend l’aspect très « livre 3D », tout se détache et on a l’impression d’être devant des effets rajoutés justement. Tout le début du film avec ce voyage parmi les paysages et décors sent un peu le préfabriqué.

Oui le film est un sacré film avec un rythme posé, millimétré mais non, le film n’est pas aussi prenant qu’un La Communauté de l’anneau, du moins dans mes souvenirs. Un reproche qui m’a fait baisser la note est la fin où Bilbo revient. La dramaturgie est ratée mais on sent que c’est un épilogue voulu et ça ne fonctionne pas, on ne ressent pas cet enjeu dramatique. Finalement, Le Hobbit est une gigantesque introduction pour les deux prochains films. On le sait, Jackson était parti pour un puis deux puis trois films. On délaye comme on peut et on se sentira obligé de comparer les deux trilogies, c’est peut-être ça le plus grand défaut.